La Corse manque de logements sociaux et le retard paraît difficile à combler par la seule construction. Pour réfléchir à d’autres réponses, la Coordination inter-associative de lutte contre l’exclusion organise, le 14 octobre dans la salle de conférence de l’hôpital de Castelluccio, un colloque consacré au mal-logement. Au programme : état des lieux, conséquences sur les plus précaires et présentation d’initiatives concrètes.
En Corse, trouver un logement à la mesure de ses revenus relève parfois du parcours du combattant. Le parc social représente 10 % des résidences principales, contre près de 15 % à l’échelle nationale, selon Hyacinthe Choury, président de la commission « Précarité, solidarités, santé, cohésion sociale et habitat » du CESECC. « Il y a un manque criant de logement à très faible loyer. Quand les gens sont dans une situation durablement précaire, ils ne peuvent qu’être hébergés, ils ne peuvent pas être logés », souligne-t-il.
C’est ce constat qui sera au cœur du colloque « Le logement social en Corse, une urgence vitale en échec : quelles innovations ? », organisé mercredi 14 octobre à l’hôpital de Castelluccio, à Ajaccio, par la Coordination inter-associative de lutte contre l’exclusion (CLE), qui rassemble onze associations corses.
Pour François Pernin, président de la CLE, le logement est l’une des conditions fondamentales pour sortir de la précarité. « Sans logement, pas de soins possibles, sans logement, pas d’alimentation correcte, sans logement, isolement social », rappelle-t-il. Mais construire davantage ne permettra pas, à lui seul, de répondre rapidement à la demande. La production de logements sociaux reste insuffisante face au déficit accumulé. « Il faut du logement neuf, mais ça ne suffit pas », estime François Pernin, qui défend donc une approche plus large : réhabiliter l’existant, mobiliser des logements vacants ou encore développer de nouvelles formes d’accès au logement . « Tout l’esprit de ce colloque, c’est d’ouvrir vers des voies d’innovation qui sont faites ailleurs », souligne le président de la CLE.
À Carbuccia, le foncier communal comme levier
Mais pour François Pernin, les réponses ne peuvent pas reposer uniquement sur les initiatives locales : « Il faut une véritable politique du logement qui passe par une politique nationale d’abord », estime-t-il, regrettant que la pauvreté soit encore trop souvent abordée sous le seul angle des politiques sociales et des allocations. Selon lui, logement, santé ou encore transports devraient être davantage pensés ensemble, dans une approche globale de la précarité.
Parmi les initiatives présentées, celle du village de Carbuccia illustre cette recherche de solutions à l’échelle locale. Le maire Pierre-François Bellini présentera un projet d’écoquartier destiné aux primo-accédants, avec des terrains communaux proposés à des prix maîtrisés.
L’idée est de permettre à de jeunes ménages, notamment ceux disposant de revenus modestes, de construire leur résidence principale sans être confrontés aux prix du foncier pratiqués dans la région ajaccienne. « Ça répond à un besoin, quand je vois le nombre de gens qui se heurtent à un problème de foncier », explique le maire. La commune travaille sur ce projet depuis 2017 et vient de déposer son permis d’aménager. Les terrains, de petites superficies, seront accompagnés de clauses de résidence principale et de dispositions antispéculatives.
Des solutions à multiplier
Pour Pierre-François Bellini, l’enjeu est aussi de permettre à des familles de rester vivre sur le territoire. « Aujourd’hui, ça me tient à cœur que les personnes qui ont des faibles revenus ou des revenus modestes puissent accéder à la propriété sur ma commune », insiste-t-il. Le projet ne pourra toutefois pas être reproduit dans toutes les communes de la même manière : « Il faut avoir du foncier communal qui est bien situé et qui est urbanisable », reconnaît le maire.
D’autres pistes seront présentées lors du colloque, avec notamment l’intervention d’Alain Costes, architecte et urbaniste, autour de l’habitat coopératif, et de Bernard Devert, président d’Habitat et Humanisme, sur le rôle de l’économie sociale et solidaire.
Pour la CLE, l’enjeu n’est donc pas de trouver une solution au mal-logement, mais d’en multiplier les formes. Car en Corse, le retard du parc social se conjugue avec une pression importante sur le foncier et une demande croissante de logements accessibles. « Il y a beaucoup de solutions qui existent qu’il faut réactiver, qu’il faut populariser et multiplier », résume François Pernin.
Savoir + :
Pour participer au colloque du 14 octobre inscription gratuite et obligatoire à contact.cle20@gmail.com
C’est ce constat qui sera au cœur du colloque « Le logement social en Corse, une urgence vitale en échec : quelles innovations ? », organisé mercredi 14 octobre à l’hôpital de Castelluccio, à Ajaccio, par la Coordination inter-associative de lutte contre l’exclusion (CLE), qui rassemble onze associations corses.
Pour François Pernin, président de la CLE, le logement est l’une des conditions fondamentales pour sortir de la précarité. « Sans logement, pas de soins possibles, sans logement, pas d’alimentation correcte, sans logement, isolement social », rappelle-t-il. Mais construire davantage ne permettra pas, à lui seul, de répondre rapidement à la demande. La production de logements sociaux reste insuffisante face au déficit accumulé. « Il faut du logement neuf, mais ça ne suffit pas », estime François Pernin, qui défend donc une approche plus large : réhabiliter l’existant, mobiliser des logements vacants ou encore développer de nouvelles formes d’accès au logement . « Tout l’esprit de ce colloque, c’est d’ouvrir vers des voies d’innovation qui sont faites ailleurs », souligne le président de la CLE.
À Carbuccia, le foncier communal comme levier
Mais pour François Pernin, les réponses ne peuvent pas reposer uniquement sur les initiatives locales : « Il faut une véritable politique du logement qui passe par une politique nationale d’abord », estime-t-il, regrettant que la pauvreté soit encore trop souvent abordée sous le seul angle des politiques sociales et des allocations. Selon lui, logement, santé ou encore transports devraient être davantage pensés ensemble, dans une approche globale de la précarité.
Parmi les initiatives présentées, celle du village de Carbuccia illustre cette recherche de solutions à l’échelle locale. Le maire Pierre-François Bellini présentera un projet d’écoquartier destiné aux primo-accédants, avec des terrains communaux proposés à des prix maîtrisés.
L’idée est de permettre à de jeunes ménages, notamment ceux disposant de revenus modestes, de construire leur résidence principale sans être confrontés aux prix du foncier pratiqués dans la région ajaccienne. « Ça répond à un besoin, quand je vois le nombre de gens qui se heurtent à un problème de foncier », explique le maire. La commune travaille sur ce projet depuis 2017 et vient de déposer son permis d’aménager. Les terrains, de petites superficies, seront accompagnés de clauses de résidence principale et de dispositions antispéculatives.
Des solutions à multiplier
Pour Pierre-François Bellini, l’enjeu est aussi de permettre à des familles de rester vivre sur le territoire. « Aujourd’hui, ça me tient à cœur que les personnes qui ont des faibles revenus ou des revenus modestes puissent accéder à la propriété sur ma commune », insiste-t-il. Le projet ne pourra toutefois pas être reproduit dans toutes les communes de la même manière : « Il faut avoir du foncier communal qui est bien situé et qui est urbanisable », reconnaît le maire.
D’autres pistes seront présentées lors du colloque, avec notamment l’intervention d’Alain Costes, architecte et urbaniste, autour de l’habitat coopératif, et de Bernard Devert, président d’Habitat et Humanisme, sur le rôle de l’économie sociale et solidaire.
Pour la CLE, l’enjeu n’est donc pas de trouver une solution au mal-logement, mais d’en multiplier les formes. Car en Corse, le retard du parc social se conjugue avec une pression importante sur le foncier et une demande croissante de logements accessibles. « Il y a beaucoup de solutions qui existent qu’il faut réactiver, qu’il faut populariser et multiplier », résume François Pernin.
Savoir + :
Pour participer au colloque du 14 octobre inscription gratuite et obligatoire à contact.cle20@gmail.com

