Clubhouse Bastia - Des petits-déjeuners conviviaux dédiés aux employeurs sensibles aux enjeux de santé mentale et d’inclusion

Written on 04/23/2026
Philippe Jammes

En cette année « Santé Mentale, Grande Cause Nationale 2026 », le Clubhouse Bastia initiait ce jeudi un nouveau format de rencontres et de discussions autour de l'emploi et du handicap : des petits-déjeuners conviviaux dédiés aux employeurs sensibles aux enjeux de santé mentale et d’inclusion. Et le premier a été une totale réussite.

Une première réussie pour les petits-déjeuners du Clubhouse Bastia.


Les Clubhouse sont des lieux qui accompagnent les personnes concernées par un trouble psychique vers une insertion sociale et professionnelle, un lieu d’accueil où une personne rétablie de ses troubles pourra progressivement reprendre une vie « normale » après des mois « exclue » de celle-ci. Lorsqu’une personne est frappée par un trouble psychique, il y a le plus souvent rupture professionnelle, sociale, parfois familiale, rupture au monde extérieur.
« Le 1er Clubhouse a été créé en 1947 à New-York, non pas par des médecins mais par des patients stabilisés et qui pointaient le manque de passerelle pour un retour à l’emploi » explique Jean-Yves Bonifay, directeur du Clubhouse Bastia  qui a ouvert ses portes rue Cesar Campinchi en décembre 2024. «Aujourd’hui on recence 350 Clubhouse dans le monde, dans 33 pays. 13 en France dont un en Corse. Nous avons 3 objectifs : Déstigmatisation, retour à la vie sociale, retour à la vie professionnelle. La méthode a fait ses preuves, reconnue et fonctionnant avec l’ARS et le ministère de la santé ». Grâce au dynamisme de son directeur, Clubhouse Bastia, en une année seulement, s’est bien ancré dans le paysage insulaire. « Ici il n’y a pas de patients mais des membres qui viennent travailler, à leur rythme, dans leur entreprise : Le Clubhouse. Ils retrouvent ainsi le rythme de tout un chacun, d’un travailleur, d’un citoyen. Il y a à la fois le « faire ensemble » et l’autodétermination puisque nos membres se fixent eux-mêmes leurs objectifs, on est là pour les accompagner. A Bastia on compte à ce jour 40 bénéficiaires».


Aux chefs d’entreprises, aux responsables d’institutions présents ce jeudi à ce 1er petit-déjeuner, J.-Y. Bonifay a rappelé le fonctionnement du Clubhouse. Une journée débute à 9h30 autour d’un café pris en commun. « Un moment important car certains vivent seuls » souligne JY Bonifay. On y dresse la liste des activités à effectuer et la désignation à ces tâches du quotidien: Courses, préparation du repas, lessive, ménage, rangement… on recense aussi les activités culturelles et de loisir faites en partenariat avec des associations.  « Ce sont eux qui font tourner la boite et ça leur permet de retrouver le rythme. Le retour à la vie active passe par là » indique JY Bonifay.


En cette année 2026, l’axe fort du Clubhouse Bastia réside en la relation avec les entreprises et le retour à l’emploi, d’où l’idée de ces petits-déjeuners mensuels. « Pour nous c’est présenter notre méthode de réhabilitation qui a fait ses preuves dans trente pays à travers le monde, rencontrer de potentiels recruteurs, établir des partenariats entre nos structures. Pour les entreprises c’est l’occasion de faire connaître leur établissement, s'informer sur les dispositifs existants et les avantages au recrutement de personnes en situation de handicap, rencontrer de futurs salariés de talents et échanger avec d'autres acteurs du territoire dans un cadre convivial et intimiste ». Présents ce jeudi, des représentants de France Travail, Mutualité de la Corse, Mairie de Bastia, Chemins de Fer Corse, AFPA et des chefs d’entreprises. 


L’occasion aussi de témoignages : « Je m’appelle Olivier, j’ai 58 ans. On m’a déclaré bipolaire. J’ai été soigné à Luri puis je suis revenu sur Bastia pour vivre dans un appartement. Je n’avais plus de repères, je passais mes journées à ne rien faire chez moi, je pensais ma vie perdue. Grâce au Clubhouse mon canapé me fait la gueule aujourd’hui car il ne me voit plus. J’y viens 4 à 5 fois par semaine, comme si je bossais.  Le Clubhouse a changé ma vie. C’est un grand bonheur. J’ai arrêté l’alcool et mon prochain objectif est d’arrêter de fumer ».
Un témoignage qui en dit long, chaleureusement applaudi par le parterre professionnel. D’autres témoignages tout aussi émouvants et plein d’espoir suivront.


Outre ses petits-déjeuners qui pourraient déboucher sur des emplois ou des stages, le Clubhouse Bastia a en projet un jardin partagé de quelque 450 m². Dans 2 ans, la maison-mère de New-York enverra une délégation à Bastia en vue d’une accréditation internationale. D’ici là peut-être aussi l’ouverture d’un Clubhouse à Ajaccio voire un club itinérant à Calvi.