Il y a des soirées où rien ne va. Pour le Sporting Club de Bastia, celle de vendredi en fait incontestablement partie. Une défaite 2-0 face au Puy-en-Velay pour commencer la saison, un stade Armand-Cesari désespérément vide en raison du huis clos et, pour les supporters condamnés à suivre cette première journée devant leur écran, une retransmission télévisée qui avait parfois tout d’un retour en arrière.
Bienvenue en Ligue 3.
Sportivement, il n’y a évidemment pas grand-chose à discuter. Le Sporting a raté son entrée dans ce nouveau championnat et Le Puy a su en profiter pour s’imposer 2-0 à Furiani.
Mais le fiasco de la soirée ne s’est pas limité au terrain.
Puisque les portes d’Armand-Cesari étaient fermées au public, la télévision constituait cette fois le seul lien entre le Sporting et l'immense majorité de ses supporters. On pouvait donc espérer que ce premier rendez-vous de la toute nouvelle Ligue 3 bénéficie d’un traitement audiovisuel digne d’un championnat que la Fédération française de football a voulu professionnaliser.
Ce ne fut pas vraiment le cas.
Plans beaucoup trop larges, joueurs parfois réduits à de petites silhouettes sur l’écran, image instable, suivi du ballon approximatif : il fallait par moments une bonne dose de bonne volonté pour rester plongé dans la rencontre.
Et c’est précisément là que le problème dépasse largement le seul cas bastiais.
Car la Ligue 3 n’est plus le vieux National que l’on filmait presque par obligation avant de déposer les images quelque part sur Internet. La FFF a voulu créer un véritable troisième championnat professionnel français, avec 18 clubs, 34 journées et une exposition télévisée renforcée. Ligue 1+ en est devenue le diffuseur exclusif et doit retransmettre l’intégralité de la compétition.
Sur le papier, l’ambition était même clairement affichée. La LFP promettait une couverture permettant de renforcer « la visibilité et la valorisation » du football professionnel français et présentait son dispositif comme une couverture « complète et immersive ».
Vendredi soir, depuis Furiani, l’immersion était surtout à chercher avec des jumelles.
On pourra toujours expliquer qu’il s’agit de la troisième division. Que les moyens ne sont évidemment pas ceux de la Ligue 1. Que diffuser neuf rencontres d’une même journée représente un coût. Tout cela est vrai.
Mais ce n’est pas une excuse suffisante.
Car lorsque l’on décide de professionnaliser une compétition, on ne peut pas la présenter au public avec une réalisation donnant parfois le sentiment de regarder une captation technique plutôt qu’une retransmission sportive. La télévision n’est pas un accessoire du projet Ligue 3 : elle en est l’un des éléments essentiels.
C’est même probablement une condition de sa réussite.
Des clubs comme Bastia, Caen, Valenciennes, Rouen, Amiens ou Cannes demain peut-être portent une histoire, un public et une audience qui dépassent largement les frontières de leur ville. La Ligue 3 peut devenir un championnat populaire, suivi et identifiable. Encore faut-il donner envie de le regarder.
Et pour cela, il faut voir le ballon.
Cela paraît élémentaire.
Cette première journée doit donc servir d’avertissement. À la FFF comme à Ligue 1+. Il faut rapidement revoir le dispositif de captation, les angles, la stabilité des images et, plus généralement, les standards minimums exigés pour la retransmission de ces rencontres.
La Ligue 3 mérite mieux. Pas parce qu’elle serait la Ligue 1. Justement parce qu’elle ne l’est pas.
Elle doit construire son public, installer son image et convaincre que cette professionnalisation n’est pas seulement un changement de nom posé sur l’ancien National.
À Bastia, vendredi soir, les supporters avaient déjà été privés de stade. Ils n’avaient certainement pas besoin d’être également privés d’une partie du spectacle par leur télévision.
Pour le Sporting, il faudra se reprendre sur le terrain.
Pour la FFF et Ligue 1+, il faudra aussi sérieusement revoir la copie.
Et vite.
Mais le fiasco de la soirée ne s’est pas limité au terrain.
Puisque les portes d’Armand-Cesari étaient fermées au public, la télévision constituait cette fois le seul lien entre le Sporting et l'immense majorité de ses supporters. On pouvait donc espérer que ce premier rendez-vous de la toute nouvelle Ligue 3 bénéficie d’un traitement audiovisuel digne d’un championnat que la Fédération française de football a voulu professionnaliser.
Ce ne fut pas vraiment le cas.
Plans beaucoup trop larges, joueurs parfois réduits à de petites silhouettes sur l’écran, image instable, suivi du ballon approximatif : il fallait par moments une bonne dose de bonne volonté pour rester plongé dans la rencontre.
Et c’est précisément là que le problème dépasse largement le seul cas bastiais.
Car la Ligue 3 n’est plus le vieux National que l’on filmait presque par obligation avant de déposer les images quelque part sur Internet. La FFF a voulu créer un véritable troisième championnat professionnel français, avec 18 clubs, 34 journées et une exposition télévisée renforcée. Ligue 1+ en est devenue le diffuseur exclusif et doit retransmettre l’intégralité de la compétition.
Sur le papier, l’ambition était même clairement affichée. La LFP promettait une couverture permettant de renforcer « la visibilité et la valorisation » du football professionnel français et présentait son dispositif comme une couverture « complète et immersive ».
Vendredi soir, depuis Furiani, l’immersion était surtout à chercher avec des jumelles.
On pourra toujours expliquer qu’il s’agit de la troisième division. Que les moyens ne sont évidemment pas ceux de la Ligue 1. Que diffuser neuf rencontres d’une même journée représente un coût. Tout cela est vrai.
Mais ce n’est pas une excuse suffisante.
Car lorsque l’on décide de professionnaliser une compétition, on ne peut pas la présenter au public avec une réalisation donnant parfois le sentiment de regarder une captation technique plutôt qu’une retransmission sportive. La télévision n’est pas un accessoire du projet Ligue 3 : elle en est l’un des éléments essentiels.
C’est même probablement une condition de sa réussite.
Des clubs comme Bastia, Caen, Valenciennes, Rouen, Amiens ou Cannes demain peut-être portent une histoire, un public et une audience qui dépassent largement les frontières de leur ville. La Ligue 3 peut devenir un championnat populaire, suivi et identifiable. Encore faut-il donner envie de le regarder.
Et pour cela, il faut voir le ballon.
Cela paraît élémentaire.
Cette première journée doit donc servir d’avertissement. À la FFF comme à Ligue 1+. Il faut rapidement revoir le dispositif de captation, les angles, la stabilité des images et, plus généralement, les standards minimums exigés pour la retransmission de ces rencontres.
La Ligue 3 mérite mieux. Pas parce qu’elle serait la Ligue 1. Justement parce qu’elle ne l’est pas.
Elle doit construire son public, installer son image et convaincre que cette professionnalisation n’est pas seulement un changement de nom posé sur l’ancien National.
À Bastia, vendredi soir, les supporters avaient déjà été privés de stade. Ils n’avaient certainement pas besoin d’être également privés d’une partie du spectacle par leur télévision.
Pour le Sporting, il faudra se reprendre sur le terrain.
Pour la FFF et Ligue 1+, il faudra aussi sérieusement revoir la copie.
Et vite.
