Les élections sénatoriales se tiendront dimanche 27 septembre avec sept candidats pour briguer les deux sièges de l’île. Un duel en Haute-Corse et une quadrangulaire en Corse-du-Sud. Les deux sénateurs sortants sont donnés favoris. L’enjeu particulier de ce scrutin est le vote au Sénat fin octobre du projet de réforme constitutionnelle pour un statut d’autonomie de la Corse.
C’est une élection sénatoriale à fort enjeu qui se déroulera dimanche prochain. Les grands électeurs - 465 en Corse-du-Sud et 617 en Haute-Corse - devront choisir les deux prochains sénateurs de Corse. Rappelons que les sénateurs sont élus au suffrage indirect par un collège composé essentiellement de maires, de conseillers municipaux, départementaux et territoriaux dans un scrutin majoritaire à deux tours et pour un mandat de six ans. L’enjeu particulier et immédiat de ce scrutin porte sur le projet de réforme constitutionnelle pour un statut d’autonomie de la Corse qui passera fin octobre devant la Chambre Haute. Si tous les candidats des deux départements se disent plus ou moins favorables à un statut d’autonomie, les divergences se creusent sur la définition et la teneur de cette autonomie, notamment sur l’octroi ou non d’un pouvoir normatif.
Une quadrangulaire disputée
En Corse-du-Sud, quatre candidats sont en lice pour un scrutin qui devrait se jouer à deux tours. Le sénateur LR sortant, Jean-Jacques Panunzi, qui brigue un troisième mandat, est donné favori. L’élu, très engagé dans les communes rurales et de l’intérieur, a réussi à fédérer autour de sa candidature la droite ajaccienne et sudiste, malgré des désaccords notamment sur le statut d’autonomie. Il affirme ne pas être hostile à la réforme constitutionnelle, défend une réforme « applicable » et un statut fiscal adapté, mais refuse l’octroi d’un pouvoir normatif. Il demande aux électeurs de juger son action et sa capacité à défendre la Corse.
Face à lui, le candidat nationaliste, Jean Giuseppi, réussit également le pari de l’unité, en rassemblant derrière lui l’ensemble du camp nationaliste. Soutenu par la majorité territoriale, par Core in Fronte, le PNC et l’Indépendantiste leader de l’opposition ajaccienne, Jean-Paul Carrolaggi, le maire de Figari espère agréger aussi les grands électeurs du camp progressiste. Se présentant comme une alternative claire au sénateur sortant, il appelle à une convergence des forces de progrès pour défendre le statut d’autonomie de la Corse avec l’octroi d’un vrai pouvoir législatif, mais aussi le bloc communal et l’équilibre territorial. Il s’oppose également au sénateur sortant sur la métropolisation que réclame la droite ajaccienne. Il devrait, au vu du nombre de grands électeurs nationalistes, réussir à faire une belle élection.
A peine élu délégué territorial du Rassemblement national en Corse, Christophe Versini, s’est aussitôt lancé dans la bataille sous l’étiquette RN - Unione di i Patriotti, une alliance entre le RN, Mossa Palatina de Nicolas Battini et l'UDR d'Éric Ciotti. Ne pouvant guère compter que sur une poignée de grands électeurs, l’enjeu, pour lui, est d’abord d’incarner le nouveau visage du RN dans l’île, après l’éviction de son prédécesseur François Filoni pour cause « de désaccords profonds ». Il s’agit aussi de surfer sur la popularité de Marine Le Pen pour intensifier l’enracinement du parti d’Extrême-droite dans l’île et de préparer les futures échéances présidentielles et législatives. Concernant le projet de réforme constitutionnelle, il plaide pour une « autonomie raisonnée », basée sur « la priorité régionale en matière d’emploi, de logement et de foncier ».
Egalement dans la course, René Perès, un candidat totalement inattendu et atypique, issu de la société civile. Jamais encarté dans un parti, ce chef d'entreprise à la retraite, originaire de Peri, entend mettre son expérience au service des communes. Favorable au projet de révision constitutionnelle, il promet de voter le texte dans sa rédaction actuelle. Dans cette élection très politisée, mais aussi très personnalisée, il lui sera difficile de faire entendre sa voix.
Un duel sans suspense
En Haute-Corse, le duel entre le sénateur sortant, Paulu Santu Parigi, et son unique adversaire, Nicolas Battini, offre peu de suspense. L’élu de Femu a Corsica, soutenu par l’ensemble de la famille nationaliste, PNC compris, est assuré de gagner son second mandat et devrait largement rassembler dimanche prochain, bien au-delà de sa famille politique et du camp progressiste. Fort d’un profond engagement sur le terrain et d’une vraie proximité avec les élus locaux, il entend incarner la continuité, porter la reconnaissance du peuple corse et de ses droits, et défendre la voix des communes dans une démarche de rassemblement. Son objectif : convaincre un Sénat jacobin de voter le statut d’autonomie de la Corse et l’octroi du pouvoir législatif.
Face à lui, son ancien attaché parlementaire, Nicolas Battini, leader de Mossa Palatina, se présente sous la bannière d'Unione di i Patriotti. Comme pour son collègue de Corse-du-Sud, l’enjeu est surtout d’inscrire cette coalition dans le paysage politique corse, de « sédimenter » les votes engrangés aux municipales dans le périurbain et d’accroître sa visibilité dans la ruralité, notamment en vue des prochaines échéances électorales, notamment les futures législatives où il sera candidat. Il devrait bénéficier de l’absence de candidat libéral, d’autant qu’il a pour suppléante une conseillère municipale d’opposition de Biguglia. Quelques maires de droite se sont déjà positionnés en sa faveur. Malgré l’activisme de leaders locaux LR, aucun élu de droite – et c’est une première - n’a voulu s’engager dans une élection qui semblait jouer d’avance. Cela augure-t-il d’autres rapprochements électoraux, jusque-là tant décriés entre le RN et les LR ? Dimanche, le décompte des voix devrait être fort instructif.
N.M.
Une quadrangulaire disputée
En Corse-du-Sud, quatre candidats sont en lice pour un scrutin qui devrait se jouer à deux tours. Le sénateur LR sortant, Jean-Jacques Panunzi, qui brigue un troisième mandat, est donné favori. L’élu, très engagé dans les communes rurales et de l’intérieur, a réussi à fédérer autour de sa candidature la droite ajaccienne et sudiste, malgré des désaccords notamment sur le statut d’autonomie. Il affirme ne pas être hostile à la réforme constitutionnelle, défend une réforme « applicable » et un statut fiscal adapté, mais refuse l’octroi d’un pouvoir normatif. Il demande aux électeurs de juger son action et sa capacité à défendre la Corse.
Face à lui, le candidat nationaliste, Jean Giuseppi, réussit également le pari de l’unité, en rassemblant derrière lui l’ensemble du camp nationaliste. Soutenu par la majorité territoriale, par Core in Fronte, le PNC et l’Indépendantiste leader de l’opposition ajaccienne, Jean-Paul Carrolaggi, le maire de Figari espère agréger aussi les grands électeurs du camp progressiste. Se présentant comme une alternative claire au sénateur sortant, il appelle à une convergence des forces de progrès pour défendre le statut d’autonomie de la Corse avec l’octroi d’un vrai pouvoir législatif, mais aussi le bloc communal et l’équilibre territorial. Il s’oppose également au sénateur sortant sur la métropolisation que réclame la droite ajaccienne. Il devrait, au vu du nombre de grands électeurs nationalistes, réussir à faire une belle élection.
A peine élu délégué territorial du Rassemblement national en Corse, Christophe Versini, s’est aussitôt lancé dans la bataille sous l’étiquette RN - Unione di i Patriotti, une alliance entre le RN, Mossa Palatina de Nicolas Battini et l'UDR d'Éric Ciotti. Ne pouvant guère compter que sur une poignée de grands électeurs, l’enjeu, pour lui, est d’abord d’incarner le nouveau visage du RN dans l’île, après l’éviction de son prédécesseur François Filoni pour cause « de désaccords profonds ». Il s’agit aussi de surfer sur la popularité de Marine Le Pen pour intensifier l’enracinement du parti d’Extrême-droite dans l’île et de préparer les futures échéances présidentielles et législatives. Concernant le projet de réforme constitutionnelle, il plaide pour une « autonomie raisonnée », basée sur « la priorité régionale en matière d’emploi, de logement et de foncier ».
Egalement dans la course, René Perès, un candidat totalement inattendu et atypique, issu de la société civile. Jamais encarté dans un parti, ce chef d'entreprise à la retraite, originaire de Peri, entend mettre son expérience au service des communes. Favorable au projet de révision constitutionnelle, il promet de voter le texte dans sa rédaction actuelle. Dans cette élection très politisée, mais aussi très personnalisée, il lui sera difficile de faire entendre sa voix.
Un duel sans suspense
En Haute-Corse, le duel entre le sénateur sortant, Paulu Santu Parigi, et son unique adversaire, Nicolas Battini, offre peu de suspense. L’élu de Femu a Corsica, soutenu par l’ensemble de la famille nationaliste, PNC compris, est assuré de gagner son second mandat et devrait largement rassembler dimanche prochain, bien au-delà de sa famille politique et du camp progressiste. Fort d’un profond engagement sur le terrain et d’une vraie proximité avec les élus locaux, il entend incarner la continuité, porter la reconnaissance du peuple corse et de ses droits, et défendre la voix des communes dans une démarche de rassemblement. Son objectif : convaincre un Sénat jacobin de voter le statut d’autonomie de la Corse et l’octroi du pouvoir législatif.
Face à lui, son ancien attaché parlementaire, Nicolas Battini, leader de Mossa Palatina, se présente sous la bannière d'Unione di i Patriotti. Comme pour son collègue de Corse-du-Sud, l’enjeu est surtout d’inscrire cette coalition dans le paysage politique corse, de « sédimenter » les votes engrangés aux municipales dans le périurbain et d’accroître sa visibilité dans la ruralité, notamment en vue des prochaines échéances électorales, notamment les futures législatives où il sera candidat. Il devrait bénéficier de l’absence de candidat libéral, d’autant qu’il a pour suppléante une conseillère municipale d’opposition de Biguglia. Quelques maires de droite se sont déjà positionnés en sa faveur. Malgré l’activisme de leaders locaux LR, aucun élu de droite – et c’est une première - n’a voulu s’engager dans une élection qui semblait jouer d’avance. Cela augure-t-il d’autres rapprochements électoraux, jusque-là tant décriés entre le RN et les LR ? Dimanche, le décompte des voix devrait être fort instructif.
N.M.
