À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine et du bicentenaire de la photographie, la Ville de Bastia lance une grande collecte participative. Jusqu’au 9 septembre, chaque habitant peut transmettre en ligne jusqu'à trois clichés personnels, qui seront ensuite projetés en continu les 19 et 20 septembre, de 10 heures à 19 heures, à l’Auditorium du musée de Bastia, afin d’enrichir la mémoire visuelle de la ville.
La mémoire de Bastia dans les albums de famille
L’idée est née d’une volonté de sortir des sentiers battus : « On cherchait des idées originales autour de la photo et quelque chose qui ait un rapport avec le patrimoine », explique Caroline Michel, responsable du service patrimoine de la Ville de Bastia. Le choix s’est porté sur « la ressource des albums de famille », l’objectif étant de voir le patrimoine « sous l’angle de l’émotion », celle de « la mémoire bastiaise et de l’art de vivre à la bastiaise ». Caroline Michel donne un exemple bien à elle : le souvenir du 25 décembre sur la place Saint-Nicolas, « quand on sortait tous nos jouets sur la place, qu’on arrivait avec son vélo, sa voiture électrique télécommandée… ». Des images qui, pour elle, résument un bout d’histoire de Bastia et l’art de vivre bastiais.
Pasquale Castellani, adjoint à la langue corse, à la culture corses et à la valorisation du patrimoine matériel et immatériel de la Ville de Bastia, salue une initiative « très originale », qui rappelle que le patrimoine n’est pas seulement bâti : « I mumenti di u cutidianu, i mumenti di a vita, ci permettenu di ritruvà, attraversu l’imaghjini è i filmi ch’elli ci mandanu, a storia di Bastia », explique-t-il. Cinq thématiques, de la fin du XIXe siècle à nos jours
Sont recherchées des photos prises exclusivement à Bastia, de la fin du XIXe siècle à nos jours, autour de cinq grandes thématiques : la vie quotidienne (scènes de rue, ambiance de quartier, moments de convivialité), les souvenirs partagés (réunions de famille, moments d’enfance), le patrimoine en évolution (sites ou monuments transformés ou disparus), le monde du travail (métiers anciens, figures locales) et les temps forts de la ville (fêtes religieuses ou populaires, manifestations sportives, associatives ou culturelles). Tous les quartiers sont concernés, du Portu Novu à Lupinu, en passant par a Nunziata, Terra Vechja, Santu’ntò, Cardu, Terra Nova ou San Ghjisè. Pasquale Castellani compte lui-même contribuer avec des photos de son grand-père : « U mo babbone m’hà dinù cuncertu ritratti di u so capu, chì travagliava ind’à ristaurazione di dipinti di Santa-Maria ».
Comment participer ?
La collecte se fait exclusivement en ligne, via un formulaire dédié, à raison de trois photographies maximum par participant. Deux consignes de numérisation sont demandées pour préserver l’authenticité des documents : une haute résolution et une numérisation en couleur, même pour les tirages noir et blanc ou sépia, afin de conserver les nuances du papier de l’époque. Chaque cliché doit par ailleurs être accompagné d’une légende obligatoire, précisant le contexte de la prise de vue, la date ou l’année approximative, ainsi que le nom des personnes identifiables et leur rôle si pertinent.
Pour les personnes éloignées du numérique, un accompagnement est prévu : « On va proposer, bien évidemment, de numériser les clichés, soit en mairie, soit au musée », précise Caroline Michel. Côté droits, les participants ne cèdent qu’un usage temporaire : « Ce n’est pas une cession de droits intégrale, c’est la cession de droits uniquement pour la manifestation », explique-t-elle.
Vous pouvez déposer vos photos en cliquant ici.
Pour les personnes éloignées du numérique, un accompagnement est prévu : « On va proposer, bien évidemment, de numériser les clichés, soit en mairie, soit au musée », précise Caroline Michel. Côté droits, les participants ne cèdent qu’un usage temporaire : « Ce n’est pas une cession de droits intégrale, c’est la cession de droits uniquement pour la manifestation », explique-t-elle.
Vous pouvez déposer vos photos en cliquant ici.
Un travail de recueil de mémoire appelé à perdurer
Caroline Michel espère réunir « 500 à 600 contributions », et assure qu’au-delà de 2 000 photos récoltées, « cela signifie que les gens accrochent, on en fera toujours quelque chose, ce ne sera pas perdu ». En cas d’afflux trop important pour tout exposer cette année, l’initiative pourrait être reconduite : « On renouvellera l’initiative l’année prochaine, et on refera une exposition avec les photos qui n’ont pas pu être exposées cette année ». Les clichés retenus seront diffusés sous forme de diaporama, « en continu le samedi 19 septembre et le dimanche 20 septembre toute la journée » , au titre « d’un travail de recueil de mémoire », qui, selon Caroline Michel, pourrait bien dépasser le seul cadre des Journées du Patrimoine. Pour elle, une photo, « ce n’est pas seulement quelque chose qu’on prend en photo, c’est ce qu’on a ressenti, comment on l’a vu, comment on l’a vécu ».
Une invitation à la collecte que Pasquale Castellani incite tout les bastiais à suivre : « Invitu i Bastiacci à purtà i so rittrati è li dò appuntamentu u 19 è u 20 settembre per a restituzione di u travagliu. »
Une invitation à la collecte que Pasquale Castellani incite tout les bastiais à suivre : « Invitu i Bastiacci à purtà i so rittrati è li dò appuntamentu u 19 è u 20 settembre per a restituzione di u travagliu. »

