Contestée par une partie des professionnels de Lisula, la redevance spéciale appliquée à la collecte des déchets était au cœur d’une réunion avec le président de la communauté de communes, Lionel Mortini. Des erreurs de calcul vont être corrigées et la situation 2026 réexaminée. Une concertation doit désormais s’engager jusqu’à la fin de l’année pour construire la grille 2027.
La tension semble laisser place au dialogue. Après les interrogations et les mécontentements suscités par le montant de la redevance spéciale des déchets adressée cette année à certains socioprofessionnels, une réunion s’est tenue entre leurs représentants et le président de la communauté de communes, Lionel Mortini.
À l’origine de cette rencontre, notamment, Nicolas Albertini, conseiller municipal de L’Île-Rousse et lui-même socioprofessionnel. Alerté par plusieurs professionnels estimant leur redevance disproportionnée, il avait saisi par courrier le président de l’intercommunalité ainsi que la municipalité.
Une démarche qui a rapidement débouché sur cette réunion et, surtout, sur une volonté affichée de sortir de l’affrontement.
« Nous ne sommes pas contre le fait de payer. Ce n’est pas le sujet. Ce que nous demandons, c’est qu’il y ait une véritable justesse entre ce que chacun doit payer et la réalité de son activité », résume Nicolas Albertini.
Des erreurs reconnues et des correctifs annoncés
Au terme d’environ une heure d’échanges, les socioprofessionnels se disent satisfaits des réponses obtenues. L’un des principaux acquis concerne la campagne 2026, certaines situations vont être réexaminées et des corrections apportées lorsque des erreurs ont été constatées.
Lionel Mortini le reconnaît, les informations recueillies pour établir la nouvelle répartition n’ont pas toujours permis d’aboutir à une taxation correspondant à la situation réelle de chaque établissement.
« Il y a des erreurs, je les prends pour moi », assume le président de l’intercommunalité, qui annonce l’établissement d’un nouveau rôle avec des annulations partielles et des adaptations pour les professionnels concernés.
Il n’est toutefois pas question d’une suppression générale de la redevance. Le président rappelle que le service doit impérativement être équilibré et que l’intercommunalité doit parvenir à un produit attendu d’environ 1,2 million d’euros au titre de la redevance spéciale.
Selon Lionel Mortini, la nouvelle répartition a entraîné une hausse pour environ 800 professionnels tandis qu’environ 700 ont vu leur contribution diminuer. C’est donc davantage la manière dont la charge est répartie entre les différentes catégories d’activités qui doit désormais être retravaillée.
« Trouver un point d’équilibre »
Pour Nicolas Albertini, l’avancée majeure réside précisément dans l’ouverture de cette concertation.
« Aujourd’hui, nous avons pu discuter de façon très ouverte et trouver rapidement des solutions. Les réunions que nous aurons en septembre, octobre, novembre et décembre doivent nous permettre d’arriver à un point d’équilibre qui soit bon pour tout le monde », explique-t-il.
L’absence de concertation préalable avait été l’un des principaux reproches formulés par les socioprofessionnels après les décisions prises à la fin de l’année dernière. Cette fois, ils devraient être directement associés à la réflexion précédant le vote de la redevance spéciale 2027.
Lionel Mortini s’y engage. « Je vais leur passer la main et travailler avec l’ensemble des socioprofessionnels qui le souhaiteront pour voir comment parvenir à quelque chose de plus équilibré. »
Une ouverture saluée par Nicolas Albertini, qui insiste sur le changement de méthode. Les professionnels acceptent le principe d’une contribution au coût du service, mais veulent désormais pouvoir discuter de sa répartition avant son adoption.
Faire baisser la pression sur les ménages
Lionel Mortini replace également le débat dans une problématique plus large, celle du financement global de la collecte et du traitement des déchets.
Selon le président, l’équilibre recherché doit se situer autour de 60 à 65 % supportés par la fiscalité liée aux ordures ménagères et 35 à 40 % par la redevance spéciale des professionnels.
Il revendique parallèlement une baisse, pour la deuxième année consécutive, de la fiscalité pesant sur les ménages et entend poursuivre dans cette direction.
« Aujourd’hui, ces impôts sont trop élevés. Il faut laisser le maximum de pouvoir d’achat aux gens », estime-t-il.
Mais cette baisse suppose, selon lui, une responsabilisation accrue des producteurs professionnels de déchets, particulièrement dans la restauration et concernant les biodéchets.
Le président reconnaît que certains établissements jouent pleinement le jeu, mais estime que les efforts restent très inégaux. Il pointe notamment les dépôts effectués autour des conteneurs et le temps consacré par les agents à ramasser les déchets abandonnés plutôt qu’à assurer la collecte elle-même.
Le tri des professionnels également dans le viseur
Lionel Mortini a profité de la rencontre pour rappeler les contraintes auxquelles est confronté le service. En pleine saison estivale, explique-t-il, seuls douze agents sont mobilisés sur le terrain, avec l’objectif de maintenir des coûts de collecte aussi faibles que possible.
À cela s’ajoute l’augmentation du coût du traitement, notamment sous l’effet de la fiscalité nationale appliquée à l’enfouissement.
Pour le président de l’intercommunalité, la réduction de la facture passera nécessairement par une amélioration du tri et une diminution des volumes de déchets résiduels.
Il souhaite également disposer à terme d’un pouvoir de police permettant de sanctionner les manquements les plus manifestes. Celui-ci nécessite toutefois l’accord prévu par les textes avec les communes membres.
Une fois le dispositif opérationnel, Lionel Mortini prévient que les comportements les plus problématiques seront ciblés. « Ceux qui ne veulent vraiment pas faire le minimum, qui salissent les villes et les villages, ce sont eux qu’il faut faire payer davantage pour pouvoir, de notre côté, faire baisser la taxe pour tout le monde. »
Les points d’apport volontaire également discutés
La réunion a dépassé la seule question de la redevance spéciale. La récente suppression du point d’apport volontaire situé face à La Poste de Lisulaa également été évoquée, certains professionnels s’interrogeant notamment sur les conséquences pour les personnes âgées ou rencontrant des difficultés de déplacement.
Lionel Mortini rappelle que toute suppression ou création de point est réalisée en concertation avec les communes. Il défend toutefois une évolution du modèle, moins de points, mais des sites mieux organisés et, lorsque cela est possible, des points d’apport encadrés par du personnel à certaines heures.
Selon lui, la présence d’un agent permet à la fois d’améliorer fortement la qualité du tri et de limiter les dépôts anarchiques.
Le président écarte en revanche l’idée d’un retour généralisé au porte-à-porte, qui nécessiterait selon lui l’achat de milliers de bacs supplémentaires et de nouvelles embauches. Des solutions spécifiques pourraient toutefois être envisagées pour les personnes isolées, âgées ou en situation de handicap réellement dans l’incapacité de se déplacer.
Une nouvelle méthode jusqu’au vote de 2027
Au-delà des désaccords initiaux, cette première réunion aura donc surtout permis de rétablir un dialogue.
Les professionnels obtiennent le réexamen des situations 2026 lorsqu’une anomalie est identifiée et, surtout, leur association à la préparation du dispositif 2027. L’intercommunalité, de son côté, maintient deux principes, le service des déchets doit rester financièrement équilibré et chacun doit contribuer en fonction des déchets qu’il produit.
D’ici décembre, plusieurs réunions doivent permettre de revoir les critères et la répartition de la redevance.
« Il ne faut pas politiser cette affaire. Il faut travailler intelligemment entre nous tous pour avoir une communauté la plus propre possible et être exemplaires dans le tri et le traitement des déchets »,conclut Lionel Mortini.
Après plusieurs semaines d’incompréhension, socioprofessionnels et intercommunalité semblent ainsi avoir trouvé un premier terrain d’entente, la facture ne disparaîtra pas, mais sa répartition sera remise sur la table.
À l’origine de cette rencontre, notamment, Nicolas Albertini, conseiller municipal de L’Île-Rousse et lui-même socioprofessionnel. Alerté par plusieurs professionnels estimant leur redevance disproportionnée, il avait saisi par courrier le président de l’intercommunalité ainsi que la municipalité.
Une démarche qui a rapidement débouché sur cette réunion et, surtout, sur une volonté affichée de sortir de l’affrontement.
« Nous ne sommes pas contre le fait de payer. Ce n’est pas le sujet. Ce que nous demandons, c’est qu’il y ait une véritable justesse entre ce que chacun doit payer et la réalité de son activité », résume Nicolas Albertini.
Des erreurs reconnues et des correctifs annoncés
Au terme d’environ une heure d’échanges, les socioprofessionnels se disent satisfaits des réponses obtenues. L’un des principaux acquis concerne la campagne 2026, certaines situations vont être réexaminées et des corrections apportées lorsque des erreurs ont été constatées.
Lionel Mortini le reconnaît, les informations recueillies pour établir la nouvelle répartition n’ont pas toujours permis d’aboutir à une taxation correspondant à la situation réelle de chaque établissement.
« Il y a des erreurs, je les prends pour moi », assume le président de l’intercommunalité, qui annonce l’établissement d’un nouveau rôle avec des annulations partielles et des adaptations pour les professionnels concernés.
Il n’est toutefois pas question d’une suppression générale de la redevance. Le président rappelle que le service doit impérativement être équilibré et que l’intercommunalité doit parvenir à un produit attendu d’environ 1,2 million d’euros au titre de la redevance spéciale.
Selon Lionel Mortini, la nouvelle répartition a entraîné une hausse pour environ 800 professionnels tandis qu’environ 700 ont vu leur contribution diminuer. C’est donc davantage la manière dont la charge est répartie entre les différentes catégories d’activités qui doit désormais être retravaillée.
« Trouver un point d’équilibre »
Pour Nicolas Albertini, l’avancée majeure réside précisément dans l’ouverture de cette concertation.
« Aujourd’hui, nous avons pu discuter de façon très ouverte et trouver rapidement des solutions. Les réunions que nous aurons en septembre, octobre, novembre et décembre doivent nous permettre d’arriver à un point d’équilibre qui soit bon pour tout le monde », explique-t-il.
L’absence de concertation préalable avait été l’un des principaux reproches formulés par les socioprofessionnels après les décisions prises à la fin de l’année dernière. Cette fois, ils devraient être directement associés à la réflexion précédant le vote de la redevance spéciale 2027.
Lionel Mortini s’y engage. « Je vais leur passer la main et travailler avec l’ensemble des socioprofessionnels qui le souhaiteront pour voir comment parvenir à quelque chose de plus équilibré. »
Une ouverture saluée par Nicolas Albertini, qui insiste sur le changement de méthode. Les professionnels acceptent le principe d’une contribution au coût du service, mais veulent désormais pouvoir discuter de sa répartition avant son adoption.
Faire baisser la pression sur les ménages
Lionel Mortini replace également le débat dans une problématique plus large, celle du financement global de la collecte et du traitement des déchets.
Selon le président, l’équilibre recherché doit se situer autour de 60 à 65 % supportés par la fiscalité liée aux ordures ménagères et 35 à 40 % par la redevance spéciale des professionnels.
Il revendique parallèlement une baisse, pour la deuxième année consécutive, de la fiscalité pesant sur les ménages et entend poursuivre dans cette direction.
« Aujourd’hui, ces impôts sont trop élevés. Il faut laisser le maximum de pouvoir d’achat aux gens », estime-t-il.
Mais cette baisse suppose, selon lui, une responsabilisation accrue des producteurs professionnels de déchets, particulièrement dans la restauration et concernant les biodéchets.
Le président reconnaît que certains établissements jouent pleinement le jeu, mais estime que les efforts restent très inégaux. Il pointe notamment les dépôts effectués autour des conteneurs et le temps consacré par les agents à ramasser les déchets abandonnés plutôt qu’à assurer la collecte elle-même.
Le tri des professionnels également dans le viseur
Lionel Mortini a profité de la rencontre pour rappeler les contraintes auxquelles est confronté le service. En pleine saison estivale, explique-t-il, seuls douze agents sont mobilisés sur le terrain, avec l’objectif de maintenir des coûts de collecte aussi faibles que possible.
À cela s’ajoute l’augmentation du coût du traitement, notamment sous l’effet de la fiscalité nationale appliquée à l’enfouissement.
Pour le président de l’intercommunalité, la réduction de la facture passera nécessairement par une amélioration du tri et une diminution des volumes de déchets résiduels.
Il souhaite également disposer à terme d’un pouvoir de police permettant de sanctionner les manquements les plus manifestes. Celui-ci nécessite toutefois l’accord prévu par les textes avec les communes membres.
Une fois le dispositif opérationnel, Lionel Mortini prévient que les comportements les plus problématiques seront ciblés. « Ceux qui ne veulent vraiment pas faire le minimum, qui salissent les villes et les villages, ce sont eux qu’il faut faire payer davantage pour pouvoir, de notre côté, faire baisser la taxe pour tout le monde. »
Les points d’apport volontaire également discutés
La réunion a dépassé la seule question de la redevance spéciale. La récente suppression du point d’apport volontaire situé face à La Poste de Lisulaa également été évoquée, certains professionnels s’interrogeant notamment sur les conséquences pour les personnes âgées ou rencontrant des difficultés de déplacement.
Lionel Mortini rappelle que toute suppression ou création de point est réalisée en concertation avec les communes. Il défend toutefois une évolution du modèle, moins de points, mais des sites mieux organisés et, lorsque cela est possible, des points d’apport encadrés par du personnel à certaines heures.
Selon lui, la présence d’un agent permet à la fois d’améliorer fortement la qualité du tri et de limiter les dépôts anarchiques.
Le président écarte en revanche l’idée d’un retour généralisé au porte-à-porte, qui nécessiterait selon lui l’achat de milliers de bacs supplémentaires et de nouvelles embauches. Des solutions spécifiques pourraient toutefois être envisagées pour les personnes isolées, âgées ou en situation de handicap réellement dans l’incapacité de se déplacer.
Une nouvelle méthode jusqu’au vote de 2027
Au-delà des désaccords initiaux, cette première réunion aura donc surtout permis de rétablir un dialogue.
Les professionnels obtiennent le réexamen des situations 2026 lorsqu’une anomalie est identifiée et, surtout, leur association à la préparation du dispositif 2027. L’intercommunalité, de son côté, maintient deux principes, le service des déchets doit rester financièrement équilibré et chacun doit contribuer en fonction des déchets qu’il produit.
D’ici décembre, plusieurs réunions doivent permettre de revoir les critères et la répartition de la redevance.
« Il ne faut pas politiser cette affaire. Il faut travailler intelligemment entre nous tous pour avoir une communauté la plus propre possible et être exemplaires dans le tri et le traitement des déchets »,conclut Lionel Mortini.
Après plusieurs semaines d’incompréhension, socioprofessionnels et intercommunalité semblent ainsi avoir trouvé un premier terrain d’entente, la facture ne disparaîtra pas, mais sa répartition sera remise sur la table.
