Lætitia Himo, virtuose du violoncelle, se produira lors de deux concerts, inédits, accompagnée d’un jeune pianiste, corse lui aussi, dans les églises d’Oletta et Penta di Casinca les 25 et 26 juillet à 21 heures. Rencontre
Pour ces concerts, la violoncelliste de renommée internationale sera parfois accompagnée au piano par "Elstane".
- Lætitia Himo et la musique ?
- Ça remonte très loin. Mon père, bastiais du marché, était musicien, batteur, guitariste et chanteur, notamment dans le groupe mythique I Macchjaghjoli mais avec une grande passion pour le jazz. Tout comme ma mère, dessinatrice et peintre, il adorait l’opéra. J’ai donc baigné très tôt dans la musique.
- Pourquoi le violoncelle ?
- J’ai débuté par le piano, tout comme ma sœur Nadia, à 5 ans et ça m’a donné d’excellentes bases. J’aimais les voix de ténor, notamment César Vezzani, plutôt que les voix de femmes exceptées La Callas et Barbara Hendricks mais le chant n’était pas pour moi. Par ailleurs le piano ne m’enchantait pas. Et puis il y a eu un flash, un déclic, à la télévision quand j’y ai vu Rostropovitch. Le coup de cœur a été immédiat. J’avais 9 ans et j’avais découvert ma passion. Ce que je ne pouvais chanter, je le rendrais avec le violoncelle.
- Un instrument qui vous a emmenée jusqu’en Russie ?
- Après des études au conservatoire de Paris, lors d’une audition je suis remarquée par de célèbres professeurs russes du conservatoire Tchaïkovski de Moscou. Je suis reçue au concours d’entrée. J’ai 14 ans. J’y ai suivi durant 8 ans une formation auprès des grands maîtres dont Rostropovitch. J’étais certes loin de ma famille mais j’avais la chance inouïe d’avoir d’illustres professeurs, les plus grands de Russie. Petite anecdote, à Moscou on m’appelait « La Corse ».
- Après Moscou, New-York…
- Effectivement j’y ai passé 4 ans à la Juilliard School avec la célèbre violoncelliste Zara Nelsova et obtenu un doctorat. Je n’aimais passer des concours mais l’un d’eux m’a séduit car il rassemblait tous les instruments. J’ai obtenu le 1er prix à égalité avec un joueur de flute de pan.
- Pourquoi le choix d’une carrière soliste ?
- L’esprit de liberté, sans doute mes racines corses. C’est un choix car cela demande travail, exigence. J’ai ainsi parcouru le monde entier, les 5 continents, de la France à la Russie, des USA au Canada, de l’Amérique Latine à l’Europe et Israël…
-Prenez-vous le temps de vous poser un peu ici, en Corse ?
- La Corse ce sont mes racines, ma culture, et je ne peux vivre sans elle, loin d’elle. Je me produis très souvent ici, dans les églises. J’avais aussi créé le festival Canticello à Bastia il y a quelques années, mais faute de budget j’ai dû arrêter. L’an passé, en septembre, j’étais la directrice artistique de Festi Arte à Bonifacio. Le festival a réuni une quinzaine d’artistes venus de Corse, d’Italie, du Portugal, d’Israël et d’Ukraine.
- Venons-en à ces deux concerts d’Oletta, le 25, et Penta di Casinca, le 26…
- Ce sont des concerts inédits car pour certains morceaux je serai accompagnée d’un jeune pianiste de 26 ans, mon neveu, dont le nom d’artiste est Elstane. Il est très doué et c’est aussi un excellent compositeur qui crée des musiques, genre musiques de film. Il m’accompagnera sur certains airs et jouera aussi ses propres compositions. Ce sera un voyage musical où les grandes mélodies se rencontrent, traversent les époques et se réinventent au fil des cordes de mon violoncelle et des touches de son piano. Ennio Morricone côtoiera Bach, les Beatles, Michel Legrand, Piaf, De Falla ou Guelfucci avec des surprises. C’est un concept qu’on aimerait bien sûr prolonger mais j’avoue que mes nouveaux projets m’accaparent beaucoup.
- Justement, parlons-en alors…
- Je suis sur la réalisation d’un nouvel album. 4 sont déjà sortis. Celui-ci est réalisé en collaboration avec un ami corse et on espère le sortir d’ici la fin de l’année. Il comprendra des œuvres très connues du public mais avec des arrangements pour l’occasion. J’espère aussi pouvoir proposer un bel évènement en Corse l’an prochain avec un orchestre symphonique mondialement connu.

