Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit dans plusieurs villes de France, ce mardi après-midi, le député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud et président du groupe Horizons & Indépendants a interpellé Sébastien Lecornu lors de la session de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale sur les violences et les revendications des lycéens. En réponse, le Premier ministre a défendu l’action des forces de l’ordre, tout en appelant à répondre au malaise lycéen.
Alors que la mobilisation lycéenne se poursuit dans de nombreuses villes de France et que plusieurs rassemblements sont en cours, le président du groupe Horizons & Indépendants à l’Assemblée nationale, Laurent Marcangeli, a profité de la séance de questions au gouvernement de ce mardi pour interpeller le Premier ministre Sébastien Lecornu. S’il reconnaît la légitimité du dialogue et des demandes concernant les moyens ou l’organisation scolaire, le député estime que les violences ne peuvent être justifiées. « Si oui, le dialogue doit exister, si oui, les lycéens ont le droit de réclamer davantage de moyens, une meilleure organisation de leurs travaux, jamais rien ne justifiera un tel déferlement de violence », a-t-il indiqué.
Pour le président du groupe Horizons & Indépendants, la situation relève désormais d’une question d’ordre public. « Aujourd’hui, ce n’est pas un problème d’organisation de la vie au lycée dont il s’agit, c’est un problème d’ordre public », a-t-il affirmé. « Le groupe que je préside demande à ce que l'ordre revienne, avant tout, pour permettre à cette mission de service public de s'exercer dans les meilleures conditions, parce qu'on assiste à une casse, une véritable casse de service public. Je veux avoir une pensée, personne ne pense à eux, pour les personnels de l'Éducation nationale qui subissent de plein fouet les événements qui sont en train de se produire, pour nos forces de l'ordre, pour celles et ceux qui sont victimes de ces violences, pour nos compatriotes qui voient leur argent public partir en fumée. Et aujourd'hui, nous le disons très clairement, c'est ceux qui cassent qui devront payer. »
Le député de la 1ère circonscription de Corse-du-Sud a interpellé le gouvernement sur les conséquences concrètes de ces violences, réclamant un bilan à la fois humain et matériel de la situation. « D'abord, un bilan humain, parce que nous le savons, il y a eu des blessés, de part et d'autre, dans les services publics comme chez les élèves. Un bilan également des dégâts matériels, parce que cet argent, il va falloir aller le chercher pour pouvoir réparer, et c'est de l'argent des Français dont on parle. Et enfin, un bilan politique. Monsieur le Premier ministre, la semaine dernière, vous avez laissé entendre qu'une famille politique, qu'un parti politique était peut-être derrière tout ça, qu'un parti politique était peut-être derrière ce noyautage, derrière cette manipulation de notre jeunesse. La représentation nationale veut savoir de quoi il s'agit. »
Sébastien Lecornu mise sur le dialogue
En réponse, le Premier ministre a d’abord livré le bilan humain demandé par le député Laurent Marcangeli. Selon les chiffres communiqués à l’Assemblée nationale, « 215 élèves ont été blessés, la majorité d'entre eux suite à des agressions ou de manière plus résiduelle des accidents, 85 personnels éducatifs, 715 policiers et gendarmes ». Sébastien Lecornu a qualifié ce bilan de « plus lourd depuis des décennies dans l’Éducation nationale en nombre d’agents publics blessés ». « Je le dis, comme vous l'avez dit, une banalisation de cette violence contre les personnels de l'Éducation nationale n'est pas acceptable. Et aux blessures s'ajoutent beaucoup d'insultes, d'actes d'intimidation, y compris contre les magistrats et même contre les journalistes. »
Le Premier ministre a ensuite défendu l’action des forces de l’ordre, alors que des critiques sont apparues ces derniers jours sur les conditions du maintien de l’ordre. « L’extraordinaire majorité des cas, c'est un usage de la force publique, parce que malheureusement, des individus violents se mêlent à la présence de lycéens non violents, et s'en prennent à eux ou s'en prennent à l'encadrement de l'Éducation nationale. Est-ce que, dans une manœuvre aussi sensible d'ordre public, des accidents peuvent arriver ? La réponse est oui. Et je dis accident, puisque je vois là aussi la terminologie qui est employée de violences policières, suggèrent qu'il y ait des instructions politiques de répression policière. C'est faux, c'est un mensonge, et c'est jeter l'opprobre sur la police de la République. Et là où il y a des accidents, puisque c'est un état de droit, il doit y avoir enquête administrative et judiciaire, il doit y avoir transparence, recherche de la responsabilité, et il doit y avoir de l'empathie. »
Enfin, à propos de la mobilisation de ce mardi, Sébastien Lecornu a même déclaré l’accueillir « avec soulagement ». « Enfin, nous avons un cadre légal, déclaré, démocratique, dans lequel l'expression des désaccords peut se faire, y compris avec le gouvernement que je dirige », a-t-il indiqué. « De cette mobilisation, je souhaite que nous puissions désormais avancer pour apporter une réponse politique à un mécontentement lycéen. Plusieurs chantiers ont été ouverts, certains sont globaux. La question des remplacements, on ne découvre pas le sujet cette semaine. Ça fait de nombreuses années qu'on y travaille. La question bâtimentaire doit être objectivée, sans jeter non plus l’opprobre sur les conseils régionaux comme certains ont pu le faire en les instrumentalisant. Ensuite, il faut aussi désormais objectiver les choses lycée par lycée. Il faut qu'on l'entende, nous à Paris, avec beaucoup d'humilité et de sens pratique. Enfin, il y a deux rendez-vous. Le premier, on ne peut pas faire comme s'il n'y avait pas des discussions budgétaires qui allaient s'ouvrir prochainement, sur lesquelles un compromis doit être trouvé dans cette Assemblée. Enfin, l'autre rendez-vous, c'est l'éléphant qui est dans la pièce, c'est l'élection présidentielle, dans laquelle il faudra que l'ensemble des candidats projettent aussi une vision, une perspective pour le service public de l'Éducation nationale. Là aussi, il ne faut pas s'engager sur des mesures que ce gouvernement ne pourrait pas mettre en œuvre. »
🗣 « Jamais rien ne justifiera un tel déferlement de violence. Aujourd’hui, c’est un problème d’ordre public. »
— Députés Horizons & Indépendants (@DeputesHorizons) October 6, 2026
Lors des #QAG, notre président @LMarcangeli a demandé au Premier ministre @SebLecornu de rétablir l’ordre dans nos lycées et dans nos rues pour que l’École puisse… https://t.co/X2EGa19Aq4
