À Bastia, Jeanne d’Arc cultive son héritage et attire toujours plus d’élèves

Written on 09/21/2026
Christophe Giudicelli

Depuis 1898, l’établissement privé catholique Jeanne d’Arc fait partie du paysage scolaire bastiais. Entre héritage religieux, tradition familiale et recherche de réussite scolaire, l’établissement continue d’attirer : 780 élèves y ont fait leur rentrée en 2026, contre 705 trois ans plus tôt.

À Bastia, Jeanne d’Arc cultive son héritage et attire toujours plus d’élèves

L'enthousiasme des plus jeunes élèves s'eprime autour de l'évêque de l'église de Corse

                                                                (Photos Gérard Baldocchi)

Si Jeanne d’Arc est avant tout l’une des plus grandes héroïnes de la guerre de Cent Ans, puis sainte de l’Église catholique et figure historique qui a porté l’actrice corse Renée Falconetti au rang d’icône du cinéma mondial, dans la tête de plusieurs générations de Bastiais et de Corses, c’est aussi l’école, le collège et le lycée dans lesquels ils ont passé toute leur jeunesse.

L’établissement privé catholique bastiais, situé boulevard Danesi, fondé en 1898 par la congrégation Saint-Joseph de Lyon, marque depuis plus de 120 ans l’histoire de l’enseignement sur l’île : « Un établissement avec un lourd héritage historique », raconte José Massei, le chef d’établissement, pour qui l’histoire se ressent à travers les murs de l’imposante bâtisse : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Américains avaient pris place ici. On y retrouve encore les cartes. On a eu une messe chantée en anglais. »
Si, à sa création, l’enseignement était assuré par des religieuses et religieux, « dans les années 70, les premiers professeurs laïcs ont commencé à enseigner pour finalement composer l’entièreté du corps enseignant, payé par l’Éducation nationale, et suivre le programme », explique José Massei. Pour autant, Jeanne d’Arc, où la rentrée s'est effectuée récemment en présence du cardinal François Bustillo (nos photos) ne s’est pas coupé de sa culture catholique : « On a une aumônerie, un enseignement de culture religieuse, on fait les communions. On anime une pastorale… Des élèves viennent parler avec des professeurs d’histoire et de philosophie. Mais tout cela est facultatif », rappelle le chef d’établissement, pour qui l’atmosphère des lieux et l’histoire sont aussi propices à un certain apaisement, très favorable à l’apprentissage de toutes les matières.

À Bastia, Jeanne d’Arc cultive son héritage et attire toujours plus d’élèves

La bénédiction du cardinal

Si tous les élèves ne sont pas croyants ni pratiquants, ni même de confession catholique, Jeanne d’Arc attire de plus en plus de monde chaque année : 780 élèves pour la rentrée 2026, contre 705 en 2023. « Nous avons beaucoup de demandes en seconde », relève le chef d’établissement. Quant à savoir si cela est dû à une médiatisation et à un regain du catholicisme sur l’île, c’est plus difficile à dire.
Pour autant « certaines familles aiment bien la présence de la foi catholique. Certains élèves vont à la messe une fois par mois, et certains vont prier avant les examens », explique José Massei, qui note aussi des parents dont les enfants sont confrères. Le chef d’établissement met aussi en avant une « tradition familiale » de parents et grands-parents passés par l’établissement.

À Bastia, Jeanne d’Arc cultive son héritage et attire toujours plus d’élèves

Un passage dans toutes les salles de classe

Des demandes d’inscription en hausse qu’il faut aussi regarder à la lumière de l’enseignement proposé par l’établissement privé, souvent vu dans les esprits comme de meilleure qualité que le public. « On doit attirer les élèves. On a des stages de réussite l’été. On fait des bacs blancs toute l’année en première et en terminale, tous les mercredis. » José Massei le répète, en tant qu’établissement privé « on doit offrir plus », avec la « volonté de réussite et de conserver notre sérieux ». Un travail du quotidien pour l’équipe pédagogique. « Ici, on est plus dans une famille, quatre classes par niveau, contrairement à une dizaine dans certains établissements. »

Contrairement à des établissements privés et même publics de l’île, Jeanne d’Arc n’a pas fait le choix de l’uniforme : « Ce n’est pas dans notre culture », avance José Massei, pour qui ce n’est pas à l’ordre du jour, avec la possibilité d’ouvrir, pourquoi pas, une réflexion avec tout le monde.

José Massei (3e à partir de la gauche), le chef d'établissement de Jeanne d'Arc a accueilli récemment le cardinal Bustillo