A Fiera di Portivechju : un chapiteau et mille façons de (savoir) faire

Written on 09/19/2026
Julien Castelli

A Fiera di Portivechju a ouvert ses portes ce vendredi matin pour trois jours. Entre producteurs fidèles au rendez-vous depuis plusieurs décennies, jeunes artisans venus y chercher un premier coup de projecteur et stands aux univers très variés, les allées commencent à prendre vie avant le grand afflux attendu ce week-end.

Elisabeth tend le bras pour récupérer les pâtisseries qu'elle vient d'acheter à Pauline (au centre), sa pâtissière favorite.

Ne conseillez jamais un pâtissier à Elisabeth, elle n’ira jamais le voir. Cette Porto-Vecchiaise ne jure que par les Sucreries de Pauline, qu’elle suit dans tous les marchés. Mieux, Pauline et Elisabeth habitent le même village à Murateddu, et il est déjà arrivé qu’Elisabeth aille se réapprovisionner en gâteaux à la source, chez la pâtissière ! Alors, en ce vendredi après-midi, Elisabeth n’a pas tardé à rendre une petite visite à Pauline sur son stand de la foire : « Franchement, c’est très bon. Et c’est artisanal. Pauline fait tout elle-même. » La pâtissière est ravie de retrouver sa cliente dévouée et d’une manière générale, c’est ce contact humain qu’elle affectionne sur les marchés : « C’est un plaisir de rencontrer des personnes de proximité. » A la Fiera, Pauline embarque avec elle sa vitrine positive, soit un frigo dans lequel elle peut exposer ses pâtisseries les plus fraîches, telles que des tartes au citron meringuées : « Sur les marchés, je ne la prends pas avec moi. Mais ici, à la foire, je reste trois jours, alors ça vaut la peine. »

"Trente ans qu'on vient ici"

En ce vendredi après-midi, la foule tarde à affluer, se réservant généralement pour le week-end. Pour tuer le temps, des exposants jouent au carte, ou piquent un court somme sur un transat. « Il fait chaud », souffle Jean-Michel Grimaldi D’Esdra, dont l’épouse Hortense a donné son prénom à l’Or d’Hortense, marque bien connue des fondus de miel corse. Ce couple d’apiculteurs prend de l’âge, limitant de plus en plus leurs déplacements. Mais pour rien au monde ils n’auraient manqué a Fiera di Portivechju, eux qui viennent pourtant de Castifao : « C’est sur trois jours, donc ça va. Et puis on a de la famille ici, on en profite pour les voir. » Hortense et Jean-Michel sont des habitués : « Ca fait trente ans qu’on vient ici. » Ils ont connu la Fiera dans sa précédente mouture, quand elle avait lieu au même moment que le rallye. Et reviennnent à chaque nouvelle édition depuis.

 

A Fiera di Portivechju : un chapiteau et mille façons de (savoir) faire

A Fiera di Portivechju se poursuit ces samedi et dimanche, sur le parking Nord d'Auchan à Porto-Vecchio. L'entrée est gratuite.

S’il y a les habitués, il y a aussi les nouveaux, comme François-Marie Scelo, qui expose pour la première fois à la Fiera. Ce trentenaire, originaire de Porto-Vecchio, s’est lancé récemment dans la fabrication de canistrelli . Il tenait absolument à avoir un emplacement, et a fait le forcing auprès du président de la Fiera, Jean-Baptiste Lucchetti : « Je l’ai appelé quelques fois dans l’été. Si je dois faire qu’une seule foire, ça doit être a Fiera di Portivechju. C’est chez moi ici... » Jean-Baptiste Lucchetti n’a pas hésité une seconde : « La foire, c’est toujours un tremplin pour ceux qui démarrent. »

Poudres de perlimpinpin

Entre 75 à 80 exposants ont obtenu un emplacement sous le chapiteau. On y retrouve bien sûr les stars du terroir insulaire, entre producteurs de charcuterie et de fromage, triés sur le volet par Jean-Baptiste Lucchetti. Et ce qui frappe en cheminant dans les allées, c’est de voir la diversité des stands : huiles d’olive, noisettes de Cervione, digestifs, sauces pimentées, saveurs orientales… Il y en a pour tous les goûts. Hors alimentaire aussi, avec des produits cosmétiques, appliques lumineuses ou autres bijoux artisanaux. Nathalie Istria nous invite à ouvrir le Grimoire du dragon : sur son stand, des flacons joliments ornementés, qui contiennent des poudres colorées : «
On est dans le domaine du décoratif, pose d’emblée la Bonifacienne. Mais ces objets ont aussi une portée spirituelle, dans la compréhension de la nature et de la connexion aux autres. On est dans la positivité et la bienveillance. » D’ailleurs, elle ne manque pas d’appliquer sa potion magique à elle-même : « J’étais au marché de Lecci cette semaine, et j’ai fait la promotion de la foire auprès des touristes, pour qu’ils viennent. »

A Fiera di Portivechju se poursuit ces samedi et dimanche, sur le parking Nord d'Auchan à Porto-Vecchio. L'entrée est gratuite.