La CGT de la Corsica Linea dépose un préavis de grève de 48 heures à compter du 29 septembre

Written on 09/23/2026
MP

La CGT des marins de Marseille a déposé un préavis de grève de 48 heures reconductible à compter du mardi 29 septembre. Le syndicat dénonce notamment le projet d’affrètement du Massalia, navire de La Méridionale, sur les lignes de la DSP entre Marseille et Propriano et L’Île-Rousse, qui entraînerait selon lui la suppression de 90 emplois en CDI.

 Un nouveau mouvement social se profile chez Corsica Linea. La CGT des marins de Marseille appelle en effet l’ensemble des équipages à cesser le travail à compter du mardi 29 septembre à 8 heures, pour une durée de 48 heures. Un préavis de grève qui pourra ensuite être reconduit de 24 heures en 24 heures et qui doit concerner « tous les ports de la continuité territoriale ainsi que Toulon, Nice et Marseille », mais également les autres destinations desservies par la compagnie. 

Au cœur de la colère du syndicat, une décision qui concerne directement la desserte de la Corse. La CGT affirme avoir été informée du choix d’affréter le Massalia, navire de La Méridionale, avec ses équipages, afin de l'exploiter sur les lignes de service public entre Marseille et Propriano et Marseille et L’Île-Rousse. Le navire viendrait ainsi remplacer le Vizzavona de Corsica Linea et ses équipages sur ces deux lignes attribuées à la compagnie. 
Une perspective que la CGT assure lourde de conséquences sur le plan social. Selon ses calculs, la sortie du Vizzavona de la flotte entraînerait « la perte immédiate de 90 équivalents temps plein annuels CDI », auxquels le syndicat ajoute des CDD de remplacement et saisonniers, ainsi que des répercussions sur les possibilités de promotion et d'avancement au sein de Corsica Linea. 
 
Mais derrière ce préavis, c'est aussi un dossier beaucoup plus large que la CGT entend remettre sur la table. Depuis plusieurs mois, le syndicat demande à Corsica Linea et La Méridionale de renforcer leur coopération, notamment en développant ensemble de nouvelles liaisons entre la France et l'Algérie. Dans une contribution remise aux médiateurs dès le mois de février, il alertait déjà sur la concurrence exercée, selon lui, par les compagnies sous pavillon international italien et réclamait la mise en place d'un programme commun supplémentaire vers l'Algérie. 
 
Une demande réitérée au mois de mai dans un courrier commun adressé aux présidents des deux compagnies. La CGT y appelait Corsica Linea et La Méridionale à parvenir à un « programme supplémentaire commun annuel de flotte » avec les compagnies algériennes, en complément des dessertes existantes depuis Marseille. Elle demandait parallèlement aux deux armateurs de défendre auprès de la Collectivité de Corse une régulation de la desserte maritime de service public. 
 
Une médiation engagée depuis plusieurs mois
 
Le dossier a depuis fait l'objet d'une médiation au niveau national. Une réunion de restitution s'est notamment tenue le 22 juin à Montpellier autour des enjeux du transport maritime de passagers en Méditerranée. Quelques jours plus tard, la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga, et le président du port de Sète, Philippe Malagola, avaient écrit au ministre des Transports pour demander la mise en place d'une régulation des escales vers l'Algérie au départ de Sète, tout en réaffirmant leur attachement à l'emploi maritime sous pavillon français de premier registre.  Dans sa réponse, Philippe Tabarot avait assuré que l'objectif était d'aboutir à un nombre de liaisons permettant de préserver « un équilibre entre l'offre et la demande, sans fragiliser le pavillon maritime français de premier registre ». Le ministre avait également demandé la tenue à la rentrée d'un comité associant les médiateurs afin « d'identifier des solutions de court terme ».  Une réunion que la CGT réclame désormais sans attendre. 
 
Parmi les motifs de son préavis de grève, la CGT des marins de Marseille demande donc la convocation du comité de suivi de la médiation,  la mise en œuvre d'un programme supplémentaire entre Sète et les ports algériens, mais souhaite également que soit étudiée l'intégration des navires neufs de Corsica Linea dans la société d'économie mixte votée par l'Assemblée de Corse en 2017, réclame une exemption de la taxe carbone européenne ETS sur les lignes relevant des OSP-DSP et demande à l'État de garantir le financement des délégations de service public Corse-continent jusqu'à leur terme en 2030.  La CGT exige enfin que soit abandonné l'affrètement du Massalia sur les lignes Marseille-Propriano et Marseille-L'Île-Rousse. Dans le courrier accompagnant son préavis, elle va jusqu'à dénoncer une « entente illicite » entre les actionnaires de Corsica Linea et CMA CGM, qu'elle estime contraire à l'emploi maritime sous pavillon français.