Journée de grève nationale. À Ajaccio, environ 250 personnes mobilisées pour les salaires, les pensions et les services publics

Written on 11/05/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Parti de la gare, le cortège, regroupant environ 250 personnes issus des syndicats CGT/FO/CFDT/UNSA et FSU ainsi que des retraités, a rejoint la préfecture ce jeudi 5 novembre, peu avant 11 heures. La mobilisation qui s’est déroulée dans le calme a rassemblé salariés, retraités et représentants syndicaux autour d’un mot d’ordre : défendre les salaires, les pensions, les services publics et l’emploi.

(Photos : Paule Santoni)

Drapeaux syndicaux en tête, marrons de terre et fumigènes, environ 250 personnes (180 selon la Préfecture, 350 selon les manifestants) ont défilé jeudi matin entre la gare d’Ajaccio et la préfecture. À l’appel de la CGT, de FO, de la CFDT, de l’UNSA et de la FSU, des salariés du public et du privé, ainsi que des retraités, ont répondu à la mobilisation. Devant la préfecture, Rudy Albertini, secrétaire départemental de l’UD CGT 2A, a lu un tract commun de l’intersyndicale dénonçant notamment le « déclassement inédit » que vivraient les travailleurs et les travailleuses : « Carburant, produits alimentaires, loyers, gaz, électricité… tout augmente sauf les salaires et les pensions. » Les syndicats alertent également sur un pays « au bord de la récession » et sur des plans de licenciements qui « se multiplient dans l’industrie comme dans le commerce ou les services ».
 

Le projet de budget du gouvernement est lui aussi vivement critiqué. Selon les organisations, il « aggrave encore la situation » en s’attaquant « notamment aux plus précaires et aux malades », en gelant les prestations sociales et en réduisant « le rôle protecteur de la Sécurité sociale ». Le tract dénonce aussi la baisse des moyens des services publics et le gel du salaire des fonctionnaires, pourtant « en première ligne » pour répondre aux besoins de la population. Face aux défis climatiques et technologiques, les syndicats estiment qu’« une politique industrielle n’est plus une option : elle est une nécessité absolue ».
 


Les revendications pour la Corse

Le tract insiste sur le coût de la vie dans l’île. « En Corse, le compte n’y est pas », affirme l’intersyndicale, qui avance que le salaire médian dans le secteur privé est « 16 à 19 % inférieur à celui du continent ». Carburant, loyers et alimentation pèseraient ainsi « plus lourdement sur les salariés, les retraités et les familles corses ». Les organisations réclament l’ouverture de négociations salariales dans les entreprises et les branches, ainsi que « l’égalité salariale Femmes-Hommes ». Elles demandent aussi une hausse des pensions de retraite, dans le régime de base comme dans les régimes complémentaires Agirc-Arrco, la revalorisation du point d’indice des fonctionnaires, du Smic et des aides sociales.
 

L’intersyndicale plaide enfin pour « l’augmentation des moyens de nos services publics » afin de « préparer l’avenir, former les jeunes, soigner et accompagner nos aînés et faire face au dérèglement climatique ». Elle réclame des mesures de justice fiscale, l’ouverture de négociations sur l’ITRC et la revalorisation de la prime de transport, avec sa généralisation et son extension aux retraités.

Le défilé s’est achevé devant la préfecture, où quelques marrons de terre ont été lancés. La manifestation s’est ensuite dispersée dans le calme, aux alentours de midi.