La communauté d’agglomération de Bastia et les communes de Bastia et Ville-di-Pietrabugno ont participé ce mardi à un exercice de simulation consacré aux inondations. L’objectif était de tester leurs procédures d’alerte et renforcer la coordination des services face à des événements climatiques majeurs.
Comment réagir face à des pluies intenses, des routes impraticables et des quartiers touchés par des inondations ? C’est le scénario auquel ont été confrontées la communauté d’agglomération de Bastia (CAB) et les communes de Bastia et de Ville-di-Pietrabugno lors d’un exercice de gestion de crise organisé ce mardi dans les locaux de la CAB. L’objectif est de préparer les collectivités à faire face à des événements climatiques majeurs, en testant leurs procédures et leur capacité à coordonner leurs actions. « C’est par l’entraînement et la mise en situation que nous allons mettre en œuvre nos plans communaux de sauvegarde ou nos plans intercommunaux de sauvegarde afin de nous prémunir de toutes nos meilleures actions en période de crise », indique Louis Pozzo di Borgo, président de la CAB.
Le scénario retenu ce mardi repose sur une alerte orange pluie-inondation, accompagnée d’un important ruissellement urbain, susceptible de provoquer des dégâts et de perturber le fonctionnement des réseaux. Un choix volontairement réaliste. « On veut que les communes et l’intercommunalité s’exercent sur les risques majeurs qui vont concerner leur territoire », explique le commandant Pierre Ferrandini, sapeur-pompier au sein du service d’incendie et de secours (SIS) de Haute-Corse. « On se cale à la réalité des événements météorologiques. On ne cherche pas à inventer de scénarios bizarres, on veut rester pragmatique et faire en sorte que les gens s'exercent sur des situations qu'ils vont forcément retrouver dans les dix prochaines années. »
Un simulateur pour se confronter à des situations réalistes
Pour rendre l’exercice aussi concret que possible, les participants s’appuient sur le simulateur Serious Game, développé par le SIS 2B. L’outil permet de reproduire numériquement le territoire, avec une cartographie détaillée et des bâtiments modélisés en trois dimensions, dont les façades correspondent à celles des lieux réels. Les participants peuvent ainsi évoluer dans un environnement qui leur est familier et visualiser les conséquences d’un événement majeur. Dans le scénario d’inondation, « les personnels vont retrouver les mêmes situations qu’ils auront vécues lors des dernières inondations avec les voitures qui vont être emportées, le mobilier urbain qui va être emporté également et des routes qui vont être totalement bloquées et inopérantes », précise Pierre Ferrandini.
Apprendre à travailler ensemble
Au-delà de la simulation elle-même, l’exercice vise surtout à améliorer la coordination entre les différents acteurs mobilisés lors d’une crise. Communes, intercommunalité et services de secours doivent pouvoir partager les informations, prendre des décisions et organiser leurs interventions de manière cohérente. « Le SIS ne peut pas gérer seul des crises de cette ampleur », affirme Pierre Ferrandini. « La gestion de crise est forcément en interservice, et pour être efficace, il faut se préparer comme on le fait aujourd'hui. »
Pour Louis Pozzo di Borgo, ces mises en situation sont aussi l’occasion d’échanger sur les méthodes de travail face à des phénomènes climatiques de plus en plus violents. « À la fin, nous débriefons et nous étoffons nos plans communaux de sauvegarde. Aujourd’hui, une soixante de personnes participent à l’exercice, et l’idée, c’est aussi de mieux se connaître pour avoir des réflexes en cas de situation réelle. » Mené en partenariat avec le programme européen Interreg, l’exercice est suivi en direct depuis le stade de Furiani par une délégation italienne, dans une démarche de coopération et de partage d’expériences. « Nous en profitons pour avoir un congrès sur le risque lié au changement climatique. Cela permet aussi d'échanger sur les méthodes de travail, sur les expériences, afin de nous enrichir et de nous cultiver sur ces phénomènes qui sont de plus en plus violents », conclut le président de la CAB.


