Scola Corsa - Reçus par la préfète de Haute-Corse, les parents d’élèves maintiennent la pression

Written on 06/16/2026
Léana Serve

En marge de la première conférence de presse de Véronique Deprez-Boudier, une vingtaine de parents d’élèves et soutiens de Scola Corsa ont investi les salons de la préfecture de Haute-Corse ce mardi matin. Reçus après plus de deux heures de mobilisation, ils réclament toujours des garanties sur l’avenir financier de l’école immersive et menacent d’organiser de nouvelles actions en cas de non réponse.

Scola Corsa - Reçus par la préfète de Haute-Corse, les parents d’élèves maintiennent la pression

Photo : Gérard Baldocchi

Après plus de deux heures d’occupation des salons de la préfecture, la vingtaine de parents d’élèves présents depuis ce mardi matin pour défendre Scola Corsa ont finalement rencontré Véronique Deprez-Boudier, nouvelle préfète de Haute-Corse. Une entrevue obtenue au terme d'une matinée de mobilisation. Pour rappel, ils avaient investi les locaux de la préfecture peu avant 8h30, en marge de la conférence de presse organisée par la nouvelle représentante de l’État dans le département depuis sa prise de fonctions la veille, afin d'obtenir un entretien direct avec la préfète sur l'avenir du modèle de l'école immersive.
 

À l’issue de la rencontre, Véronique Deprez-Boudier a assuré « qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir sur la pérennité de l'école immersive », qualifiant la langue corse de « langue de l’enracinement ». « La revendication porte également sur l’équilibre financier de cette école et sur les conditions dans lesquelles cet équilibre financier peut être maintenu de manière à ce que l'école puisse vivre correctement, sans mettre en responsabilité financière à la fois les élus et l'ensemble des financeurs du dispositif. C'est là-dessus qu'on est en train de travailler avec le recteur, avec le préfet de région et avec la Collectivité de Corse, de manière à assurer une base financière stable, solide et juridiquement établie, parce que je rappelle qu'il y a quand même eu un rapport de la Cour des comptes sur le sujet qui avait mis en exergue le fait que le financement était un financement trop fragile. »
 

Alors que Scola Corsa demande des réponses avant la fin de l’année scolaire, la préfète a indiqué que c’était « tout l’objectif ». « Mais cet objectif, il faut qu'on le partage avec l'ensemble des financeurs : l’État, bien évidemment, mais aussi les élus, les collectivités qui sont en capacité également de venir apporter une aide et un financement. On doit vraiment faire ce travail de concert, et l'objectif, évidemment, c'est de pouvoir le faire de manière la plus sécurisée possible pour que la rentrée se fasse dans de bonnes conditions. »
 

Concernant le recours qui avait été déposé par le préfet de région, Véronique Deprez-Boudier affirme que « le recours a été déposé au regard de la fragilité juridique du dispositif ». « Si on veut que Scola Corsa puisse continuer de la meilleure des manières possibles, il faut la doter d'une assise juridique financière qui soit une assise solide », a-t-elle précisé. « C’est la raison pour laquelle on revient sur ces modalités de financement, qu'on y travaille actuellement pour la doter d'outils qui soient pérennes. Et c'est bien ce que demandent les parents, c'est la possibilité d'inscrire leurs enfants et de les voir grandir et évoluer dans ce dispositif. »
 

De leur côté, les soutiens de Scola Corsa ont reconnu que l’État « est prêt à donner des solutions » mais dit « ne pas y croire ». « On est là pour représenter l'ensemble des parents et il était hors de question d'avoir à nouveau des discussions qui n'aboutissent à rien », a expliqué Sylvain Giannecchini. « Aujourd'hui on veut du concret et que Scola Corsa soit pérennisée pour la rentrée 2026-2027 mais également au-delà. On demande une réponse rapide : on leur donne 48 heures pour nous donner une réponse concrète quant à nos revendications, et d'autres actions auront lieu si on n'a pas de réponse. On reste mobilisés sur le terrain, et le dossier est entre leurs mains », a-t-il martelé.
 

Les parents d’élèves ont également tenu à soutenir Jean-Pierre Luciani, vice-président de la fédération et président du STC Educazione, actuellement en garde à vue et soupçonné d’avoir agressé une agente administrative ce mardi matin au rectorat. « On demande à ce qu'il soit libéré d'office », ont pour leur part indiqué les personnes présentes à Bastia.


Véronique Deprez-Boudier, préfète de Haute-Corse, avant sa rencontre avec les parents d'élèves de Scola Corsa