Au Corsica Sub de Bastia, la sécurité en plongée se construit au quotidien

Written on 07/18/2026
Julia Pierantoni

En pleine saison estivale, alors que les centres de plongée corses accueillent chaque jour de nombreux vacanciers, Maud Viale, directrice du centre de plongée et d’apnée Corsica Sub, installé sur le Vieux-Port de Bastia, rappelle les règles essentielles pour pratiquer cette activité en toute sécurité. Elle détaille les précautions mises en œuvre par les professionnels pour prévenir les accidents et met également en garde contre les comportements à risque qui subsistent en dehors des structures encadrées.


L’importance des entraînements et des remises à niveau en plongée

(Photos Gérard Baldocchi)


À Corsica Sub, la prévention est ancrée dans le quotidien du centre : « On fait régulièrement des exercices de mise en situation », explique Maud Viale, « dans notre structure, on organise régulièrement, à plus grande échelle, des exercices de prévention, pour savoir réagir et former nos plongeurs en cas d’accident ou d’incident. » Les clients habitués du centre bénéficient eux aussi de sessions dédiées : « On forme les plongeurs aux bons comportements, aux assistances et aux sauvetages. On organise régulièrement, parmi nos clients et nos habitués, des formations, des remises à niveau. » Les moniteurs en activité suivent quant à eux des recyclages obligatoires : « On les envoie participer à des recyclages, et nous, au sein de notre structure, on en fait de façon régulière aussi. » Ce recyclage consiste à revoir les gestes qui sauvent, vérifier l’évolution des procédures et s’assurer de la bonne connaissance de la chaîne des secours.
 

Le rôle primordial du directeur de plongée

Pour Maud Viale, tout repose sur l’encadrement de l’activité : « Le rôle d’un directeur de plongée, c’est vraiment de mettre les paramètres limites, d’encadrer l’activité, de veiller au bon déroulement, de choisir un site adapté et de veiller au niveau des plongeurs. »
Un plongeur jugé inapte peut se voir refuser la descente pour sa propre sécurité : « Si on ne les estime pas suffisamment aptes à descendre malgré leurs prérogatives, on doit les limiter. Si on veille à la bonne organisation de l’activité, on limite déjà les risques. » De plus, les moniteurs sont formés pour être en capacité physique d’intervenir sur une victime, d’aller la chercher à la nage si nécessaire, de gérer tout type de situation.
Le matériel est également, régulièrement révisé désinfecté et doit être conforme à des normes très strictes.

Le profil des plongeurs à risque

Selon la directrice du centre Corsica Sub, les profils à risque sont d’abord liés à des facteurs médicaux : « Il y a dans les facteurs à risque, l’âge, le surpoids, certaines maladies cardiaques, respiratoires, etc. Donc normalement, pour plonger, il faut un certificat médical. » En effet, ce document est obligatoire dès qu’il s’agit de formation ou de plongée profonde, hormis pour un baptême, il n’est pas obligatoire. Pour l’âge, la Fédération Française d’Études et de Sports Sous-Marins recommande un âge minimum de 8 ans, mais le Code du sport ne fixe aucune limite. 
La connaissance du site est d’ailleurs tout aussi essentielle : « On plonge aux alentours de Bastia depuis quasiment 10 ans, donc on sait très bien qu’avec telle lune ou tel coup de vent, on va avoir un courant dans un sens ou dans un autre. Quelqu’un qui vient là pendant les vacances n’aura jamais cette finesse-là », explique la directrice du centre.
Maud Viale insiste également sur les dangers de la plongée solitaire, qui arrive très souvent, surtout pendant la période estivale en Corse : « Le risque de plonger seul, c’est qu’il y a personne pour intervenir en cas de problème. Moi, ce que je conseille vraiment à tout plongeur, c’est de se former auprès de professionnels et de vérifier que les professionnels soient formés aussi. » Certains plongeurs s’aventurent seuls au-delà des limites légales, soit de 60 mètres en France. Un geste très dangereux qui peut leur coûter la vie. 

Des manquements aux règles de sécurité professionnelles

Derrière ces règles, Maud Viale dénonce aussi les dérives de la profession : « Ce qui est assez terrible, c’est qu’il y a de nombreux professionnels qui exercent dans la zone sans cartes professionnelles, sans renouvellement de leur diplôme. »
Un problème mettant en péril la sécurité des plongeurs : « Il y a des accidents qui ont lieu dans des structures professionnelles qui n’ont pas suivi la voie légale des secours. » Une dérive souvent lié « aux mauvaises organisations de certaines structures qui veulent avoir beaucoup de monde en saison. » 

Autant de conseils de prévention qui rappellent une évidence : en mer comme ailleurs, la sécurité ne s’improvise pas. 
 

En cas d’urgence en mer, le 196 permet de joindre directement un centre de sauvetage en mer 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.