Incendies : la polémique enfle autour du manque de moyens aériens disponibles pour la Corse

Written on 07/22/2026
La rédaction

La polémique autour des moyens aériens engagés dans la lutte contre les incendies actuellement en cours dans le centre de l'île ne faiblit pas. Après les déclarations du président du conseil d'administration du SIS de Haute-Corse, Hyacinthe Vanni, le STC des sapeurs-pompiers du Cismonte ainsi que les mouvements Nazione et Core in Fronte prennent à leur tour position et réclament un renforcement durable des moyens prépositionnés sur l'île.

Comme chaque année, deux Canadair sont positionnés à Ajaccio pour la saison (Photo : Paule Santoni)

 Alors que les incendies qui frappent le centre de la Corse continuent de mobiliser d'importants moyens de secours, la polémique autour des moyens aériens prend de l'ampleur. Après les critiques formulées par le président du conseil d'administration du SIS de Haute-Corse, Hyacinthe Vanni, le STC des sapeurs-pompiers du Cismonte, Nazione et Core in Fronte dénoncent des moyens qu'ils jugent insuffisants au regard de l'évolution du risque incendie et réclament une révision de leur mode de gestion.

 
Dans un communiqué, le STC Spenghjifochi Cismonte affirme ainsi partager « pleinement le constat » dressé par le président du SIS 2B. Le syndicat estime en effet que « les moyens aériens nationaux ne sont plus à la hauteur des risques auxquels la Corse est confrontée », une situation qui, selon lui, « s'aggrave d'année en année » et qui s'est une nouvelle fois illustrée lors des incendies qui ont frappé ces derniers jours le centre de l'île. Pour le STC, cette situation traduit « un désengagement progressif de l'État » sur un territoire insulaire et montagneux, particulièrement exposé aux feux de forêt. Le syndicat pointe également l'organisation actuelle des secours aériens, rappelant que leur engagement reste soumis aux décisions du Centre national des moyens aériens, basé à Nîmes. Une dépendance qui, selon lui, génère « des incertitudes et des délais incompatibles avec la réactivité nécessaire à la lutte contre les incendies ». Le STC demande ainsi que le prépositionnement des moyens aériens de l'État en Corse soit « pleinement respecté durant toute la période à risque et que la mise à disposition de ces moyens soit réelle et totale ».
 
Dans la même ligne, le parti Nazione déplore que « décision d'envoyer en France les deux Canadair basés en Corse a été prise » alors que « le feu de la Restonica devenait de plus en plus incontrôlable ». Si « ces deux avions reviennent aujourd'hui », le mouvement estime que « leur absence durant de nombreuses heures a privé les secours d'un appui aérien précieux au moment où le sinistre prenait de l'ampleur », ajoutant qu'« une utilisation plus régulière dès les premières heures de cet incendie aurait sans doute permis de contenir davantage sa progression, tout en préservant les forces et l'énergie des sapeurs-pompiers engagés sans relâche sur le terrain ». Le mouvement souligne également que, « pour compenser l'absence des Canadair, les hélicoptères ont dû multiplier les rotations », une situation qui « augmente mécaniquement l'exposition au risque pour les pilotes comme pour les équipes engagées au sol ». En outre, Nazione « réaffirme que la vocation de la base OTAN d'A Sulinzara n'est pas d'ériger la Corse en porte-avion militaire mais d'accueillir une base opérationnelle de protection civile méditerranéenne spécialisée dans la lutte contre les feux de forêt » et « revendique le transfert aux autorités corses des compétences de commandement opérationnel ».
 
De son côté, Core in Fronte estime que ces incendies illustre « le manque fondamental de moyens aériens », « incompréhensible pour les populations et les professionnels », alors même que « ces derniers prennent, d'ailleurs, des risques accrus sur le terrain ». Le mouvement fustige ainsi que « la disponibilité des avions et hélicoptères est aléatoire, puisque la décision ultime est prise par le Centre national des moyens aériens, basé à Nîmes », tandis que « la Cellule de coordination avancée de la Sécurité civile (CCASC), basée à Aiacciu, doit constamment référer de ses besoins à Nîmes ». Le mouvement en conclut que « les moyens aériens de l'État ne sont pas vraiment mis à disposition des commandants des opérations de secours corses sur les feux », ceux-ci restant « toujours tributaires d'un accord extérieur ».De facto, le parti martèle que « la Corse ne peut être l'otage permanent des manquements graves de l'État français dans l'organisation de sa lutte anti-incendie, avec des moyens vieillissants et inadaptés » et réaffirme « la nécessité de disposer de moyens aériens permanents en Corse ».
 
À noter que ces prises de position interviennent alors que la préfète de Haute-Corse, Véronique Deprez-Boudier, a assuré ces derniers jours que les moyens engagés « n'avaient jamais été aussi importants » sur l'île.