Core in Fronte apporte son soutien à Paul-Félix Benedetti après sa mise en examen

Written on 10/03/2026
MP

Au lendemain de la mise en examen de Paul-Félix Benedetti pour des faits supposés de violences volontaires sur sa compagne et refus de remise du code de déverrouillage de son téléphone, Core in Fronte a réagi ce samedi en apportant son « soutien » à son leader. Le mouvement indépendantiste dit être « certain de son innocence » et dénonce une possible « instrumentalisation » de cette affaire.

(Photo : Archives Paule Santoni)

Au lendemain de la mise en examen de Paul-Félix Benedetti, Core in Fronte monte au créneau pour défendre son leader. Dans un communiqué diffusé ce samedi sur ses réseaux sociaux, le mouvement indépendantiste assure lui apporter « son soutien dans la situation judiciaire qu'il connaît aujourd'hui » et rappelle que « sa mise en examen, la médiatisation qui s'en est suivie, ne peuvent faire oublier à quiconque qu'en termes de droit, il est, avant tout, présumé innocent ».

Pour rappel, vendredi, le maire de Sartène a été mis en examen par un juge d'instruction pour « violences volontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours, en l'espèce quatre jours », avec la circonstance aggravante que les faits auraient été commis sur sa concubine, ainsi que pour « refus de remise de la convention de déchiffrement d'un moyen de cryptologie ». Les faits de violences qui lui sont reprochés remonteraient au 2 juillet dernier à Sartène. Dans la foulée, Paul-Félix Benedetti a été placé sous contrôle judiciaire, avec interdiction d'entrer en contact avec la victime et de se présenter à son domicile.

Dans un communiqué diffusé vendredi, la procureure de la République d'Ajaccio, Fanny Floquet, avait également apporté plusieurs précisions sur l'origine de la procédure, révélant notamment que l'enquête n'a pas été ouverte à la suite d'une plainte de la compagne de Paul-Félix Benedetti. Le 2 juillet, après sa prise en charge dans un établissement médical, ce sont en effet des professionnels de santé qui avaient sollicité l'intervention de la gendarmerie « au regard d'une forte suspicion de violences conjugales ». Le parquet d'Ajaccio souligne que ce signalement et l'intervention des gendarmes correspondent toutefois « en tout point à la procédure mise en place en matière de prévention des violences intra-familiales, quel que soit le positionnement de la victime ». Durant l'enquête de flagrance, cette dernière n'avait à nouveau pas déposé plainte et n'avait pas souhaité désigner le mis en cause. Une information judiciaire avait néanmoins été ouverte contre X dès le 6 juillet pour violences volontaires aggravées par concubin.

C'est dans le cadre de cette procédure que Paul-Félix Benedetti avait ensuite été placé en garde à vue. Selon le parquet, il avait alors « refusé de donner le code de déverrouillage de son téléphone », avant que sa garde à vue ne soit rapidement levée pour raison médicale. La saisine du juge d'instruction avait été élargie à cette infraction le 27 juillet.


Core in Fronte « certain de l'innocence » de son leader

« Nous sommes certains de l'innocence de Paul-Félix Benedetti », affirme Core in Fronte ce samedi, mettant en avant « les valeurs politiques, humaines, sociales et sociétales qui le caractérisent et qu'il défend ». Le parti entend notamment répondre à la nature des faits reprochés à son leader en réaffirmant sa position sur les violences faites aux femmes. « Cet engagement est, aussi, celui de Core In Fronte et il a toujours été extrêmement clair, notamment sur le refus des violences faites aux femmes qui sont inacceptables et doivent être combattues », insiste le mouvement indépendantiste.

Mais plus loin, Core in Fronte s'interroge aussi sur le contexte dans lequel intervient cette procédure judiciaire, affirmant que « depuis un certain temps, des rumeurs insistantes circulent sur des consignes qui auraient été données, dans quelques services, pour mettre en mouvement des procédures judiciaires et policières à l'encontre de militants indépendantistes ». Selon le parti, ces « manipulations » auraient pour objectif « de salir et d'affaiblir, à l'orée des prochaines échéances électorales, des organisations et des démarches politiques ». « L'actualité de ces dernières semaines et derniers jours en est déjà, peut-être, un exemple », insiste le mouvement. Dans ce droit fil, Core in Fronte établit un lien entre la procédure visant Paul-Félix Benedetti et son engagement politique. « Alors même que Paul-Félix Benedetti ne fait l'objet d'aucune plainte, sa personnalité, sa dimension et son parcours politique ne sont sans doute pas étrangers à la décision prise par le juge d'instruction », estime le parti.

Core in Fronte dénonce enfin ce qu'il qualifie de « justice systémique » et affirme ne pas être « dupe de la portée réelle de ce dossier et de son instrumentalisation ». « Pour notre part, nous renouvelons notre amitié et solidarité militante à Paul-Félix Benedetti. Nous continuerons le combat que nous avons entrepris, pour l'épanouissement de notre peuple et les droits de tous les hommes et femmes qui le composent », pose encore le mouvement, avant de conclure : « Vennarà l'ora di a verità ».

Les investigations se poursuivent sur commission rogatoire. Paul-Félix Benedetti demeure présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.