Protection du littoral, adaptation au changement climatique, amélioration de l’accueil du public et valorisation du patrimoine, le site de Losari poursuit sa transformation. Présentés vendredi par la Commune de Belgodère, le Conservatoire du littoral et la Collectivité de Corse, les travaux de restauration écologique du cordon dunaire s’accompagnent d’une requalification des abords de la Casa di Losari, avec un objectif commun, préserver durablement ce site emblématique de Balagne, tout en offrant aux visiteurs un cadre plus agréable, plus sûr et plus respectueux de son environnement.
Fragilisé par les tempêtes successives et les effets du changement climatique, le site de Losari poursuit sa transformation. Présentés vendredi 3 juillet, les travaux de restauration écologique du cordon dunaire s’accompagnent d’une requalification complète des abords de la Casa di Losari. Une opération de plus de 200 000 euros qui illustre une même ambition : préserver durablement ce joyau du littoral balanin tout en améliorant l’accueil des visiteurs et en accompagnant les évolutions naturelles du site.
Au fil des années, Losari est devenu bien plus qu’une simple plage. Avec son vaste espace naturel, la Casa di Losari, ses sentiers et son patrimoine agricole, le site constitue aujourd’hui l’une des principales portes d’entrée du Conservatoire du littoral en Balagne. Mais les tempêtes successives et les effets du changement climatique ont profondément modifié son visage, obligeant les différents partenaires à repenser certains aménagements réalisés il y a une dizaine d’années.
C’est cette nouvelle étape qui a été présentée vendredi matin à la Casa di Losari par la Commune de Belgodère, le Conservatoire du littoral, la Collectivité de Corse et leurs partenaires, avant une visite du chantier.
Propriété du Conservatoire du littoral depuis 2010, le site avait déjà bénéficié, entre 2013 et 2016, d’un vaste programme d’aménagement financé notamment par l’État et l’Europe. L’objectif était alors de restaurer les espaces naturels dégradés, d’organiser l’accueil du public, de mettre en valeur le patrimoine bâti rural et de maintenir les activités agricoles. Dix ans plus tard, les violentes tempêtes qui ont frappé le littoral balanin entre 2020 et 2025 ont profondément accéléré l’érosion du trait de côte.
Les anciennes ganivelles ont été emportées, le cordon dunaire a reculé et des microfalaises atteignant parfois deux mètres sont apparues. Face à ces évolutions, les partenaires du projet ont fait un choix assumé : accompagner la nature plutôt que chercher à la contraindre.
« Il y a une vingtaine d’années, le site était complètement différent. Puis nous avons engagé un immense chantier qui représentait près de deux millions d’euros. Dix ans après, nous revenons non pas parce que le projet n’a pas fonctionné, mais parce que le site évolue. Les bouleversements climatiques nous obligent à revoir certaines choses. Notre philosophie est simple : nous ne voulons pas contrarier la nature. Nous préférons nous adapter à elle. Si demain l’érosion continue, nous continuerons à nous adapter », explique Lionel Mortini, maire de Belgodère.
Les travaux engagés en janvier 2026 répondent précisément à cette logique. Les vestiges de l’ancienne route, dont les éléments accentuaient l’érosion et empêchaient la libre évolution de la dune, ont été entièrement retirés. Les anciennes clôtures en ganivelles, détruites par les tempêtes, ont été remplacées et reculées afin de mieux protéger les espaces les plus sensibles. Un important travail de reprofilage a également permis de rendre à la dune sa morphologie naturelle.
Près de 5 000 m² d’espaces dunaires sont désormais mis en défens afin de favoriser le retour de la végétation caractéristique des arrière-plages, comme le silène de Corse, les sporoboles ou encore la matthiole à trois pointes.
« Les ganivelles ne sont pas là pour empêcher la mer d’avancer. Elles permettent de casser l’effet du vent, de retenir progressivement le sable et d’aider la dune à retrouver son fonctionnement naturel », explique Mathieu Zanca Rossi, chargé du suivi du chantier.
Cette stratégie repose sur une observation scientifique du littoral. « Nous avons étudié l’évolution du trait de côte sur plusieurs décennies. Nous constatons une tendance à l’érosion sur une partie du site tandis que d’autres secteurs gagnent naturellement du sable. Ces phénomènes sont principalement liés aux tempêtes. C’est pourquoi nous avons choisi de reculer les ganivelles afin d’anticiper les futurs mouvements de la dune plutôt que de tenter de les bloquer », souligne Bénédicte Benoit-Sisco, déléguée régionale du Conservatoire du littoral.
Au-delà du cordon dunaire, c’est également toute l’entrée du site qui a été repensée. La circulation automobile a été modifiée afin d’éloigner les véhicules de la Casa di Losari. Une partie de l’ancienne route a disparu au profit d’une prairie naturelle, tandis que le parking a été réorganisé et les cheminements entièrement repris afin d’améliorer l’accessibilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite.
Pour Lionel Mortini, cette requalification était devenue indispensable. « Il n’y avait plus de raison de conserver cette route devant la Casa. Nous avons préféré redonner cet espace à la nature et rendre toute sa place à ce bâtiment qui constitue aujourd’hui la véritable porte d’entrée du site. La Casa de Losari va vivre encore davantage grâce aux animations, aux conférences et à la présence renforcée des équipes pendant toute la saison».
Le maire revendique également un choix politique fort, celui de préserver un accès libre au site. « Nous avons toujours voulu conserver des parkings gratuits. Nous ne sommes pas dans une logique de rentabilité ou de fréquentation à tout prix. Ce qui nous intéresse, c’est la qualité du site. Les gens paient déjà suffisamment au quotidien. Ici, ils doivent pouvoir venir profiter librement d’un espace naturel préservé».
Cette philosophie est partagée par le Conservatoire du littoral, propriétaire du site, qui porte les grands projets d’aménagement tout en confiant la gestion quotidienne aux collectivités.
« Le Conservatoire est propriétaire des terrains et porte les grands aménagements. La gestion est assurée par les collectivités locales. Ici, sans l’implication constante de la commune de Belgodère et de la Collectivité de Corse, ce projet n’aurait tout simplement pas pu voir le jour », rappelle Bénédicte Benoit-Sisco.
Une coopération saluée par Paul-Vincent Ferrandi, chargé de mission et conseiller en gestion des espaces naturels à la Collectivité de Corse. « Losari est un exemple de partenariat réussi. La Collectivité gère les espaces naturels, les sentiers, les stationnements et le littoral, tandis que la commune anime la Casa di Losari. Chacun intervient dans son domaine de compétence et cette complémentarité permet aujourd’hui d’offrir un site de grande qualité au public ».
Au-delà de l’aspect environnemental, la commune entend poursuivre un projet plus global autour de Losari. Lionel Mortini a ainsi rappelé la volonté de redonner progressivement une vocation agricole au site, notamment grâce à la remise en production des agliastri, après une campagne de greffe.
« Losari est un site vivant. Il est naturel, mais aussi agricole et patrimonial. Nous voulons retrouver cet équilibre. L’objectif n’est pas d’attirer toujours plus de visiteurs, mais de proposer un lieu où habitants et vacanciers se sentent bien, dans un environnement préservé. Les ogliastri seront progressivement regreffés afin de retrouver une véritable production oléicole».
D’un montant de 200 427 euros TTC, l’opération est financée à 71 % par CDC Biodiversité, dans le cadre du programme Nature 2050, avec le soutien du Conservatoire du littoral et de la Commune de Belgodère.
À Losari, ces travaux ne constituent pas seulement un chantier de restauration écologique. Ils traduisent une vision commune du territoire, où la protection du littoral, la qualité de l’accueil du public, la valorisation du patrimoine et le respect des dynamiques naturelles avancent de concert. Une manière de préparer l’avenir sans renier l’identité de ce site emblématique de Balagne.
Au fil des années, Losari est devenu bien plus qu’une simple plage. Avec son vaste espace naturel, la Casa di Losari, ses sentiers et son patrimoine agricole, le site constitue aujourd’hui l’une des principales portes d’entrée du Conservatoire du littoral en Balagne. Mais les tempêtes successives et les effets du changement climatique ont profondément modifié son visage, obligeant les différents partenaires à repenser certains aménagements réalisés il y a une dizaine d’années.
C’est cette nouvelle étape qui a été présentée vendredi matin à la Casa di Losari par la Commune de Belgodère, le Conservatoire du littoral, la Collectivité de Corse et leurs partenaires, avant une visite du chantier.
Propriété du Conservatoire du littoral depuis 2010, le site avait déjà bénéficié, entre 2013 et 2016, d’un vaste programme d’aménagement financé notamment par l’État et l’Europe. L’objectif était alors de restaurer les espaces naturels dégradés, d’organiser l’accueil du public, de mettre en valeur le patrimoine bâti rural et de maintenir les activités agricoles. Dix ans plus tard, les violentes tempêtes qui ont frappé le littoral balanin entre 2020 et 2025 ont profondément accéléré l’érosion du trait de côte.
Les anciennes ganivelles ont été emportées, le cordon dunaire a reculé et des microfalaises atteignant parfois deux mètres sont apparues. Face à ces évolutions, les partenaires du projet ont fait un choix assumé : accompagner la nature plutôt que chercher à la contraindre.
« Il y a une vingtaine d’années, le site était complètement différent. Puis nous avons engagé un immense chantier qui représentait près de deux millions d’euros. Dix ans après, nous revenons non pas parce que le projet n’a pas fonctionné, mais parce que le site évolue. Les bouleversements climatiques nous obligent à revoir certaines choses. Notre philosophie est simple : nous ne voulons pas contrarier la nature. Nous préférons nous adapter à elle. Si demain l’érosion continue, nous continuerons à nous adapter », explique Lionel Mortini, maire de Belgodère.
Les travaux engagés en janvier 2026 répondent précisément à cette logique. Les vestiges de l’ancienne route, dont les éléments accentuaient l’érosion et empêchaient la libre évolution de la dune, ont été entièrement retirés. Les anciennes clôtures en ganivelles, détruites par les tempêtes, ont été remplacées et reculées afin de mieux protéger les espaces les plus sensibles. Un important travail de reprofilage a également permis de rendre à la dune sa morphologie naturelle.
Près de 5 000 m² d’espaces dunaires sont désormais mis en défens afin de favoriser le retour de la végétation caractéristique des arrière-plages, comme le silène de Corse, les sporoboles ou encore la matthiole à trois pointes.
« Les ganivelles ne sont pas là pour empêcher la mer d’avancer. Elles permettent de casser l’effet du vent, de retenir progressivement le sable et d’aider la dune à retrouver son fonctionnement naturel », explique Mathieu Zanca Rossi, chargé du suivi du chantier.
Cette stratégie repose sur une observation scientifique du littoral. « Nous avons étudié l’évolution du trait de côte sur plusieurs décennies. Nous constatons une tendance à l’érosion sur une partie du site tandis que d’autres secteurs gagnent naturellement du sable. Ces phénomènes sont principalement liés aux tempêtes. C’est pourquoi nous avons choisi de reculer les ganivelles afin d’anticiper les futurs mouvements de la dune plutôt que de tenter de les bloquer », souligne Bénédicte Benoit-Sisco, déléguée régionale du Conservatoire du littoral.
Au-delà du cordon dunaire, c’est également toute l’entrée du site qui a été repensée. La circulation automobile a été modifiée afin d’éloigner les véhicules de la Casa di Losari. Une partie de l’ancienne route a disparu au profit d’une prairie naturelle, tandis que le parking a été réorganisé et les cheminements entièrement repris afin d’améliorer l’accessibilité, notamment pour les personnes à mobilité réduite.
Pour Lionel Mortini, cette requalification était devenue indispensable. « Il n’y avait plus de raison de conserver cette route devant la Casa. Nous avons préféré redonner cet espace à la nature et rendre toute sa place à ce bâtiment qui constitue aujourd’hui la véritable porte d’entrée du site. La Casa de Losari va vivre encore davantage grâce aux animations, aux conférences et à la présence renforcée des équipes pendant toute la saison».
Le maire revendique également un choix politique fort, celui de préserver un accès libre au site. « Nous avons toujours voulu conserver des parkings gratuits. Nous ne sommes pas dans une logique de rentabilité ou de fréquentation à tout prix. Ce qui nous intéresse, c’est la qualité du site. Les gens paient déjà suffisamment au quotidien. Ici, ils doivent pouvoir venir profiter librement d’un espace naturel préservé».
Cette philosophie est partagée par le Conservatoire du littoral, propriétaire du site, qui porte les grands projets d’aménagement tout en confiant la gestion quotidienne aux collectivités.
« Le Conservatoire est propriétaire des terrains et porte les grands aménagements. La gestion est assurée par les collectivités locales. Ici, sans l’implication constante de la commune de Belgodère et de la Collectivité de Corse, ce projet n’aurait tout simplement pas pu voir le jour », rappelle Bénédicte Benoit-Sisco.
Une coopération saluée par Paul-Vincent Ferrandi, chargé de mission et conseiller en gestion des espaces naturels à la Collectivité de Corse. « Losari est un exemple de partenariat réussi. La Collectivité gère les espaces naturels, les sentiers, les stationnements et le littoral, tandis que la commune anime la Casa di Losari. Chacun intervient dans son domaine de compétence et cette complémentarité permet aujourd’hui d’offrir un site de grande qualité au public ».
Au-delà de l’aspect environnemental, la commune entend poursuivre un projet plus global autour de Losari. Lionel Mortini a ainsi rappelé la volonté de redonner progressivement une vocation agricole au site, notamment grâce à la remise en production des agliastri, après une campagne de greffe.
« Losari est un site vivant. Il est naturel, mais aussi agricole et patrimonial. Nous voulons retrouver cet équilibre. L’objectif n’est pas d’attirer toujours plus de visiteurs, mais de proposer un lieu où habitants et vacanciers se sentent bien, dans un environnement préservé. Les ogliastri seront progressivement regreffés afin de retrouver une véritable production oléicole».
D’un montant de 200 427 euros TTC, l’opération est financée à 71 % par CDC Biodiversité, dans le cadre du programme Nature 2050, avec le soutien du Conservatoire du littoral et de la Commune de Belgodère.
À Losari, ces travaux ne constituent pas seulement un chantier de restauration écologique. Ils traduisent une vision commune du territoire, où la protection du littoral, la qualité de l’accueil du public, la valorisation du patrimoine et le respect des dynamiques naturelles avancent de concert. Une manière de préparer l’avenir sans renier l’identité de ce site emblématique de Balagne.
