C’est en fin de session de l’Assemblée de Corse, ce mardi 21 avril, que Gilles Simeoni a annoncé sa démission de la présidence du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse pour le soir-même. Dans un discours d’une trentaine de minutes adressé aux Corses, après une longue liste de remerciements, il est revenu sur la décennie écoulée et les principes qui l’ont guidé, et a confirmé la continuité de son action avec son successeur, Gilles Giovannangeli. Gilles Simeoni restera à l’Exécutif et gardera la main sur des dossiers phares qu’il a portés, comme l’autonomie de la Corse.
« Au moment où je m’apprête à quitter mes fonctions, j’ai certes un pincement au cœur, mais je n’ai pas de nostalgie ou de tristesse, tout simplement parce que l’immense honneur que m’ont fait les Corses en me témoignant leur confiance à trois reprises m’a permis d’exercer ses fonctions ». Ni nostalgie, ni tristesse, mais c’est avec une émotion certaine que Gilles Simeoni a annoncé, mardi en fin d’après-midi, en quasi-clôture de session, sa démission de la présidence du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse pour le soir-même, à 23h59, précisément. Une présidence qu’il a exercée sans discontinuer pendant une décennie, depuis l’accession au pouvoir des Nationalistes le 17 décembre 2015 et renouvelé en 2017 et 2021. Et une démission qui intervient après son élection, le 28 mars dernier, comme maire de Bastia, un mandat auquel il a décidé de se consacrer pleinement : « Cette décision est la traduction d’un engagement que j’ai pris devant les Bastiais et plus globalement devant les Corses. J’entends le respecter strictement, sans user de la faculté qui me serait accordée, par l’introduction d’un recours électoral dans le cadre de l’élection municipale bastiaise, de rester dans une situation de cumul de fonctions que je ne souhaite pas pour des raisons éthiques et politiques ». Tout en précisant : « Je reste un militant animé, comme beaucoup d’autres ici, d’un idéal, et j’essaye de servir cet idéal, quelque soit la fonction que j’occupe ou la place qui est la mienne, à tel ou tel moment de ma vie ».
L’intérêt de la Corse
Après de longs remerciements adressés à la présidence de l’Assemblée, aux conseillers exécutifs, aux élus territoriaux et aux fonctionnaires de la Collectivité, Gilles Simeoni revient sur ses dix ans de présidence et sur ce qui a motivé son action : « Est-ce que j’aurais voulu faire mieux ? Oui ! Est-ce que j’aurais voulu faire plus vite ? Oui ! Est-ce que je suis satisfait de ce que nous avons fait ? Non ! Pas totalement ! ». Mais tempère-t-il « Je pense sincèrement avoir essayé de faire au mieux autour de quatre volets complémentaires. Premièrement, j’ai, à chaque instant et pour chaque décision, de la plus fondamentale à la plus quotidienne, essayer de placer l’intérêt de la Corse, les intérêts collectifs du peuple Corse, l’intérêt général, au cœur de mes choix. Deuxièmement, j’ai essayé de renforcer le souffle démocratique de cette société insulaire. Dans une société corse divisée, fragmentée, traversée par des conflits terribles, nous avons réussi à construire, certes de façon encore imparfaite, la paix. Troisièmement, j’ai essayé de défendre et de faire grandir nos institutions. Quatrièmement, j’ai essayé d’expliquer, de faire respecter, de faire comprendre et de faire aimer la Corse ». Particulièrement, indique-t-il, à l’Etat, pour « dissiper les malentendus, même si la relation a été éminemment difficile. Nous avons porté avec constance, cette quête de reconnaissance, de justice, de dignité devant deux présidents de la République, et neuf premiers ministres ».
Un combat incessant
Gilles Simeoni rappelle le combat constant qu’il a fallu livrer entre la nécessité de résister et la volonté de construire. « Résister, c’est notre culture politique et notre histoire. Oui, nous nous sommes battus, pendant ces dix ans, le dos au mur contre des agressions évidentes qui génèrent la révolte et qui risquent de la générer toujours plus, si nous n’apportons pas des réponses politiques. La violence de la spéculation immobilière, la violence de la dépossession foncière, la violence de nos villages qui meurent, la violence de notre langue qui disparaît, la violence d’un système économique dominé par une croissance appauvrissante qui, mêlée à certains traits ataviques, culturels, psychologiques, donne aussi des logiques mafieuses contre lesquelles nous nous sommes élevés. Ce choc démographique qui nous inquiète, et auquel nous devons répondre sans démagogie et sans logique d’exclusion ». Résister d’un côté par la voie de la démocratie et construire de l’autre : « Nous avons essayé de le faire avec des moyens budgétaires limités, des moyens juridiques contraints, mais avec une volonté politique constante ».
Garder confiance
Enfin, Gilles Simeoni tient à rassurer les Corses, affirmant qu’il a veillé à assurer la continuité politique de son action, des engagements pris et du fonctionnement des institutions. La conseillère exécutive en charge de la santé, Bianca Fazi, assurera l’intérim pendant douze jours, comme le veut la loi. Le 4 mai, lors d’une session extraordinaire, sera procédé à l’élection d’un nouvel Conseil exécutif et d’un nouveau président. Gilles Simeoni a confirmé que son successeur sera bien l’actuel président de l’ADEC, Gilles Giovannangeli et que lui-même restera à l’Exécutif et gardera la main sur certains dossiers, notamment celui de la réforme constitutionnelle et du statut d’autonomie. « Le combat continue. En ce qui me concerne, je continuerai de prendre ma part en tant que maire de Bastia et en tant que membre du Conseil exécutif de Corse, si l’assemblée en décide ainsi ». Avant de conclure sur un message aux Corses : « J’aimerais dire aux Corses que nous devons avoir confiance. Nous pouvons avoir confiance, quelques soient les difficultés ou les inquiétudes, parce que notre combat est dans le sens de l’histoire et que nous allons réussir. Et si nous ne réussissons pas, ce seront les générations à venir qui accompliront le rêve ».
N.M.
L’intérêt de la Corse
Après de longs remerciements adressés à la présidence de l’Assemblée, aux conseillers exécutifs, aux élus territoriaux et aux fonctionnaires de la Collectivité, Gilles Simeoni revient sur ses dix ans de présidence et sur ce qui a motivé son action : « Est-ce que j’aurais voulu faire mieux ? Oui ! Est-ce que j’aurais voulu faire plus vite ? Oui ! Est-ce que je suis satisfait de ce que nous avons fait ? Non ! Pas totalement ! ». Mais tempère-t-il « Je pense sincèrement avoir essayé de faire au mieux autour de quatre volets complémentaires. Premièrement, j’ai, à chaque instant et pour chaque décision, de la plus fondamentale à la plus quotidienne, essayer de placer l’intérêt de la Corse, les intérêts collectifs du peuple Corse, l’intérêt général, au cœur de mes choix. Deuxièmement, j’ai essayé de renforcer le souffle démocratique de cette société insulaire. Dans une société corse divisée, fragmentée, traversée par des conflits terribles, nous avons réussi à construire, certes de façon encore imparfaite, la paix. Troisièmement, j’ai essayé de défendre et de faire grandir nos institutions. Quatrièmement, j’ai essayé d’expliquer, de faire respecter, de faire comprendre et de faire aimer la Corse ». Particulièrement, indique-t-il, à l’Etat, pour « dissiper les malentendus, même si la relation a été éminemment difficile. Nous avons porté avec constance, cette quête de reconnaissance, de justice, de dignité devant deux présidents de la République, et neuf premiers ministres ».
Un combat incessant
Gilles Simeoni rappelle le combat constant qu’il a fallu livrer entre la nécessité de résister et la volonté de construire. « Résister, c’est notre culture politique et notre histoire. Oui, nous nous sommes battus, pendant ces dix ans, le dos au mur contre des agressions évidentes qui génèrent la révolte et qui risquent de la générer toujours plus, si nous n’apportons pas des réponses politiques. La violence de la spéculation immobilière, la violence de la dépossession foncière, la violence de nos villages qui meurent, la violence de notre langue qui disparaît, la violence d’un système économique dominé par une croissance appauvrissante qui, mêlée à certains traits ataviques, culturels, psychologiques, donne aussi des logiques mafieuses contre lesquelles nous nous sommes élevés. Ce choc démographique qui nous inquiète, et auquel nous devons répondre sans démagogie et sans logique d’exclusion ». Résister d’un côté par la voie de la démocratie et construire de l’autre : « Nous avons essayé de le faire avec des moyens budgétaires limités, des moyens juridiques contraints, mais avec une volonté politique constante ».
Garder confiance
Enfin, Gilles Simeoni tient à rassurer les Corses, affirmant qu’il a veillé à assurer la continuité politique de son action, des engagements pris et du fonctionnement des institutions. La conseillère exécutive en charge de la santé, Bianca Fazi, assurera l’intérim pendant douze jours, comme le veut la loi. Le 4 mai, lors d’une session extraordinaire, sera procédé à l’élection d’un nouvel Conseil exécutif et d’un nouveau président. Gilles Simeoni a confirmé que son successeur sera bien l’actuel président de l’ADEC, Gilles Giovannangeli et que lui-même restera à l’Exécutif et gardera la main sur certains dossiers, notamment celui de la réforme constitutionnelle et du statut d’autonomie. « Le combat continue. En ce qui me concerne, je continuerai de prendre ma part en tant que maire de Bastia et en tant que membre du Conseil exécutif de Corse, si l’assemblée en décide ainsi ». Avant de conclure sur un message aux Corses : « J’aimerais dire aux Corses que nous devons avoir confiance. Nous pouvons avoir confiance, quelques soient les difficultés ou les inquiétudes, parce que notre combat est dans le sens de l’histoire et que nous allons réussir. Et si nous ne réussissons pas, ce seront les générations à venir qui accompliront le rêve ».
N.M.
