Furiani : une fresque inaugurée aux abords du mémorial du stade Armand-Cesari

Written on 05/04/2026
Matteo Lanfranchi

Une nouvelle fresque vient d'être installée aux abords du mémorial du 5 mai 1992 au stade Armand-Cesari. Fruit d'une collaboration entre le Sporting Club de Bastia, le Collectif des Victimes du 5 Mai 1992 et l'association Sporting 92, elle retrace la chronologie complète du drame, de l'avant jusqu'à l'après.

(Photos Gérard Baldocchi)

C'est le Sporting Club de Bastia qui est à l'origine du projet. Josepha Guidicelli, présidente du Collectif des Victimes, salue l'initiative. "C'est une action concrète du Sporting Club de Bastia pour les commémorations, de venir embellir ces grilles en expliquant toute l'histoire du drame de Furiani." Pour Jean-Louis Constant, directeur de la sécurité et responsable sociétal au club, l'idée a germé dès l'été 2025. "J'ai estimé qu'il fallait rendre à cet espace une autre envergure. Je viens tous les jours travailler au stade, je m'arrêtais régulièrement quand il y avait des gens, et je sentais qu'ils avaient besoin d'en savoir plus."

Une chronologie complète du drame

La fresque ne se contente pas d'évoquer la catastrophe. Elle retrace l'intégralité de l'histoire, de la joie suscitée par le tirage au sort pour la demi-finale, jusqu'à la construction de la tribune, dont le procès a établi qu'elle avait 100% de chances de s'effondrer. "Ce n'est pas un accident. Ça a été le fait de négligences et d'intérêts particuliers", rappelle Josepha Guidicelli. La fresque évoque également les condamnations et les actions du collectif, notamment l'obtention de la loi interdisant tout match de football professionnel le 5 mai. Elle se termine sur les visages des victimes. Pour y parvenir, un important travail d'archives a été mené, notamment grâce aux archives exceptionnelles de M. Mucchielli et de son épouse, Jean-Paul Cappuri ainsi qu'à celles du collectif.

Un lieu de transmission complémentaire du mémorial

Josepha Guidicelli insiste sur la complémentarité de cette fresque avec la stèle existante. "À la stèle il y a le lieu, mais il n'y a pas d'explicatif. Là, ça vient vraiment étayer avec des photos, des images, des articles de journaux. C'est plus concret, plus détaillé." Pour Jean-Louis Constant, l'espace a pris une toute autre dimension. "On sent que quand on arrive devant le mémorial, on est vraiment dans un espace. Il a été encore amélioré." Et l'accès reste libre, ouvert à tous, à toute heure.

D'autres projets à venir

Et ce n'est qu'un début. Jean-Louis Constant l'annonce clairement : d'autres supports sont prévus dans les prochaines années. "On ne pouvait pas tout mettre sur ce linéaire. Cette fresque va être mise en ligne avec des informations beaucoup plus importantes."
Pour le club, l'enjeu dépasse le simple devoir de mémoire. "On a un centre de formation, les jeunes doivent savoir ce qui s'est passé dans leur stade", conclut Jean-Louis Constant. "C'est un acte fort : on ne met pas de côté ce qui s'est passé ici."