Bien connu des élèves et des étudiants, le programme Erasmus+ ne se résume plus aux seuls échanges linguistiques. À la cité scolaire Pascal-Paoli de Corte, il offre aux jeunes l’occasion de découvrir d’autres cultures, de pratiquer une langue en immersion, de gagner en autonomie, mais aussi d’ouvrir de nouvelles perspectives pour leur avenir professionnel. Une expérience à l’étranger qui donne tout son sens au vieil adage selon lequel « les voyages forment la jeunesse ».
Le programme Erasmus+ a notamment vocation à rendre les mobilités accessibles au plus grand nombre, en favorisant l’égalité des chances grâce à un accompagnement adapté et à des financements qui tiennent compte de chaque situation. La cité scolaire Pascal-Paoli, qui a obtenu l’an dernier l’accréditation Erasmus+, s’inscrit pleinement dans cette démarche. À plusieurs reprises, des enseignants cortenais ont ainsi pu bénéficier de mobilités en Europe, notamment en Irlande, en Sardaigne ou encore en Espagne. Des séjours qui leur ont permis de découvrir d’autres pratiques pédagogiques, d’échanger avec leurs homologues européens et de confronter leurs méthodes d’enseignement à celles mises en œuvre dans ces différents pays.
Actuellement, la cité scolaire Pascal-Paoli reçoit donc trois enseignants en provenance des Pays-Bas, dans le contexte de ce que l’on appelle le « Job Shadowing », autrement dit, une méthode consistant à suivre un professionnel en immersion pour découvrir son métier de l’intérieur comme nous le précise Julia Albertini, proviseure de la cité scolaire de Corte. « Le principe est de regarder, s’inspirer, faire un travail d’observation des méthodes d’enseignement de nos voisins et interlocuteurs de l’Union Européenne, en y repérant ces valeurs communes qui se transmettent et se déclinent dans les systèmes éducatifs, afin de préparer le terrain propice à nouer en amont des contacts sur place, pour recevoir leurs élèves, et y envoyer les nôtres pour leur faire vivre une expérience européenne ou internationale, encadrée et sécurisée », explique-t-elle avant de poursuivre : « Il y a des échanges actifs détaillés sur une plateforme dédiée permettant en outre une mutualisation des pratiques créant les contacts. C’est par ce biais justement, que la cité scolaire de Corte a été sollicitée par nos collègues des Pays-Bas qui sont arrivés ce mardi, enhardis et ayant listé dans leurs carnets de voyages, un vaste programme de découverte de notre établissement, en assistant à des cours ; ils ont d’abord commencé par rencontrer la totalité de la communauté éducative, y compris la direction. Avec mon adjointe, Julie Acquaviva, nous avons ainsi pu leur exposer notre manière de travailler, coude-à-coude avec nos enseignants. Nous avons également cette chance de compter dans notre établissement trois enseignants référents Erasmus+, dont Stéphanie Majzel, professeur d’anglais et coordinatrice du dispositif Erasmus ; nous avons également une professeure d’Espagnol, Agathe Small ainsi qu’une professeure de Lettres, Danielle Cucchi qui sont, toutes trois particulièrement impliquées dans le projet en ayant « débroussaillé » la plate-forme un peu ardue, lorsqu’on n’a pas l’habitude de l’utiliser » . « Par ailleurs, et comme ce type de projet pédagogique a fait des émules, nous avons eu en renfort d’autres intervenants et enseignants s’étant impliqués spontanément dans cette réunion de travail qui s’est tenue à l’arrivée de ces enseignants des Pays-Bas, où, le projet faisant consensus auprès de professeurs n’étant pas dans l’enseignement des langues vivantes, anglais, espagnol, italien, d’enseignants, des professeurs d’autres disciplines, d’histoire-géo, de lettres, de mathématiques ou encore de sciences, ont également exprimé le souhait de partir à la rencontre d’autres pays, d’autres territoires, d’autres cultures, d’autres pratiques d’enseignements, a poursuivi Julia Albertini. Le « Tour du monde en 80 jours », en somme, revisité.
Plusieurs mobilités sont donc en projet dans les semaines et mois à venir. Tout d’abord des mobilités à destination des enseignants, mais bien évidemment des mobilités d’élèves en individuel ou en groupe. « Pour l’instant il ne s’agit que de projets qui ne sont pas encore finalisés puisqu’ils sont toujours à l’étude avec nos partenaires comme les Pays-Bas, qui seront nos premiers interlocuteurs. Ensuite, nous étudierons avec d’autres de nos collègues diverses autres possibilités car, ils ont des projets pour l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Royaume-Uni et éventuellement Malte », a expliqué Stéphanie Majzel, coordinatrice du dispositif Erasmus, et de poursuivre : « Nos élèves qui partiront seront triés sur le volet. Ils passeront devant un jury de sélection pour tester leur niveau d’anglais, ou d’une autre langue qu’il leur faudra maîtriser. Pour l’exemple, nos sympathiques hôtes ont échangé avec nos élèves de Terminale qui furent très enchantés de cette rencontre et raffermis dans leur désir de voyage linguistique. Un sujet qui leur tient particulièrement à cœur, puisque, et de manière générale, ils se sont montrés très friands de découvrir d’autres pays, d’autres cultures, d’autres ethnies, enseignements, d’autres pratiques et d’autres manières de vivre ».
Et quant à ces séjours de mobilités Erasmus - qui seront à n’en pas douter pour les élèves, un moment unique, pour nouer des liens, partager leurs cultures, gagner en autonomie sur le plan personnel, au travers de ces échanges linguistiques -, Mme Majzel de rajouter que, « dans le cadre de ces immersions, les enseignants néerlandais ne vont pas se contenter d’une visite au sein de la cité scolaire Pascal-Paoli : ils vont également effectuer une visite touristique de Corte et du centre Corse pour décider quelles activités pourraient avoir à pratiquer leurs élèves. Ils découvriront que Corte offre une multitude d’activités de pleine nature, de grand intérêt, sachant que nous avons également une collaboration avec le Parc Naturel Régional de Corse : un lien fondamental lié à la nature qui va parfaire, compléter cette aventure immersive que nous faisons avec tous nos binômes de mobilité » .
Les élèves des Pays-Bas qui seront accueillis, pourront éventuellement être hébergés à la cité scolaire qui dispose d’un internat, ayant par ailleurs accueilli les athlètes internationaux lors du dernier Restonica Trail. « C’était peut-être un peu précurseur de ce que nous voulons être à Corte avec cette ouverture à l’international, un des piliers de notre établissement. Et nous aimerions bien que ce qui s’est passé avec le Restonica Trail puisse augurer d’un avenir de la cité scolaire ouverte sur le monde, sur l’Europe en particulier. Un point axé sur le thème de l’hospitalité restant à déterminer, puisqu’ils pourront être accueillis chez l’habitant également », a conclu, très enthousiaste, Julia Albertini.
Gilda Emmanuelli et Mario Grazi
