Grossesse, naissance, premiers mois avec un bébé… Si cette période est souvent présentée comme un moment de bonheur, elle peut aussi être source d'une profonde fragilité psychique. Pour accompagner les futurs parents et les familles confrontées à ces difficultés, le centre hospitalier de Castellucciu vient d'ouvrir "U Nidu", une nouvelle unité de soins parents-bébé installée sur la rocade à Ajaccio.
« La naissance d'un enfant est souvent présentée comme un moment de bonheur absolu. Pourtant, pour certaines familles, cette période peut aussi être synonyme d'une grande souffrance psychique ». C'est de ce constat qu'est née U Nidu, la nouvelle unité de soins parents-bébé du centre hospitalier de Castellucciu, inaugurée début juillet boulevard Louis-Campi à Ajaccio. Derrière ce nom, qui évoque volontairement un nid et un cocon, se cache une structure entièrement dédiée à la psychiatrie périnatale. Une spécialité encore peu connue qui s'intéresse à la santé mentale des futurs parents, des jeunes parents et au développement précoce du bébé, depuis le projet de grossesse jusqu'aux deux ans de l'enfant.
Une nouvelle structure qui correspond à un véritable besoin dans la cité impériale pour le Dr Claudia Lucchini, pédopsychiatre et responsable médicale de l'unité. « Jusqu'à présent, nous disposions d'une équipe mobile. Nous intervenions à la maternité du centre hospitalier d'Ajaccio, nous réalisions également des visites à domicile, mais nous nous sommes rapidement aperçus qu'il nous fallait un lieu pour regrouper l'ensemble de nos soins et permettre un véritable accompagnement des familles », explique-t-elle en indiquant que fin 2021, l'équipe avait répondu à un premier appel à projets de l'Agence régionale de santé afin de développer une offre de psychiatrie périnatale, alors inexistante sur l'île. Depuis, les professionnels interviennent directement auprès des familles, principalement à la maternité d'Ajaccio et à domicile. Une activité qui ne cesse de grandir. « Nous avons commencé progressivement en 2023 et nous suivons aujourd'hui une centaine de familles chaque année », indique le Dr Lucchini. « Mais nous nous sommes très vite aperçus qu’il fallait un lieu de consultation d’équipe », reprend-elle. Un second appel à projets permet finalement d'obtenir le financement nécessaire à la création d'une unité dédiée regroupant l'équipe mobile, le centre de consultation de psychiatrie périnatale et un hôpital de jour.
Accompagner dans la parentalité
Aujourd'hui, l'équipe rassemble pédopsychiatre, psychologues, infirmiers, psychomotricienne, orthophoniste, assistante sociale, auxiliaire de puériculture et bientôt un kinésithérapeute spécialisé en psychiatrie périnatale. « Le but de cette nouvelle structure c’est d’accompagner les jeunes parents dans la parentalité et même avant, puisqu’il y a un projet sur l’ante-conceptionnel », détaille la responsable médicale de l’unité, « Des patients qui ont déjà un parcours en psychiatrie adulte avec un projet de bébé peuvent faire appel au service. Nous travaillons avec une psychologue adulte qui est formée à la psychiatrie périnatale et qui peut aider par exemple pour discuter des questions autour du traitement afin de savoir comment on peut l’ajuster s’il y a un projet de grossesse ». À partir de la grossesse, l'équipe accompagne par ailleurs les patientes présentant une pathologie psychiatrique connue ou des facteurs de vulnérabilité susceptibles d'entraîner une décompensation.
Une nouvelle structure qui correspond à un véritable besoin dans la cité impériale pour le Dr Claudia Lucchini, pédopsychiatre et responsable médicale de l'unité. « Jusqu'à présent, nous disposions d'une équipe mobile. Nous intervenions à la maternité du centre hospitalier d'Ajaccio, nous réalisions également des visites à domicile, mais nous nous sommes rapidement aperçus qu'il nous fallait un lieu pour regrouper l'ensemble de nos soins et permettre un véritable accompagnement des familles », explique-t-elle en indiquant que fin 2021, l'équipe avait répondu à un premier appel à projets de l'Agence régionale de santé afin de développer une offre de psychiatrie périnatale, alors inexistante sur l'île. Depuis, les professionnels interviennent directement auprès des familles, principalement à la maternité d'Ajaccio et à domicile. Une activité qui ne cesse de grandir. « Nous avons commencé progressivement en 2023 et nous suivons aujourd'hui une centaine de familles chaque année », indique le Dr Lucchini. « Mais nous nous sommes très vite aperçus qu’il fallait un lieu de consultation d’équipe », reprend-elle. Un second appel à projets permet finalement d'obtenir le financement nécessaire à la création d'une unité dédiée regroupant l'équipe mobile, le centre de consultation de psychiatrie périnatale et un hôpital de jour.
Accompagner dans la parentalité
Aujourd'hui, l'équipe rassemble pédopsychiatre, psychologues, infirmiers, psychomotricienne, orthophoniste, assistante sociale, auxiliaire de puériculture et bientôt un kinésithérapeute spécialisé en psychiatrie périnatale. « Le but de cette nouvelle structure c’est d’accompagner les jeunes parents dans la parentalité et même avant, puisqu’il y a un projet sur l’ante-conceptionnel », détaille la responsable médicale de l’unité, « Des patients qui ont déjà un parcours en psychiatrie adulte avec un projet de bébé peuvent faire appel au service. Nous travaillons avec une psychologue adulte qui est formée à la psychiatrie périnatale et qui peut aider par exemple pour discuter des questions autour du traitement afin de savoir comment on peut l’ajuster s’il y a un projet de grossesse ». À partir de la grossesse, l'équipe accompagne par ailleurs les patientes présentant une pathologie psychiatrique connue ou des facteurs de vulnérabilité susceptibles d'entraîner une décompensation.
Mais la prise en charge ne se limite pas aux situations les plus lourdes. « Certaines mamans n'ont aucun antécédent psychiatrique mais vivent une grossesse très anxiogène. D'autres vont très bien à la maternité puis développent des difficultés plusieurs semaines ou plusieurs mois après l'accouchement. Il n'y a pas de règle », appuie le Dr Lucchini en insistant sur le fait que si la dépression du post-partum est aujourd'hui la plus connue du grand public, elle ne représente qu'une partie des problématiques rencontrées. « On communique beaucoup sur la dépression après l'accouchement, et c'est une bonne chose. Mais il existe aussi des dépressions pendant la grossesse, dont on parle beaucoup moins. Il y a également les troubles anxieux, les traumatismes liés à l'accouchement, les difficultés d'attachement ou encore les mères qui culpabilisent parce qu'elles n'ont pas aimé leur bébé dès la naissance. Ce sont des sujets extrêmement tabous », souligne-t-elle. Autant de situations qui peuvent fragiliser durablement le lien entre le parent et son enfant si elles ne sont pas prises en charge précocement. « Devenir parent bouleverse énormément de choses. Même lorsque l'arrivée d'un enfant est un événement heureux, il peut réveiller des difficultés personnelles ou provoquer une grande vulnérabilité psychique », insiste encore la pédopsychiatre.
Un accompagnement pensé au cas par cas
Au-delà des consultations classiques, l'équipe a voulu construire une offre de soins suffisamment souple pour s'adapter à chaque situation. « Pour chaque famille, nous proposons vraiment un accompagnement à la carte qui est réfléchi en fonction de ce qui nous paraît le plus adapté », explique le Dr Claudia Lucchini. Une future maman en fin de grossesse qui ne peut plus se déplacer pourra ainsi être suivie à domicile, tandis que d'autres bénéficieront de consultations conjointes avec les équipes de la maternité du centre hospitalier d'Ajaccio afin de limiter les déplacements et de proposer un discours commun autour de la prise en charge.
Pour les situations les plus complexes, l'unité dispose également d'un hôpital de jour permettant de regrouper plusieurs soins sur une même demi-journée. « La patiente peut rencontrer successivement le médecin, une infirmière, la psychologue, la psychomotricienne ou encore l'orthophoniste. Tout est organisé en fonction de ses besoins, mais aussi de ceux du bébé », dévoile la responsable d’unité en appuyant sur le fait que cette organisation est rendue possible par la complémentarité de l'équipe pluridisciplinaire, même si elle demande un important travail de coordination. « Notre défi est de construire un planning cohérent pour que les soins soient les plus simples possibles pour les familles ». Des ateliers thérapeutiques viennent compléter en outre cette prise en charge, à l’instar de groupes de sophrologie organisés deux fois par semaine qui permettent aux jeunes mères de partager leur expérience dans un cadre bienveillant. D'autres ateliers, associant parents et bébés, sont également appelés à se développer prochainement.
Un accompagnement pensé au cas par cas
Au-delà des consultations classiques, l'équipe a voulu construire une offre de soins suffisamment souple pour s'adapter à chaque situation. « Pour chaque famille, nous proposons vraiment un accompagnement à la carte qui est réfléchi en fonction de ce qui nous paraît le plus adapté », explique le Dr Claudia Lucchini. Une future maman en fin de grossesse qui ne peut plus se déplacer pourra ainsi être suivie à domicile, tandis que d'autres bénéficieront de consultations conjointes avec les équipes de la maternité du centre hospitalier d'Ajaccio afin de limiter les déplacements et de proposer un discours commun autour de la prise en charge.
Pour les situations les plus complexes, l'unité dispose également d'un hôpital de jour permettant de regrouper plusieurs soins sur une même demi-journée. « La patiente peut rencontrer successivement le médecin, une infirmière, la psychologue, la psychomotricienne ou encore l'orthophoniste. Tout est organisé en fonction de ses besoins, mais aussi de ceux du bébé », dévoile la responsable d’unité en appuyant sur le fait que cette organisation est rendue possible par la complémentarité de l'équipe pluridisciplinaire, même si elle demande un important travail de coordination. « Notre défi est de construire un planning cohérent pour que les soins soient les plus simples possibles pour les familles ». Des ateliers thérapeutiques viennent compléter en outre cette prise en charge, à l’instar de groupes de sophrologie organisés deux fois par semaine qui permettent aux jeunes mères de partager leur expérience dans un cadre bienveillant. D'autres ateliers, associant parents et bébés, sont également appelés à se développer prochainement.
Si les demandes viennent encore aujourd’hui majoritairement des mamans, l'équipe veille à associer les pères dès que possible. « Progressivement, on parvient à les inclure davantage dans les prises en charge », se réjouit le Dr Lucchini qui rappelle que l’objectif d'U Nidu est bien d'accompagner l'ensemble de la cellule familiale, et non uniquement la mère.
Aider les parents à prendre confiance dans leur rôle
Cette approche globale se retrouve également dans le travail mené par Marine Legendre, orthophoniste au sein de l'unité dont l’intervention ne se limite pas aux troubles du langage. « Même si le bébé n'a pas encore de langage, il communique déjà. Notre rôle est de favoriser cette communication entre les parents et leur enfant, mais aussi d'accompagner les familles sur les questions liées à l'alimentation, à l'oralité ou encore au développement », dévoile-t-elle. L'équipe accorde d'ailleurs une place importante à la prévention, en repérant le plus précocement possible d'éventuelles difficultés de développement afin d'orienter les familles vers les dispositifs existants lorsque cela est nécessaire.
Enfin l'unité accompagne également des couples engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée. « Ce sont des parcours difficiles, avec beaucoup de déplacements et une charge émotionnelle importante. Pourtant, un suivi psychologique n'est pas proposé de manière systématique. Nous pouvons leur offrir cet accompagnement, en parallèle de leur parcours », précise le Dr Claudia Lucchini.
Aider les parents à prendre confiance dans leur rôle
Cette approche globale se retrouve également dans le travail mené par Marine Legendre, orthophoniste au sein de l'unité dont l’intervention ne se limite pas aux troubles du langage. « Même si le bébé n'a pas encore de langage, il communique déjà. Notre rôle est de favoriser cette communication entre les parents et leur enfant, mais aussi d'accompagner les familles sur les questions liées à l'alimentation, à l'oralité ou encore au développement », dévoile-t-elle. L'équipe accorde d'ailleurs une place importante à la prévention, en repérant le plus précocement possible d'éventuelles difficultés de développement afin d'orienter les familles vers les dispositifs existants lorsque cela est nécessaire.
Enfin l'unité accompagne également des couples engagés dans un parcours de procréation médicalement assistée. « Ce sont des parcours difficiles, avec beaucoup de déplacements et une charge émotionnelle importante. Pourtant, un suivi psychologique n'est pas proposé de manière systématique. Nous pouvons leur offrir cet accompagnement, en parallèle de leur parcours », précise le Dr Claudia Lucchini.
En somme, la structure a ainsi été pensée comme un lieu unique où sont désormais regroupées toutes les compétences de la psychiatrie périnatale. « Nous voulions éviter que les familles aient à naviguer d'un service à l'autre. Ici, elles retrouvent l'ensemble de l'équipe dans un même lieu, ce qui facilite le suivi et permet de construire un accompagnement cohérent », souligne la pédopsychiatre. « Nous ne sommes pas là pour pointer les difficultés des parents, mais pour nous appuyer sur leurs compétences et les aider à trouver leurs propres ressources. L'objectif est qu'ils puissent progressivement prendre confiance dans leur rôle et devenir autonomes », appuie de son côté l’orthophoniste.
Alors que l'équipe mobile suivait déjà près d'une centaine de familles chaque année depuis 2023, l'ouverture de cette nouvelle unité doit désormais permettre de rendre la psychiatrie périnatale plus visible en Corse. « Plus on intervient tôt, plus on peut prévenir des difficultés qui risquent ensuite de s'installer durablement, aussi bien pour les parents que pour l'enfant », glisse le Dr Claudia Lucchini.
Alors que l'équipe mobile suivait déjà près d'une centaine de familles chaque année depuis 2023, l'ouverture de cette nouvelle unité doit désormais permettre de rendre la psychiatrie périnatale plus visible en Corse. « Plus on intervient tôt, plus on peut prévenir des difficultés qui risquent ensuite de s'installer durablement, aussi bien pour les parents que pour l'enfant », glisse le Dr Claudia Lucchini.



