Ancien marin de la SNCM pendant quinze ans, Hervé Tusoli s’est reconverti dans la photographie, transformant une passion de longue date en activité professionnelle. En 2019, alors installé en Lorraine, il crée son entreprise. Revenu en Corse en 2023, il exerce depuis comme photographe polyvalent, passant d’un univers et d’un sujet à l’autre au gré des projets.
Une passion pour la photographie depuis toujours
Originaire de Bastia, Hervé Tusoli a d’abord fait carrière en mer. De 2000 à 2015, il a exercé comme marin à bord des bateaux de la SNCM, avant de s’installer en Lorraine. C’est là qu’il opère un tournant dans son parcours : en 2019, il crée son entreprise, Hervé Tusoli Photographie, et fait officiellement de sa passion son métier.
Cette envie le suivait depuis longtemps : « Moi, la photo, ça m’a toujours plu, j’ai alors essayé d’en faire mon métier », explique-t-il. De retour sur son île natale en 2023, il y poursuit son activité. Depuis, les sollicitations se multiplient peu à peu, tout comme les occasions de présenter son travail dans les médias.
Des journées sans routine
Le reste de la journée s’organise autour des séances photo et des rendez-vous professionnels : « Je fais tout, je suis multifonctions. Les journées ne se ressemblent pas. »
Un photographe multifonctions
Il évoque par ailleurs un attrait particulier pour l’aventure et l’adrénaline : « J’adore partir à l’aventure, j’adore les sports extrêmes, j’adore l’action. » Amateur de sport automobile, il a notamment couvert plusieurs rendez-vous majeurs : « J’ai fait sept fois le Grand Prix de Spa, les 24 Heures du Mans, je l’ai fait trois fois et le Grand Prix de Monaco, je l’ai fait six fois. » De retour en Corse, il poursuit dans cette voie : « Sur tous les rallyes en Corse, je suis là. On me connaît beaucoup en tant que photographe. »
La mer, héritage de ses quinze années de marin, reste également très présente dans son travail et fait régulièrement partie de ses sujets.
Hervé Tusoli cite néanmoins les couchers de soleil parmi ses images de prédilection, des instants plus calmes et reposants : « Mon coup de cœur, ce sont les couchers de soleil. J’aimerais faire une exposition de mes photos de couchers de soleil. »
Photographe au SIS 2B
Depuis septembre dernier, repéré par le lieutenant-colonel Thierry Nutti, il est officier expert au SIS 2B, où il est chargé de réaliser des photos pour la communication du service.
Concernant son travail au plus près des flammes, il indique ne ressentir aucune inquiétude particulière : « Je n’ai aucune appréhension, j’ai confiance aux pompiers. Je les remercie énormément parce qu’avec tout ce qu’ils font, on oublie parfois de les féliciter, de les remercier. »
Parmi ses prises de vue, il retient en particulier celle des Canadair dans la fumée, au-dessus de Biguglia, reprise par plusieurs journaux. « C’était la première fois que j’intervenais dans un incendie. Être au milieu avec eux, je me suis senti pompier. Même si je n’éteignais pas le feu, je me suis senti fier de moi. » Il nuance toutefois ce sentiment face à la réalité du terrain : « Ça m’a rendu triste de voir cet incendie, de voir ces flammes. Avec tout ce qui se passe avec les incendies en ce moment, ça me rend malade. »
Un apprentissage autodidacte
Hervé Tusoli n’a suivi aucune formation initiale en photographie. « J’ai appris tout seul avec des tutos et sur le terrain », explique-t-il. « Je ne connais pas tout, je ne sais pas tout de la photo, parce qu’on en apprend tous les jours », précise-t-il, tout en revendiquant une certaine fierté quant au chemin parcouru : « Au moins, je suis quand même fier de moi, de ce que je fais. »
Un apprentissage autodidacte qui ne l’empêche pas d’être particulièrement attentif aux délais de livraison : « Moi, j’aime bien la perfection. Des gens me disent parfois qu’ils ont attendu un mois pour avoir leurs photos ailleurs. Moi, généralement, au bout de 4-5 jours, une semaine grand maximum, la photo est livrée. » Il a récemment investi dans un drone afin d’élargir ses possibilités de prises de vue et travaille avec du matériel Canon.
Hervé Tusoli voit également son audience progresser sur les réseaux sociaux : plus de 18 000 abonnés sur Facebook et plus de 5 000 sur Instagram. Une visibilité qui lui vaut aussi des sollicitations de médias. « Jamais je n’aurais pensé être interviewé un jour par TF1, RCFM ou même vous », confie-t-il. « Des fois, je me fais reconnaître dans la rue. Je ne cherche pas à devenir quelqu’un, je ne cherche pas à devenir une star, mais des fois ça fait plaisir qu’on reconnaisse mon travail. »
Un rythme de travail soutenu
Hervé Tusoli reconnaît lui-même s’imposer un rythme de travail intense : « J’essaie d’être partout, dès qu’il y a un événement, j’essaie d’y être. J’avoue que des fois je tire un peu sur la corde. » Il n’envisage cependant pas de ralentir : « Si je m’arrête, je vais m’ennuyer. Après, je déprime si je m’arrête. »
À ceux qui hésiteraient à se lancer dans la photographie, il adresse un message simple : « Faites votre passion, ne lâchez rien et faites ce que vous avez envie, foncez ! »


