À l’approche de la révision Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), l’association Acquasole lance une pétition pour défendre le développement de l’hydrogène en Corse. Selon ses initiateurs, cette solution permettrait d’anticiper la hausse des besoins énergétiques de l’île et de renforcer son autonomie.
L'association Acquasole plaide pour le développement d'une filière locale de production d'hydrogène vert à partir de l'énergie solaire (Photo d'illustration)
« On essaie de dire aux élus depuis des années qu’il faut vraiment se préoccuper du sujet de l’énergie parce qu’on va rapidement avoir d’énormes besoins qui ne seront pas comblés par les moyens actuels », affirme Georges Guironnet, président de l’association Acquasole, qui vient de lancer une pétition pour défendre le développement de nouvelles solutions de production locale, notamment autour de l’hydrogène.
Baptisée « Chjama pour le choix de l’autonomie énergétique de la Corse », cette initiative, qui réunit des signataires issus de différents horizons, vise à sensibiliser l’opinion publique et à interpeller les décideurs à l’approche de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le document chargé de fixer les grandes orientations du modèle énergétique de l’île pour les prochaines années.
Pour les initiateurs de cette démarche, le modèle actuel est « à la limite du black-out », avec une région qui « dépend à 85 % du pétrole importé et de l’Italie pour son énergie ». « On pense que les besoins vont être doublés dans les dix ans qui viennent et on n’aura pas l’électricité nécessaire pour satisfaire les besoins », indique Georges Guironnet, prenant pour exemple « l’augmentation de la population, du nombre de climatisations et de voitures électriques, la sortie du gaz avec 20 000 foyers qui vont passer à l'électricité ». Selon lui, certaines zones pourraient être particulièrement fragilisées, notamment la Balagne et la région ajaccienne, en raison de leur situation sur le réseau électrique et de l’augmentation des besoins lors des pics estivaux. « On ne pourra pas répondre à la demande. »
L’hydrogène comme solution proposée
Face à cette perspective, l’association défend le développement d’une production locale d’hydrogène vert, notamment grâce à l’énergie solaire, qui « permettrait d’avoir une production d’électricité avec des moyens en Corse et de créer beaucoup d’emplois au lieu d’importer énormément d'énergie comme on le fait actuellement ». L’hydrogène pourrait, selon lui, être utilisé pour plusieurs usages, comme l’alimentation des camions. « On parle beaucoup d'électricité l'été parce que la population augmente, mais la population augmente tout au long de l'année et on a des besoins électriques tout au long de l'année », détaille le président d’Acquasole. « La mobilité électrique va accélérer très vite, et on aura besoin de recharger les voitures mais aussi les camions, qui vont avoir de gros problèmes d'alimentation même en hiver parce que l'électricité ne sera pas disponible. L’hydrogène est un gaz trois fois plus puissant que l'essence, il nous permet d'avoir de l’énergie qu'on peut utiliser notamment pour faire marcher des moteurs, en particulier la mobilité lourde. »
Pour appuyer son propos, Georges Guironnet cite plusieurs exemples de développement de l’hydrogène dans des territoires insulaires, « qui ne sont pas reliés aux réseaux continentaux et où on rencontre des problèmes d’alimentation ». « C’est le cas au Japon, mais aussi en Sicile ou en Sardaigne, qui aura ses premiers trains à hydrogène cet hiver. Il y a des tas d'endroits où ça se développe très bien, y compris sur des îles très proches. » Avec cette pétition, Acquasole souhaite surtout peser dans les choix qui seront faits dans le cadre de la prochaine PPE de la Corse. « On milite pour que l'opinion publique ait conscience du problème, mais aussi pour demander aux élus et autres décideurs que ce sujet soit inclus dans la PPE, parce que la Collectivité de Corse a la faculté de décider. On aimerait que la production d’hydrogène soit inclue dans cette future PPE. »
