Contestation lycéenne : à Bastia, les « Temps de démocratie » ne passent pas auprès des syndicats

Written on 10/11/2026
Christophe Giudicelli

Mis en place à l’initiative du Premier ministre Sébastien Lecornu pour apaiser la contestation lycéenne et faire remonter les revendications des élèves, les « Temps de démocratie » ne convainquent pas les syndicats enseignants bastiais. Dénonçant une manœuvre destinée à gagner du temps et à affaiblir la mobilisation, plusieurs professeurs ont refusé de participer à cette consultation, estimant que les revendications sont déjà connues du gouvernement.

Contestation lycéenne : à Bastia, les « Temps de démocratie » ne passent pas auprès des syndicats

Voulus par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, afin d’apaiser la contestation lycéenne et de faire remonter les doléances, les « Temps de démocratie » passent mal auprès des syndicats enseignants bastiais.

Plusieurs professeurs ont refusé de mettre en place ce moment. C’est ce qu’explique Marie-Catherine Giaconni, enseignante à la cité technique de Montesoro, déléguée pour le SGEN (Syndicat général de l’Éducation nationale) et porte-parole de l’intersyndicale : « On n’est pas d’accord pour se faire le relais du gouvernement qui vient chercher les revendications. »
Pour la syndicaliste : « Le gouvernement vient prendre connaissance de problèmes qui sont déjà connus. Les représentants des lycéens ont déjà été reçus et les problèmes repris par les lycéens sont connus dans les hautes instances depuis très longtemps. »

Elle y voit une méthode mise en place par le gouvernement « pour gagner du temps », avec la volonté de sa part de « répondre aux débordements, mais pas aux questions ».
Si des enseignants ont mis en place ce temps, ce n’est pas le cas de Sonia Pruvot Rol, déléguée départementale CGT Éducation et professeure d’histoire au lycée Giocante de Casabianca : « Il s’agit d’un écran de fumée réussi pour casser le mouvement. » Comme pour sa collègue de Montesoro, « les revendications sont déjà connues », avant d’ajouter que « ce n’est pas coucher sur le papier quatre, dix ou mille revendications qui vont changer la face de l’Éducation nationale ».

Concernant le procédé, Sonia Pruvot Rol parle d’une rhétorique bien connue, mise en place par le gouvernement. Celle d’organiser de grands moments pour faire remonter des doléances, mais qui, in fine, ne débouchent sur rien : « Le procédé est tellement redondant que ça en devient grossier », avant de conclure que la seule réponse forte « serait une rallonge du budget de l’Éducation nationale ».

La mobilisation des lycéens devrait se poursuivre la semaine prochaine.