Vainqueur de l’Act 2 des Ocean Fifty Series à Ajaccio avec Elvest, Sébastien Rogues a confirmé cette semaine sa très bonne dynamique après son succès à Sainte-Maxime. Mais au-delà du classement, l’étape corse a surtout raconté une autre histoire : celle de Thomas Coville, légende de la course au large venue accompagner l’émergence d’une nouvelle génération.
Pendant quatre jours, le golfe d’Ajaccio s’est transformé en terrain de jeu idéal pour les Ocean Fifty. Entre vents soutenus et mer relativement plate les huit trimarans engagés dans cette deuxième étape du championnat ont offert un spectacle permanent au large de la cité impériale.
À l’arrivée, c’est Sébastien Rogues et son équipage sur Elvest qui se sont imposés, une semaine seulement après leur victoire à Sainte-Maxime, confirmant leur excellent début de saison.
Pour Mathieu Baule, directeur général des Ocean Fifty Series, cette étape corse coche toutes les cases. « On a passé une semaine magnifique, autant sur les conditions sportives que sur l’accueil à terre. Sportivement, c’était idéal pour nos bateaux : beaucoup de vent, une mer plate et un cadre exceptionnel. »
Les parcours ont été dessinés au gré des conditions météorologiques, avec une attention particulière portée à la sécurité des plaisanciers mais aussi à la mise en valeur du littoral ajaccien. « Sur les parcours côtiers, on est allés chercher les plus beaux points autour de nous pour permettre aux bateaux de naviguer dans ces décors avant de revenir au port », explique l’organisateur.
À terre aussi, le rendez-vous a trouvé son public. Curieux, passionnés et écoles de voile se sont succédé toute la semaine sur les quais. « On sent une vraie curiosité autour de ces bateaux. C’est aussi ce que l’on vient chercher quand on s’installe dans une ville », poursuit Mathieu Baule.
Thomas Coville, du Jules-Verne au rôle d’équipier
Dans le paddock des Ocean Fifty, un visage attirait pourtant une attention particulière : celui de Thomas Coville.
À l’arrivée, c’est Sébastien Rogues et son équipage sur Elvest qui se sont imposés, une semaine seulement après leur victoire à Sainte-Maxime, confirmant leur excellent début de saison.
Pour Mathieu Baule, directeur général des Ocean Fifty Series, cette étape corse coche toutes les cases. « On a passé une semaine magnifique, autant sur les conditions sportives que sur l’accueil à terre. Sportivement, c’était idéal pour nos bateaux : beaucoup de vent, une mer plate et un cadre exceptionnel. »
Les parcours ont été dessinés au gré des conditions météorologiques, avec une attention particulière portée à la sécurité des plaisanciers mais aussi à la mise en valeur du littoral ajaccien. « Sur les parcours côtiers, on est allés chercher les plus beaux points autour de nous pour permettre aux bateaux de naviguer dans ces décors avant de revenir au port », explique l’organisateur.
À terre aussi, le rendez-vous a trouvé son public. Curieux, passionnés et écoles de voile se sont succédé toute la semaine sur les quais. « On sent une vraie curiosité autour de ces bateaux. C’est aussi ce que l’on vient chercher quand on s’installe dans une ville », poursuit Mathieu Baule.
Thomas Coville, du Jules-Verne au rôle d’équipier
Dans le paddock des Ocean Fifty, un visage attirait pourtant une attention particulière : celui de Thomas Coville.
Quelques mois seulement après avoir remporté le Trophée Jules-Verne avec Sodebo Ultim 3 en bouclant le tour du monde en 40 jours, 10 heures, 45 minutes et 50 secondes, le navigateur de 57 ans avait changé de costume.
Cette fois, pas de géant des mers ni de projet de record planétaire. À Ajaccio, Thomas Coville naviguait sur un Ocean Fifty ancien, deux fois plus petit que son Ultim, dans un rôle beaucoup plus discret. « Ces jours-ci, je suis équipier », résume-t-il simplement.
Derrière cette formule, il y a surtout une volonté : créer un passage de témoin. Avec Sodebo, le navigateur a participé à l’acquisition d’un ancien Ocean Fifty pour offrir à Léonard Legrand l’opportunité de prendre le départ de la prochaine Route du Rhum. Une histoire qui dépasse largement le simple cadre sportif.
Leonard Legrand connaît la maison depuis longtemps. Arrivé à 18 ans comme ingénieur en alternance, il a grandi dans l’ombre des grandes campagnes océaniques de Thomas Coville avant de gagner progressivement sa place à bord. Le skipper français ne parle d’ailleurs jamais de mentorat de manière verticale. Au contraire, il revendique presque une position d’effacement. « Je n’ai jamais été un très grand leader. En revanche, j’ai toujours aimé servir un groupe ou un leader », explique-t-il. « Là, ce qui me plaisait, c’était que Léonard prenne réellement le contrôle du projet. »
Une transmission sans recettes toutes faites
Thomas Coville se méfie de cette posture qui consiste à expliquer aux plus jeunes ce qu’il faudrait faire à leur place. « Il y a parfois un côté testamentaire dans la transmission », observe-t-il. « Je ne voulais surtout pas arriver avec des réponses toutes faites. »
Toute la semaine, le navigateur a donc cherché à accompagner sans imposer. Laisser Léonard Legrand prendre les décisions, mener les échanges à bord, construire sa propre confiance. Le résultat, selon lui, est déjà visible. Au fil des navigations dans le golfe d’Ajaccio, le jeune skipper a gagné en assurance.
« Après tant d’années dans l’adversité, aujourd’hui ce qui m’intéresse davantage, c’est l’altérité », confie-t-il. « Naviguer avec des gens différents en âge, en culture ou en parcours, et réussir à construire ensemble quelque chose de commun. »
Cette fois, pas de géant des mers ni de projet de record planétaire. À Ajaccio, Thomas Coville naviguait sur un Ocean Fifty ancien, deux fois plus petit que son Ultim, dans un rôle beaucoup plus discret. « Ces jours-ci, je suis équipier », résume-t-il simplement.
Derrière cette formule, il y a surtout une volonté : créer un passage de témoin. Avec Sodebo, le navigateur a participé à l’acquisition d’un ancien Ocean Fifty pour offrir à Léonard Legrand l’opportunité de prendre le départ de la prochaine Route du Rhum. Une histoire qui dépasse largement le simple cadre sportif.
Leonard Legrand connaît la maison depuis longtemps. Arrivé à 18 ans comme ingénieur en alternance, il a grandi dans l’ombre des grandes campagnes océaniques de Thomas Coville avant de gagner progressivement sa place à bord. Le skipper français ne parle d’ailleurs jamais de mentorat de manière verticale. Au contraire, il revendique presque une position d’effacement. « Je n’ai jamais été un très grand leader. En revanche, j’ai toujours aimé servir un groupe ou un leader », explique-t-il. « Là, ce qui me plaisait, c’était que Léonard prenne réellement le contrôle du projet. »
Une transmission sans recettes toutes faites
Thomas Coville se méfie de cette posture qui consiste à expliquer aux plus jeunes ce qu’il faudrait faire à leur place. « Il y a parfois un côté testamentaire dans la transmission », observe-t-il. « Je ne voulais surtout pas arriver avec des réponses toutes faites. »
Toute la semaine, le navigateur a donc cherché à accompagner sans imposer. Laisser Léonard Legrand prendre les décisions, mener les échanges à bord, construire sa propre confiance. Le résultat, selon lui, est déjà visible. Au fil des navigations dans le golfe d’Ajaccio, le jeune skipper a gagné en assurance.
« Après tant d’années dans l’adversité, aujourd’hui ce qui m’intéresse davantage, c’est l’altérité », confie-t-il. « Naviguer avec des gens différents en âge, en culture ou en parcours, et réussir à construire ensemble quelque chose de commun. »
Ajaccio, terrain de jeu aussi magnifique qu’imprévisible
Le format Ocean Fifty séduit par cet équilibre entre puissance et accessibilité. Des multicoques rapides, spectaculaires, mais qui conservent une forme de simplicité dans leur fonctionnement et dans la vie d’équipage. C’est précisément ce que Thomas Coville apprécie dans cette classe : des bateaux « aériens », vivants, où la jeunesse des projets et des marins apporte une énergie particulière. Mais le golfe d’Ajaccio n’avait rien d’un bassin facile. Coincée entre mer et reliefs abrupts, la baie corse impose une lecture météorologique extrêmement fine : les montagnes perturbent les flux et déforment les rafales. « Le vent rebondit, passe au-dessus de la Corse, interagit avec le relief et la chaleur », détaille Thomas Coville. « Cela crée une vraie complexité aérologique. »
Mais même pour l’un des plus grands navigateurs de sa génération, qui a passé sa vie sur toutes les mers du globe, Ajaccio semble avoir provoqué une forme d’émerveillement. Entre deux manches, Thomas Coville évoquait souvent le contraste saisissant entre la Méditerranée et les sommets encore enneigés visibles depuis le plan d’eau. « On ne voit pas ça souvent dans le monde », souffle-t-il.
Ce dimanche, les trimarans ont quitté progressivement le port d’Ajaccio pour rejoindre leurs ports d’attache, mettant un terme à quatre jours de régates dans le golfe corse. Thomas Coville repart, quant à lui, après une semaine où la navigation aura davantage ressemblé à un passage de relais qu’à une démonstration de force.
Le format Ocean Fifty séduit par cet équilibre entre puissance et accessibilité. Des multicoques rapides, spectaculaires, mais qui conservent une forme de simplicité dans leur fonctionnement et dans la vie d’équipage. C’est précisément ce que Thomas Coville apprécie dans cette classe : des bateaux « aériens », vivants, où la jeunesse des projets et des marins apporte une énergie particulière. Mais le golfe d’Ajaccio n’avait rien d’un bassin facile. Coincée entre mer et reliefs abrupts, la baie corse impose une lecture météorologique extrêmement fine : les montagnes perturbent les flux et déforment les rafales. « Le vent rebondit, passe au-dessus de la Corse, interagit avec le relief et la chaleur », détaille Thomas Coville. « Cela crée une vraie complexité aérologique. »
Mais même pour l’un des plus grands navigateurs de sa génération, qui a passé sa vie sur toutes les mers du globe, Ajaccio semble avoir provoqué une forme d’émerveillement. Entre deux manches, Thomas Coville évoquait souvent le contraste saisissant entre la Méditerranée et les sommets encore enneigés visibles depuis le plan d’eau. « On ne voit pas ça souvent dans le monde », souffle-t-il.
Ce dimanche, les trimarans ont quitté progressivement le port d’Ajaccio pour rejoindre leurs ports d’attache, mettant un terme à quatre jours de régates dans le golfe corse. Thomas Coville repart, quant à lui, après une semaine où la navigation aura davantage ressemblé à un passage de relais qu’à une démonstration de force.


