Après plusieurs mois marqués par de faibles précipitations et des températures supérieures aux normales, la ressource en eau reste sous forte tension en Haute-Corse. En Plaine orientale, le niveau d’alerte est relevé et de nouvelles restrictions s’appliquent désormais aux agriculteurs comme aux particuliers.
La sécheresse continue de mettre les ressources en eau de la Haute-Corse sous pression. Réuni ce mercredi matin à Bastia sous la présidence de Véronique Deprez-Boudier, préfète du département, le comité de ressources en eau a fait le point sur une situation qui reste particulièrement tendue après plusieurs mois de faibles précipitations et de fortes chaleurs. Une tension particulièrement marquée en Plaine orientale, où les restrictions vont être durcies avec un passage en alerte renforcée. « Depuis le printemps sec et chaud que nous avons eu, on continue sur cette tendance avec des températures qui restent supérieures à la moyenne de trois à quatre degrés par rapport aux moyennes comparables de la saison », explique la préfète. « La ressource en eau est extrêmement sous tension parce qu'il ne pleut quasiment pas, et les pluies de l'été ne rechargent jamais les nappes. On a une zone particulièrement sous tension, c'est celle de la Plaine orientale, parce qu'on a un besoin important des agriculteurs pour lesquels toutes les récoltes ne sont pas encore faites, notamment les agrumiculteurs qui vont avoir besoin de mobiliser de la ressource en eau. »
Concrètement, ce passage en alerte renforcée entraîne de nouvelles restrictions pour les différents usagers. Pour les agriculteurs, deux jours sans irrigation sont désormais imposés, contre un auparavant. Pour les particuliers, « l’arrosage des potagers n’est plus possible que la nuit de 20 heures à 8 heures ». « Le remplissage des piscines ou l’arrosage des pelouses ne sont quant à eux plus possibles du tout », précise Véronique Deprez-Boudier. « C’est un effort conjoint et partagé que nous devons faire. » Ces nouvelles mesures feront l’objet de contrôles, menés par l’Office français de la biodiversité et la Direction départementale des territoires. Aucun écart aux restrictions n’a été relevé au cours de la semaine écoulée, selon la préfecture. Les contrôles se poursuivront toutefois dans les prochains jours.
Selon les services de l’État, ces mesures sont prises pour éviter que la situation ne se dégrade davantage. « En Plaine orientale par exemple, le barrage de Sampolo est en limite, et on sait que désormais, on ne bénéficiera malheureusement plus des ressources de ce barrage. Ça ne veut pas dire qu'on n'a plus d'eau, ça veut simplement dire qu'au moment où on se parle, si on ne faisait rien, nous n'aurions plus d'eau d'ici trois semaines. »
Sur le reste de la Haute-Corse, le niveau d’alerte reste inchangé. La consommation demeure « plus élevée que les années précédentes, sûrement à cause des températures élevées », mais la situation ne s’est pas davantage dégradée au cours de la dernière semaine. « S'agissant des cours d'eau, on est sur une situation qui reste très comparable à celle de la semaine dernière, ce qui nous conduit à maintenir l'alerte, parce qu’on est toujours en situation de sécheresse », précise la préfète. « On se satisfait, entre guillemets, du fait que la situation n'évolue pas de manière plus défavorable sur l'ensemble du département, mais on reste en extrême tension sur la ressource en eau. C'est une ressource rare, et on appelle à des usages raisonnables et responsables. On ne remplit pas sa piscine, on n'arrose pas son jardin à 11 heures le matin. Les usages doivent être extrêmement vertueux s'agissant de l'eau. »
