Seule synagogue consistoriale de Corse, la synagogue Beth Meïr de Bastia a célébré, ce lundi 27 juillet, les 90 ans de son installation rue du Castagno. Une cérémonie anniversaire qui a réuni de nombreuses personnalités civiles, religieuses et institutionnelles, tout en mettant en lumière l'histoire de la communauté juive en Corse et les liens tissés avec l'île depuis plus d'un siècle.
La synagogue Beth Meïr de Bastia a célébré ce lundi 27 juillet ses 90 ans. 92, pour être plus précis, mais les anniversaires sonnent mieux avec un chiffre rond ! Pour l'occasion, la toute petite synagogue bastiaise, installée rue du Castagno depuis près d'un siècle, a vu les choses en grand.
Élie Korchia, président du Consistoire israélite de France, a fait le déplacement pour être aux côtés de Gérard Levi, qui est à la tête de l'Association cultuelle israélite de Corse. Gilles Simeoni, le maire de Bastia, accompagné des élus insulaires et des représentants de l'État, était également présent, tout comme le cardinal François-Xavier Bustillo pour le culte catholique, mais aussi Mohamed Moutaoukel, consul général du Royaume du Maroc à Bastia.
Un parterre d'invités le plus large possible pour « garder cette maison ouverte, vivante et accueillante, qui est un lieu d'échange », a insisté dans son discours Gérard Levy, président de l'Association cultuelle israélite de Corse, qui a vanté ce monde méditerranéen qui a « vu naître tant de civilisations » et la Corse comme « une île qui nous rassemble ».
Un accueil qui est justement à l'origine de la création de la synagogue Beth Meïr de Bastia en 1924. Cette dernière prend racine dans le prolongement des tensions que connaît l'Empire ottoman entre le XVIIIe siècle et la Première Guerre mondiale, explique Clémence Levy, secrétaire générale de l'association cultuelle : « Au moment de la Première Guerre mondiale, la Turquie demande aux Juifs français d'abandonner leur nationalité et les Américains demandent aux Français de les exfiltrer. »
744 hommes, femmes et enfants arrivent à Ajaccio en décembre 1915 : « où il y avait déjà une petite communauté. Certains sont repartis et d'autres sont remontés sur Bastia », raconte Clémence Levy, qui explique que parmi « cette première vague de voyageurs se trouvait Léon Tolédano, le frère du rabbin Meïr Tolédano ». Séduit par les récits venus de Corse, il viendra fonder la synagogue Beth Meir de Bastia en 1924. « Elle se trouvait rue de l'Indépendance, dont on ne sait plus où cela se trouvait, mais c'était vers les docks. On est aux alentours de 300 puis 800 personnes ! » C'est en 1934 que la communauté juive s'installe dans l'édifice actuel, rue du Castagno, qui n'est autre qu'un grand appartement. Ce qui fait la particularité de cette synagogue dans le plus pur style architectural des années 30.
La communauté juive bastiaise grandira et s'intégrera, explique Clémence Levy : « Ils apprennent le corse, fréquentent les écoles de la ville. » À la mort du rabbin, en 1970, « la communauté entre en déliquescence. Aujourd'hui, une dizaine de personnes fréquentent la synagogue durant les fêtes. », commente la secrétaire générale de l'Association cultuelle avant de rappeler que « discrétion n'est pas disparition. On est là depuis 92 ans. On a une double identité, à la fois corse et juive. »
Des propos qui seront repris par Gilles Simeoni, le maire de Bastia : « Ces Juifs vont devenir corses et bastiais. Ils vont franchir les murs, jouer dans les arbres, apprendre à parler et chanter corse. Ils vont rester profondément juifs en devenant des Corses. »
Un lien entre les deux communautés qui s'est largement exprimé durant la Seconde Guerre mondiale. Aucun Juif n'a été déporté depuis la Corse. Cette île des Justes, « celle d'hommes et de femmes qui n'ont jamais été tentés par la délation. Et cette phrase : "Chez nous, il n'y a pas de chrétien ni de juif, il y a avant tout des Corses." », a rappelé Élie Korchia, président du Consistoire, pour qui cela est « une mémoire qui est inscrite chez tous les Juifs de France et de Corse », mais aussi « une leçon d'espérance dans la période actuelle et un modèle de tolérance qu'on a ici, qu'on aimerait avoir un peu partout sur le continent ».
La communauté juive doit également beaucoup à un autre enfant de l'île, a indiqué Élie Korchia. Napoléon a fondé le Consistoire en 1808 pour administrer le culte juif : « Le judaïsme en France est un modèle unique au monde, avec ses 208 communautés réparties sur le territoire, dont cette communauté corse à Bastia » depuis 1964.
Aujourd’hui la synagogue bastiaise poursuit son travail de transmission.
Élie Korchia, président du Consistoire israélite de France, a fait le déplacement pour être aux côtés de Gérard Levi, qui est à la tête de l'Association cultuelle israélite de Corse. Gilles Simeoni, le maire de Bastia, accompagné des élus insulaires et des représentants de l'État, était également présent, tout comme le cardinal François-Xavier Bustillo pour le culte catholique, mais aussi Mohamed Moutaoukel, consul général du Royaume du Maroc à Bastia.
Un parterre d'invités le plus large possible pour « garder cette maison ouverte, vivante et accueillante, qui est un lieu d'échange », a insisté dans son discours Gérard Levy, président de l'Association cultuelle israélite de Corse, qui a vanté ce monde méditerranéen qui a « vu naître tant de civilisations » et la Corse comme « une île qui nous rassemble ».
Un accueil qui est justement à l'origine de la création de la synagogue Beth Meïr de Bastia en 1924. Cette dernière prend racine dans le prolongement des tensions que connaît l'Empire ottoman entre le XVIIIe siècle et la Première Guerre mondiale, explique Clémence Levy, secrétaire générale de l'association cultuelle : « Au moment de la Première Guerre mondiale, la Turquie demande aux Juifs français d'abandonner leur nationalité et les Américains demandent aux Français de les exfiltrer. »
744 hommes, femmes et enfants arrivent à Ajaccio en décembre 1915 : « où il y avait déjà une petite communauté. Certains sont repartis et d'autres sont remontés sur Bastia », raconte Clémence Levy, qui explique que parmi « cette première vague de voyageurs se trouvait Léon Tolédano, le frère du rabbin Meïr Tolédano ». Séduit par les récits venus de Corse, il viendra fonder la synagogue Beth Meir de Bastia en 1924. « Elle se trouvait rue de l'Indépendance, dont on ne sait plus où cela se trouvait, mais c'était vers les docks. On est aux alentours de 300 puis 800 personnes ! » C'est en 1934 que la communauté juive s'installe dans l'édifice actuel, rue du Castagno, qui n'est autre qu'un grand appartement. Ce qui fait la particularité de cette synagogue dans le plus pur style architectural des années 30.
La communauté juive bastiaise grandira et s'intégrera, explique Clémence Levy : « Ils apprennent le corse, fréquentent les écoles de la ville. » À la mort du rabbin, en 1970, « la communauté entre en déliquescence. Aujourd'hui, une dizaine de personnes fréquentent la synagogue durant les fêtes. », commente la secrétaire générale de l'Association cultuelle avant de rappeler que « discrétion n'est pas disparition. On est là depuis 92 ans. On a une double identité, à la fois corse et juive. »
Des propos qui seront repris par Gilles Simeoni, le maire de Bastia : « Ces Juifs vont devenir corses et bastiais. Ils vont franchir les murs, jouer dans les arbres, apprendre à parler et chanter corse. Ils vont rester profondément juifs en devenant des Corses. »
Un lien entre les deux communautés qui s'est largement exprimé durant la Seconde Guerre mondiale. Aucun Juif n'a été déporté depuis la Corse. Cette île des Justes, « celle d'hommes et de femmes qui n'ont jamais été tentés par la délation. Et cette phrase : "Chez nous, il n'y a pas de chrétien ni de juif, il y a avant tout des Corses." », a rappelé Élie Korchia, président du Consistoire, pour qui cela est « une mémoire qui est inscrite chez tous les Juifs de France et de Corse », mais aussi « une leçon d'espérance dans la période actuelle et un modèle de tolérance qu'on a ici, qu'on aimerait avoir un peu partout sur le continent ».
La communauté juive doit également beaucoup à un autre enfant de l'île, a indiqué Élie Korchia. Napoléon a fondé le Consistoire en 1808 pour administrer le culte juif : « Le judaïsme en France est un modèle unique au monde, avec ses 208 communautés réparties sur le territoire, dont cette communauté corse à Bastia » depuis 1964.
Aujourd’hui la synagogue bastiaise poursuit son travail de transmission.

