Alors que le Gouvernement propose de réunir le « Comité stratégique » le 9 novembre prochain à Paris pour tenter de relancer les discussions autour de l’autonomie de la Corse, Femu a Corsica appelle les élus insulaires à ne pas y participer « en l’état ». Le parti autonomiste demande au préalable à l’État de clarifier ses intentions et remet sur la table l’hypothèse d’une consultation référendaire en Corse si aucun accord politique ne peut être trouvé au Parlement.
Dans un communiqué publié ce lundi sur ses réseaux sociaux, le parti de la majorité territoriale appelle en effet « les élus de Fà Populu Inseme, et plus globalement les élus de la Corse, à ne pas participer en l'état » à cette réunion. Une position qui intervient à deux jours de la session extraordinaire de l’Assemblée de Corse, convoquée ce mercredi 4 novembre pour débattre des suites à donner au processus d’autonomie après le vote du Sénat. Femu a Corsica réaffirme ainsi la ligne arrêtée le 28 octobre dernier à Corti par son Cunsigliu Naziunale.
« Nous demandons au Gouvernement, en amont de toute réunion, de clarifier ses intentions réelles, tant sur le fond qu'en termes de méthode », affirme le parti. « Le Gouvernement a-t-il l'intention, oui ou non, de faire prévaloir et respecter l’accord politique global, dont le projet d'écritures constitutionnelles issu du processus de Beauvau n’est qu'une traduction ? Le cas échéant, quelle méthode et quel calendrier propose-t-il pour convaincre le Parlement ? », insiste-t-il.
Par ailleurs, Femu a Corsica prévient que « les discusssions à intervenir, si elles ont lieu » devront « être abordées sous l’angle politique, avant d’être techniques ou juridiques ». Le mouvement rappelle ainsi plusieurs points qu’il considère comme indissociables de l’accord trouvé au terme du processus de Beauvau, parmi lesquels « la reconnaissance du peuple corse à travers une écriture constitutionnelle spécifique », « la mise en œuvre du statut de résident et de la co-officialité de la langue corse », « le principe de l’autonomie fiscale » ou encore « le transfert d'un véritable pouvoir législatif à la Collectivité autonome de Corse ». Autant de « composantes fondamentales de l’accord politique intervenu entre le Gouvernement français et la représentation élus de la Corse ayant participé au processus, dans la diversité de ses composantes » pour le parti.
Face au blocage né du vote du Sénat, Femu a Corsica estime désormais que deux options sont possibles. « Soit il existe au Parlement une volonté politique majoritaire de valider et traduire dans le droit positif cet accord politique, et il sera alors possible de trouver une écriture parlementaire permettant à chacune des parties de le valider », pose en premier lieu le parti en relevant que « les discussions à mener à Paris dans les prochains jours entre le Gouvernement, les différents groupes de l’Assemblée nationale et du Sénat et la représentation élus de la Corse, doivent permettre de confirmer ou pas l’existence de cette volonté politique ». Dans le cas contraire, Femu a Corsica remet clairement sur la table l’option d’un référendum. « Soit cette volonté politique n'existe pas et il existe dès lors un conflit entre la représentation élue largement majoritaire en Corse et le Parlement français : nous proposerons alors que ce conflit soit tranché par une consultation référendaire en Corse », prévient le mouvement.
Femu a Corsica entend désormais porter ces propositions lors des prochaines discussions avec les autres mouvements nationalistes et « l'ensemble des forces vives ». Mais le prochain rendez-vous se jouera d’abord à Ajaccio ce mercredi, lors de la session extraordinaire de l’Assemblée de Corse qui devra fixer la position des institutions insulaires face à l’impasse actuelle. Et le parti autonomiste de conclure : « A lotta cuntinueghja ».
Proposition du Gouvernement d'une réunion le 9 novembre : Femu a Corsica appelle à ne pas participer en l'état et réaffirme ses propositions pour sortir de la situation de blocage politique.
— Femu a Corsica (@Partitu_FemuAC) November 2, 2026
Femu a Corsica a pris connaissance de la proposition du Gouvernement français de réunir le « Comité stratégique » lundi 9 novembre prochain, à Paris.
Dans l’attente de la session exceptionnelle de l’Assemblée de Corse du 4 novembre prochain et des décisions qui seront prises en cette occasion par les institutions de la Corse, Femu a Corsica entend réaffirmer sa position, telle qu'exprimée dans la résolution solennelle votée à l'unanimité par son Cunsigliu Naziunale, le 28 octobre dernier, à Corti :
1) Femu a Corsica appelle les élus de Fà Populu Inseme, et plus globalement les élus de la Corse, à ne pas participer en l'état à la réunion du « Comité stratégique », annoncée unilatéralement par le Gouvernement, le 9 novembre prochain.
Nous demandons au Gouvernement, en amont de toute réunion, de clarifier ses intentions réelles, tant sur le fond qu'en termes de méthode : le Gouvernement a-t-il l'intention, oui ou non, de faire prévaloir et respecter l’accord politique global, dont le projet d'écritures constitutionnelles issu du processus de Beauvau n’est qu'une traduction ? Le cas échéant, quelle méthode et quel calendrier propose-t-il pour convaincre le Parlement ?
2) Les discussions à intervenir, si elles ont lieu, doivent, pour Femu a Corsica, être abordées sous l'angle politique, avant d'être techniques ou juridiques : la reconnaissance du peuple corse à travers une écriture constitutionnelle spécifique, la consécration de son lien singulier à notre terre, la mise en œuvre du statut de résident et de la co-officialité de la langue corse, le principe de l’autonomie fiscale dans le cadre d'un nouveau pacte budgétaire, fiscal et financier entre l’État, la Collectivité autonome de Corse et les communes et intercommunalités, ainsi que le transfert d'un véritable pouvoir législatif à la Collectivité autonome de Corse, sont des composantes fondamentales de l’accord politique intervenu entre le Gouvernement français et la représentation élue de la Corse ayant participé au processus, dans la diversité de ses composantes.
En l'état du blocage découlant du vote intervenu en première lecture au Sénat, Femu a Corsica considère qu'il existe désormais deux options :
- Soit il existe au Parlement une volonté politique majoritaire de valider et traduire dans le droit positif cet accord politique, et il sera alors possible de trouver une écriture parlementaire permettant à chacune des parties de le valider : les discussions à mener à Paris dans les prochains jours entre le Gouvernement, les différents groupes de l'Assemblée nationale et du Sénat, et la représentation élue de la Corse, doivent permettre de confirmer ou pas l'existence de cette volonté politique ;
- Soit cette volonté politique n'existe pas et il existe dès lors un conflit entre la représentation élue largement majoritaire en Corse et le Parlement français : nous proposerons alors que ce conflit soit tranché par une consultation référendaire en Corse.
Femu a Corsica développera cette analyse et ces propositions dans le cadre des réunions à intervenir avec les différents mouvements nationalistes, ainsi qu'avec l'ensemble des forces vives, et les verse au débat dans l'attente de la session exceptionnelle de l'Assemblée de Corse qui fixera la position des institutions de la Corse.
Nous renouvelons à ces institutions l'expression de notre confiance pour faire les choix conformes aux intérêts vitaux de la Corse et du peuple corse, en ces moments déterminants.
A lotta cuntinueghja.
