Last Train est un groupe de rock français originaire d’Alsace, créé en 2007. Quatre amis de collège, Jean-Noël Scherrer, Julien Peultier, Timothée Gerard et Antoine Baschung, décident alors de monter leur groupe. Depuis, ils ont donné plus de 600 concerts et se sont produits sur des scènes prestigieuses comme Rock en Seine ou le Hellfest, où ils étaient programmés en 2025. Déjà venus aux Nuits de la Guitare en 2015, où ils assuraient la première partie de Rival Sons, ils reviennent cette année en tête d’affiche de la Nuit du Rock, le 26 juillet. Entretien avec le chanteur et guitariste du groupe, Jean-Noël Scherrer.
- Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous nous raconter l’histoire de votre groupe ?
- On s'est rencontrés quand on avait 12 ans, avec les copains. On était au collège, dans notre Alsace natale. J'imagine que, comme beaucoup qui choisissent de faire du foot ou du basket, nous, on a décidé de faire de la musique, tous les quatre ensemble. À l'époque, on ne savait pourtant pas vraiment jouer. Il y a eu une passion commune et une rencontre qui font qu'aujourd'hui, presque vingt ans plus tard, on a la chance d'en faire notre métier, de tourner énormément en France, mais aussi en Europe et un peu outre-Atlantique. J’ai l'impression que notre histoire s'est surtout construite sur scène. On a donné énormément de concerts, avec une énergie très intense. Voilà ce qu'est Last Train : un groupe de copains et un groupe de live.
- Vous gérez vous-mêmes votre merchandising, vos clips, votre production… Pourquoi ce choix ? C’est ambitieux quand même.
- Ambitieux, oui, mais aujourd'hui, c'est un véritable levier pour nous : l'indépendance. Cette indépendance nous permet beaucoup de choses. D'abord, la liberté artistique, ce qui est essentiel. Mais elle nous permet aussi de mieux comprendre le monde dans lequel on évolue. L'industrie musicale est assez opaque, complexe et très technique. Depuis dix ou quinze ans, on s'est forcés à comprendre comment elle fonctionne et à trouver notre place. Aujourd'hui, on est aux manettes de toutes les décisions qui concernent le groupe.
- Pouvez-vous nous parler de votre dernier album ? Qu’est-ce qui change par rapport aux précédents ?
- Ce qui change, c'est sans doute l'âge. Nos premiers morceaux, on les a écrits quand on avait 16, 17 ou 18 ans. Aujourd'hui, on est devenus des adultes, avec une expérience de la musique, mais aussi de la vie. J'ai la sensation que ça se ressent dans notre manière d'écrire. Les morceaux sont plus intéressants, plus incarnés qu'ils ne l'ont jamais été.
- Concernant les Nuits de la Guitare, connaissiez-vous déjà la Corse ? Pourquoi avoir choisi de revenir dans ce festival ?
- On connaît déjà, puisqu'on y a joué il y a dix ans. Je suis vraiment ravi d'y revenir. Après, c'est aussi une question de calendrier. C'est un festival qu'on adore, mais ce n'est pas toujours évident d'y retourner. Les programmations changent et le mois de juillet est particulièrement chargé. C'est un vrai enjeu d'organisation, d'autant que, d'habitude, on se déplace en tour bus, alors que pour la Corse, il faut s'organiser différemment. Mais on est vraiment très heureux de revenir, surtout cette fois en tant que tête d'affiche. On aura l'occasion de proposer un set plus long.
- Vous avez vécu des expériences incroyables à l'international et vous allez bientôt jouer au Zénith de Paris. Quel regard portez-vous sur la scène des Nuits de la Guitare ? À quoi vous attendez-vous ?
- On aborde le concert des Nuits de la Guitare exactement comme tous les autres. Il faut être à 120 % et donner le meilleur de nous-mêmes. Il n'y a pas de hiérarchie entre nos concerts. On est un groupe de rock, mais on est aussi très studieux. On mesure la chance qu'on a de pouvoir jouer, surtout en étant un groupe de rock indépendant. Ce n'est pas donné à tout le monde. On est privilégiés, donc peu importe le lieu, on doit toujours être capables de donner notre meilleur. On a hâte de jouer aux Nuits de la Guitare, tout comme on a hâte d'assurer la première partie de Muse au Canada, devant près de 90 000 personnes.
- Si vous pouviez dire un mot au jeune garçon que vous étiez au collège, au moment où le groupe s'est formé, que lui diriez-vous ?
- C'est une question intéressante. Je lui dirais de se faire confiance. Quand on monte un groupe avec ses copains, sans connaître le milieu, sans entourage, sans réseau ni contacts, ça peut paraître complètement fantaisiste. Mais quand on a une vision et un feu intérieur aussi fort, il peut se passer de très belles choses. Aujourd'hui, on vit notre rêve de copains. Alors je dirais aux gamins de 12 ans que nous étions : faites-vous confiance, travaillez dur, et ça vous mènera forcément quelque part.
