Scola Corsa réaffirme ses revendications autour de la contractualisation de ses enseignants

Written on 05/19/2026
Léana Serve

Réunis ce mardi à Bastia, les responsables de Scola Corsa ont réaffirmé leur demande de contractualisation généralisée de 11 enseignants, jugée indispensable pour la pérennisation de l’enseignement immersif en langue corse. L’association met également en avant une mobilisation croissante autour du dossier, alors qu’une nouvelle réunion avec l’État est prévue jeudi.

(Photos : Gérard Baldocchi)


Après les rassemblements organisés il y a quelques semaines à Bastia et Ajaccio et plusieurs rencontres avec les services de l’État, Scola Corsa a tenu une conférence de presse ce mardi à Bastia afin de faire le point sur l’évolution du dossier. Réunis dans un café de la place Saint-Nicolas, ils sont notamment revenus sur leur principale revendication : la contractualisation généralisée de 11 enseignants, une mesure qu’ils jugent indispensable pour pérenniser le modèle de l’enseignement immersif en Corse. « Nos amis basques, occitans et bretons ont démarré il y a 50 ans, et ils ont pu bénéficier d'une contractualisation en 1994, lorsque François Bayrou était ministre de l'Éducation nationale. Scola Corsa a démarré il y a cinq ans, et nous demandons aujourd’hui une contractualisation, qui serait une sorte de rattrapage historique par rapport à nos grands frères. Il faut qu'on bénéficie de cette même contractualisation pour que notre modèle fonctionne, à l'instar de tous les autres réseaux, et qu'il soit pérennisé et enfin rendu légal dans son financement », explique le président de l’association, Ghjiseppu Turchini, faisant référence au financement des écoles immersives Scola Corsa à près de 70 % par la Collectivité de Corse, mais fragilisé par une procédure administrative engagée par le préfet de Corse.


Les responsables de l’association ont également insisté sur la mobilisation grandissante autour du dossier. Selon eux, plus de 120 communes ont adopté, lors de leurs conseils municipaux, une motion de soutien à Scola Corsa, tandis que 500 entreprises ont rejoint le comité « L’impresa per a lingua » et que 8 500 signatures, « de citoyens insulaires et au-delà », ont été recueillies sur le manifeste de Scola Corsa. « Les parlementaires vont aussi adresser un courrier au Premier ministre », assure Ghjiseppu Turchini. « C’est une société toute entière qui dit que l'immersion est nécessaire et que c'est le seul modèle qui vaille. Il faut un statut pour cette langue. Il est grand temps de reconnaître la langue corse, de lui donner les moyens de s'épanouir dans une sérénité totale et au profit de tous. Un enfant et au-delà un adulte plurilingue est une personne épanouie, enrichie, ouverte au monde, qui conjugue l'identité de sa terre, les potentialités de sa langue, de son patrimoine, avec une universalité à laquelle le plurilinguisme ouvre encore plus. »

Les responsables de Scola Corsa assurent vouloir poursuivre les discussions engagées avec les services de l’État. Une nouvelle réunion doit se tenir jeudi entre les services administratifs de l’association, ceux de la préfecture et du rectorat. « Nous sommes en train de fournir un dossier administratif, budgétaire, comptable très exhaustif et je pense que nous allons dans la bonne voie, en tout cas je l'espère, pour la sécurisation juridique et comptable de notre dispositif », conclut Ghjiseppu Turchini.