Futur parc urbain d'Ajaccio : du pétrole découvert sous le téléphérique Angelo, la CAPA suspend une partie du chantier

Written on 05/13/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Révélée par nos confrères d’Ici RCFM, la découverte de traces d’hydrocarbures sur le chantier du futur parc urbain d’Ajaccio a conduit la CAPA à appliquer immédiatement un strict principe de précaution. Une partie limitée du site, autour de l’ancienne maison du gardien destinée à accueillir une guinguette, a été confinée dans l’attente des analyses. « Aucun risque pour le personnel, aucun risque pour le voisinage », assure toutefois Laurent Castinetti, directeur adjoint du cabinet du président de la CAPA, qui évoque une pollution « faible et localisée ».

Le chantier du futur parc urbain d’Ajaccio, vaste projet de huit hectares appelé à devenir l’un des principaux espaces verts de la ville, avance depuis plusieurs mois et approche désormais de sa phase finale. Mais sous les terrassements réalisés au fond du parking, près de l’ancienne maison du gardien actuellement en réhabilitation, les entreprises ont découvert un élément inattendu : une terre noire laissant apparaître des traces d’hydrocarbures.
 
L’information, révélée par nos confrères d’Ici RCFM, a immédiatement entraîné une réaction de la Communauté d’agglomération du Pays Ajaccien. « Dès que le signalement a été fait, les vérifications sont intervenues », explique Laurent Castinetti, directeur adjoint du cabinet du président de la CAPA. « Il est apparu qu’il y avait une pollution due au mazout, mais dont on ne connaît pas encore l’origine ni la provenance exacte. C’est pour cela qu’on reste extrêmement prudents. »

La pollution a été mise au jour au moment des travaux de terrassement autour de la bâtisse qui doit être transformée en espace de petite restauration avec terrasse, destiné à accueillir familles, promeneurs et enfants au cœur du futur parc. « On est actuellement sur cette zone-là du chantier. Les entreprises ont un peu creusé et ont découvert cette terre noire », détaille Laurent Castinetti.

Selon les premières constatations, la zone concernée resterait relativement limitée, entre 200 et 500 m², sur un site global de huit hectares. « A priori, les dégâts sont localisés sur le bas du terrain », précise-t-il. « Les premiers retours sont plutôt rassurants. On parle d’une couche qui pourrait être pompée facilement et qui n’impacte pas le reste du chantier. »

Le chantier continue partout ailleurs

Face à cette situation, la CAPA a immédiatement décidé de suspendre uniquement les travaux autour de la future guinguette. Le reste du chantier du parc urbain continue normalement. « On a simplement suspendu le chantier au niveau de la guinguette », insiste Laurent Castinetti. « Le reste du parc se déroule dans des conditions normales. » La collectivité affirme avoir confiné la zone concernée afin de garantir la sécurité des ouvriers intervenant sur le site.

« Notre priorité, c’est qu’il n’y ait aucun risque pour le personnel et aucun risque pour le voisinage », martèle le directeur adjoint du cabinet du président de la CAPA. « Aujourd’hui, il n’y a rien de bien méchant, la pollution semble très faible, mais évidemment on prend cela très au sérieux. »

Une ancienne emprise militaire au passé pétrolier

Le terrain concerné appartient encore au ministère des Armées. La CAPA n’en est pas encore officiellement propriétaire et bénéficie actuellement d’une autorisation temporaire d’occupation renouvelée chaque année. « Par correction, le propriétaire a immédiatement été informé », explique Laurent Castinetti. « Le terrain ne fait pas encore partie du foncier définitivement transféré à la collectivité. »

L’hypothèse d’une pollution héritée d’anciennes activités militaires est aujourd’hui sérieusement étudiée. Le secteur aurait servi autrefois de zone stratégique de stockage de carburants pour la Corse. « C’était un ancien site de stockage de mazout », rappelle-t-il. « Mais il y avait aussi, juste derrière notre terrain, un ancien dépôt pétrolier privé. Donc il est possible que cela provienne d’une autre zone. Aujourd’hui, nous n’avons aucune certitude. » Cette proximité avec d’anciennes infrastructures pétrolières complique le travail d’identification de l’origine exacte des hydrocarbures retrouvés.

Des analyses attendues sous dix jours

La CAPA a missionné un bureau d’études spécialisé afin d’effectuer des sondages et des analyses complémentaires sur le site. Les résultats devraient être connus dans une dizaine de jours. « Les prélèvements sont partis en laboratoire », indique Laurent Castinetti. « Les analyses permettront de savoir si la pollution est plus étendue que ce que nous connaissons actuellement et surtout d’identifier sa provenance. »

Une réunion avec le ministère des Armées doit également avoir lieu la semaine prochaine afin d’évoquer les suites du dossier et les éventuelles opérations complémentaires à engager. En attendant, la collectivité maintient sa ligne de prudence, tout en cherchant à rassurer sur l’état général du chantier.