Du 17 au 20 juin 2026, quatorze startups corses font le déplacement à Paris pour participer au salon VivaTech, le plus grand événement européen dédié aux technologies émergentes. En marge du salon, la Collectivité de Corse et l'ADEC ont signé ce jeudi après-midi une convention pluriannuelle avec l'association Corsica Diaspora pour structurer le réseau des Corses établis à l'étranger au service du développement économique de l'île.
Pour la cinquième année consécutive, la Collectivité de Corse, via l'ADEC et avec l'appui d'INIZIÀ, conduit une délégation de quatorze entreprises insulaires au salon VivaTech, le plus grand événement européen dédié aux technologies émergentes jusqu'à samedi. L'évènement, qui avait accueilli 180 000 visiteurs et 14 000 startups en 2025, consacre cette édition à la coopération franco-allemande autour de la souveraineté technologique européenne.
Les entreprises corses y représentent de leur côté des secteurs variés : intelligence artificielle, cybersécurité, santé, patrimoine numérique ou encore jeux vidéo. Parmi elles, Campalingua développe des outils d'IA pour la reconnaissance vocale des langues régionales, dont le corse. Missia, qui participe pour la deuxième fois, propose une solution de prévention de la perte d'autonomie des personnes âgées basée sur l'analyse comportementale. Elle est revenue de la première édition avec des contacts décisifs et a depuis ouvert un marché au Canada. Preuve concrète de l'intérêt de tels déplacements pour les entreprises insulaires.
La diaspora corse, un levier économique enfin structuré
Pour encourager cette dynamique, la Collectivité de Corse et l'ADEC ont signé ce jeudi après-midi une convention pluriannuelle avec l'association Corsica Diaspora pour structurer le réseau des Corses établis à l'étranger au service du développement économique de l'île.
L'association, fondée il y a une vingtaine d'années autour d'un projet culturel, compte environ 1 000 membres répartis dans le monde entier et était en sommeil depuis plusieurs années. "On se rend compte que dans tous les territoires avec une culture unique et une identité forte, il y a des systèmes organisés autour de la diaspora. En Corse, le relais économique n'avait pas vraiment été travaillé jusqu'à présent", explique Adriana Peretti, chargée du dossier à l'ADEC.
L'ADEC travaille déjà avec des membres de la diaspora dans des pays comme le Québec, le Royaume-Uni ou le Maghreb. Un exemple concret : au Québec, un directeur travaillant chez Decathlon s'est rendu disponible pour aider les entreprises corses à accéder au marché local. "Ça se fait encore de façon très naturelle, avec un peu le même rôle qu'un conseiller du commerce extérieur", note Adriana Peretti.
La convention est prévue sur cinq ans. Les deux premières années seront consacrées au développement d'outils numériques et à la croissance du réseau. L'association ambitionne d'augmenter significativement le nombre de membres et de les associer au plan d'action international de l'ADEC. Elle aidera aussi les Corses de l'extérieur qui souhaitent revenir.
Comme un clin d'oeil, lors de cette édition de VivaTech, un Corse vivant depuis dix ans en Nouvelle-Calédonie et travaillant dans le secteur tech est d'ailleurs venu se renseigner sur le stand, souhaitant comprendre l'écosystème numérique corse pour envisager un retour sur l'île.
