La cité du Sel ne veut pas devenir celle des mégots de cigarettes : elle s’apprête à s’engager dans la lutte contre les mégots abandonnés. Il y a quelques mois, le conseil municipal avait validé les termes d’une convention avec l'éco-organisme Alcome, chargé par l'État de mettre en œuvre le principe du pollueur payeur. Une étape qui doit permettre à la commune porto-vecchiaise de bénéficier d'un accompagnement technique, matériel et financier pour réduire la présence de ces déchets dans l'espace public.
Concrètement, la convention – qui reste à signer - prévoit que l’Alcome fournisse des outils de sensibilisation, mette à disposition des cendriers de rue et de poche, participe au financement du nettoiement et prenne en charge la valorisation des mégots collectés séparément à partir de 100 kg. En contrepartie, la commune devra identifier les secteurs les plus touchés, recenser les équipements existants et déployer un plan d'action adapté à son territoire : « Nous sommes en train de faire un point d’étape pour pouvoir répertorier tous les sites où on pourra mettre en place le dispositif », confirme Santina Ferracci, l’adjointe à l’environnement. Nul doute que le secteur de la marine en fera partie, compte tenu du nombre conséquent de mégots que l’on retrouve dans les massifs de plantes, ou entre les coulures de béton sur le trottoir, menaçant au moindre coup de vent de basculer dans le port. Car au-delà de la pollusion visuelle, la municipalité pointe l’énorme enjeu environnemental : « Les mégots mettent des années à se dégrader et polluent les sols. Avec le ruissellement et le vent, leur destination finale est malheureusement souvent la mer », constate Antoine Canonici, responsable de la cellule développement durable de la Ville.
Il précise qu’un travail préparatoire est déjà engagé : « L’Alcome nous a contactés pour nous présenter cette convention. Ils disposent d'un catalogue de mobilier urbain pour la collecte des mégots et distribuent également des cendriers de poche réemployables. » L'interdiction de fumer sur les plages, entrée en vigueur l’été dernier, modifie d'ailleurs la réflexion sur l'implantation des équipements. « Cela nous enlève déjà une partie des zones à traiter », reconnaît Antoine Canonici, même si des actions de sensibilisation devront inévitablement être mises en œuvre pour rappeler aux fumeurs la règlementation en la matière.
L'exemple d'Ajaccio
Si pour l’heure, le plan d’action demeure non planifié, Porto-Vecchio pourra prendre exemple sur Ajaccio, qui fut la première commune corse à signer une convention avec l’Alcome, fin 2022. Du côté de la cité impériale, on voit dans ce dispositif un outil à la fois écologique et financier : « La première chose qui motive, c'est ce triste spectacle dans les rues de la ville. Les mégots, ce n'est pas propre, pas écologique, et c'est dangereux », résume Charles Voglimacci, adjoint au maire d'Ajaccio.
Depuis la mise en place de la convention, la ville d’Ajaccio est passée de 40 à 170 cendriers de rue, installés dans les secteurs les plus fréquentés : arrêts de bus, passages piétons ou zones commerçantes. Aucun n'a été implanté en revanche devant les établissements scolaires « pour ne pas inciter les jeunes à fumer », explique l’élu. En parallèle, la municipalité ajaccienne distribue des cendriers de poche à la population, au cours d’actions de sensibilisation.
Et les résultats ont progressé de manière spectaculaire.corsica/Chasse-aux-megots-a-Ajaccio-10-kg-collectes-en-un-mois_a72295.html . Après 94 kg de mégots collectés en 2023, Ajaccio est passée à 219 kg en 2024, puis 317 kg en 2025. Sur les six premiers mois de 2026, 122 kg ont déjà été récupérés, soit l'équivalent d'environ 1,27 million de mégots depuis le lancement du dispositif. Pour autant, Charles Voglimacci relativise : « Cela représente moins de 5 % des mégots jetés dans la rue. En France, près de 23 milliards de mégots sont encore abandonnés chaque année... »
Au-delà du recyclage – les mégots peuvent notamment être transformés en matériaux destinés au mobilier urbain ou à certains combustibles –, la convention présente aussi un intérêt budgétaire pour les collectivités. En effet, l’Alcome étant financée par les cigarettiers via une éco-contribution, la manne financière est ensuite redistribuée aux communes. « On récupère en moyenne 153 000 euros par an. On équipe la ville, on participe au tri, au recyclage, à la propreté et, au bout, on récupère de l'argent », apprécie Charles Voglimacci. L'élu a relevé également l'implication des Ajacciens, qui « proposent régulièrement de nouveaux emplacements pour les cendriers ». Il rappelle aussi l’afflux important des croisiéristes : « Ils sont entre 4 000 à 6 000 à débarquer chaque jour. Je ne dis pas que tous fument ou jettent leurs mégots, mais il peut y en avoir dans la masse. »
Une filière encore peu développée en Corse
À l'échelle nationale, un peu plus d'un tiers des collectivités concernées avaient contractualisé avec l'éco-organisme en 2024, qui a également mis à disposition plus de 10 200 cendriers de rue. En Corse, Ajaccio, Borgo et Santa-Maria-di-Lota ont déjà franchi le pas. Porto-Vecchio devrait donc prochainement les rejoindre, tandis que des échanges ont également été engagés avec Bastia.
Il précise qu’un travail préparatoire est déjà engagé : « L’Alcome nous a contactés pour nous présenter cette convention. Ils disposent d'un catalogue de mobilier urbain pour la collecte des mégots et distribuent également des cendriers de poche réemployables. » L'interdiction de fumer sur les plages, entrée en vigueur l’été dernier, modifie d'ailleurs la réflexion sur l'implantation des équipements. « Cela nous enlève déjà une partie des zones à traiter », reconnaît Antoine Canonici, même si des actions de sensibilisation devront inévitablement être mises en œuvre pour rappeler aux fumeurs la règlementation en la matière.
L'exemple d'Ajaccio
Si pour l’heure, le plan d’action demeure non planifié, Porto-Vecchio pourra prendre exemple sur Ajaccio, qui fut la première commune corse à signer une convention avec l’Alcome, fin 2022. Du côté de la cité impériale, on voit dans ce dispositif un outil à la fois écologique et financier : « La première chose qui motive, c'est ce triste spectacle dans les rues de la ville. Les mégots, ce n'est pas propre, pas écologique, et c'est dangereux », résume Charles Voglimacci, adjoint au maire d'Ajaccio.
Depuis la mise en place de la convention, la ville d’Ajaccio est passée de 40 à 170 cendriers de rue, installés dans les secteurs les plus fréquentés : arrêts de bus, passages piétons ou zones commerçantes. Aucun n'a été implanté en revanche devant les établissements scolaires « pour ne pas inciter les jeunes à fumer », explique l’élu. En parallèle, la municipalité ajaccienne distribue des cendriers de poche à la population, au cours d’actions de sensibilisation.
Et les résultats ont progressé de manière spectaculaire.corsica/Chasse-aux-megots-a-Ajaccio-10-kg-collectes-en-un-mois_a72295.html . Après 94 kg de mégots collectés en 2023, Ajaccio est passée à 219 kg en 2024, puis 317 kg en 2025. Sur les six premiers mois de 2026, 122 kg ont déjà été récupérés, soit l'équivalent d'environ 1,27 million de mégots depuis le lancement du dispositif. Pour autant, Charles Voglimacci relativise : « Cela représente moins de 5 % des mégots jetés dans la rue. En France, près de 23 milliards de mégots sont encore abandonnés chaque année... »
Au-delà du recyclage – les mégots peuvent notamment être transformés en matériaux destinés au mobilier urbain ou à certains combustibles –, la convention présente aussi un intérêt budgétaire pour les collectivités. En effet, l’Alcome étant financée par les cigarettiers via une éco-contribution, la manne financière est ensuite redistribuée aux communes. « On récupère en moyenne 153 000 euros par an. On équipe la ville, on participe au tri, au recyclage, à la propreté et, au bout, on récupère de l'argent », apprécie Charles Voglimacci. L'élu a relevé également l'implication des Ajacciens, qui « proposent régulièrement de nouveaux emplacements pour les cendriers ». Il rappelle aussi l’afflux important des croisiéristes : « Ils sont entre 4 000 à 6 000 à débarquer chaque jour. Je ne dis pas que tous fument ou jettent leurs mégots, mais il peut y en avoir dans la masse. »
Une filière encore peu développée en Corse
À l'échelle nationale, un peu plus d'un tiers des collectivités concernées avaient contractualisé avec l'éco-organisme en 2024, qui a également mis à disposition plus de 10 200 cendriers de rue. En Corse, Ajaccio, Borgo et Santa-Maria-di-Lota ont déjà franchi le pas. Porto-Vecchio devrait donc prochainement les rejoindre, tandis que des échanges ont également été engagés avec Bastia.
