La statue de la Vierge vandalisée à Porto-Vecchio restaurée près de Bastia par Denis Leonetti

Written on 11/06/2026
Léana Serve

Un peu plus d’un mois après les dégradations commises dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, la statue de la Vierge Marie a presque retrouvé son apparence d'origine. Dans son atelier, entre Furiani et Biguglia, Denis Leonetti s'est lancé bénévolement dans sa restauration. Un travail minutieux qui doit s'achever avant son retour à Porto-Vecchio, prévu le 21 novembre.

(Photos Gérard Baldocchi)

Au fond d’un petit chemin de terre, entre Furiani et Biguglia, Denis Leonetti arrive au terme de son travail. Dans son atelier, la statue de la Vierge Marie de Porto-Vecchio, vandalisée dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre, a presque retrouvé son aspect initial. Les mains ont été remises en place, les parties manquantes reconstituées et les fissures progressivement effacées. Difficile d’imaginer, en la voyant désormais, l’état dans lequel elle se trouvait lorsqu’elle est arrivée entre ses mains. Depuis près d’un mois, Denis Leonetti travaille à sa restauration. Un travail minutieux qu’il a décidé de prendre en charge après avoir découvert les dégradations subies par la statue. « Quand j’ai vu la Madone cassée comme ça, j’ai téléphoné à une amie, et je lui ai dit que je voulais la réparer. » Cette amie avait déjà financé une précédente restauration réalisée par Denis Leonetti, celle de la Vierge de l’Ospedale. Elle prend alors contact avec l’abbé Frédéric Constant, qui organise le transfert de la statue jusqu’à son atelier. « C’est comme ça que je l’ai eue », indique-t-il.

Un travail minutieux

À son arrivée, le constat est important : la statue est cassée à plusieurs endroits et certains éléments ont complètement disparu. L’épaule est notamment endommagée, plusieurs morceaux manquent sur le socle, une main est à refaire et un doigt manque à l’autre. Pour lui redonner forme, Denis Leonetti procède par étapes. Il utilise de la résine, qu’il mélange à une poudre de silice pour obtenir une pâte suffisamment épaisse. Une sorte d’enduit qui lui permet de combler les parties manquantes et de reconstituer les volumes. « Je fais une pâte comme ça pour remplir », explique-t-il en montrant le mélange. Mais le travail ne se limite pas aux parties visibles, et certaines zones doivent être consolidées de l’intérieur, comme les épaules, particulièrement fragilisées, qui nécessitent un renforcement. Pour atteindre les parties les plus difficiles d'accès, « j’ai pris un manche à balai avec un pinceau, parce qu’il fallait injecter de la résine jusqu’en haut », précise-t-il.

Une fois les réparations effectuées, commence un autre travail : celui des finitions. Ponçage, corrections… Les gestes se répètent jusqu’à obtenir une surface régulière. « Ça fait une semaine que je ponce », confie-t-il. Sur la statue, de petites croix indiquent encore les imperfections à reprendre. La manipulation de la statue de la Vierge Marie demande également de la précaution. « Au départ, elle était allongée. Maintenant, elle est debout, mais quand on doit la déplacer, on le fait toujours à deux, parce qu’elle doit bien peser une vingtaine de kilos, peut-être plus depuis que j’ai mis du ciment dans le socle. En plus, on vient de remettre les mains, c’est encore plus délicat. Pour que ça sèche correctement, on a fait tourner le chauffage presque toute la nuit dans l’atelier. Maintenant, elle ne bouge plus. »
 

Le plus gros du travail est désormais derrière Denis Leonetti. Après les derniers ponçages et les ultimes corrections, la statue doit recevoir une peinture blanche spéciale. Et le calendrier est fixé : la statue de la Vierge Marie repartira à Porto-Vecchio le 21 novembre. Il dispose donc encore de quelques jours pour parfaire les finitions. Une initiative bénévole qui permet aujourd’hui à la statue de se rapprocher de son retour sous l’arche du rond-point du Stabiacciu.