Sélectionné comme projet emblématique 2026 du Loto du patrimoine, le couvent d’Orezza va bénéficier d’un soutien financier pour engager sa restauration et sa sécurisation. Haut lieu de l’histoire corse et du patrimoine franciscain aujourd’hui en ruines, il doit à terme être rouvert au public et intégré à un parcours culturel.
C’est un témoin majeur de l’histoire corse. Fondé en 1485, le couvent San Francescu d’Orezza a tenu un rôle important dans les révolutions corses, en y accueillant plusieurs cunsulte décisives pour l’indépendance de l’île, à l’instar de la cunsulta de 1731 qui déclara la révolution contre Gênes « saine et juste » ainsi que celle de 1790 durant laquelle Pasquale Paoli fut proclamé chef de la Nation corse. Mais aujourd’hui ce site patrimonial exceptionnel, gravement endommagé en 1943 lors de l’explosion d’un dépôt de munitions, est en ruines.
Afin de sauver ce monument emblématique, la mission Patrimoine pour la sauvegarde du patrimoine en péril portée par Stéphane Bern, déployée par la Fondation du patrimoine et soutenue par le ministère de la Culture et FDJ United, vient d’annoncer que le couvent d’Orezza est le projet emblématique 2026 de la région Corse. Il bénéficiera ainsi du soutien financier de la 9e édition de l’offre de jeux Mission Patrimoine qui sera lancée en septembre prochain. « Le montant de sa dotation sera annoncé lors des prochaines Journées européennes du patrimoine », précise la Fondation du Patrimoine.
Un projet de réhabilitation en cours
« C’est avec une grande fierté que la commune de Piedicroce voit le couvent Saint-François d’Orezza retenu dans le cadre du Loto du patrimoine. Ce lieu emblématique de notre histoire, au cœur de la Castagniccia, porte en lui une part essentielle de l’âme corse », s’est réjoui la mairie sur ses réseaux sociaux en se félicitant que cette reconnaissance nationale vienne « saluer le travail abattu, la vision que nous portons, mais surtout la valeur patrimoniale exceptionnelle de notre couvent qui par son histoire bien au-delà de nos frontières ».
Alors que le couvent a longtemps été laissé à l’abandon et sans protection patrimoniale, la commune a en effet engagé une procédure de bien sans maître en 2023. Une démarche qui a permis à la Collectivité de Corse d’en devenir pleinement propriétaire à la suite de la signature d’un acte notarié en mars 2025, et de lancer un projet de réhabilitation dans une « dynamique patrimoniale, culturelle et touristique ambitieuse ». « Le projet, après les étapes de mise en sécurité et de réhabilitation des parties endommagées, prévoit la création d’un parcours immersif permettant l’accès libre à l’église, l’oratoire et le clocher », indique la Cdc en précisant que ce projet « vise à inscrire durablement le couvent dans la mémoire collective insulaire, à attirer visiteurs et chercheurs et à dynamiser culturellement et économiquement la région ». « Ce projet fait partie intégrante de la Strada Paolina, itinéraire mémoriel de valorisation du patrimoine bâti en lien avec Pasquale Paoli », ajoute l’institution. Des opérations de sauvegarde qui se chiffrent à hauteur de 3,9 millions d’euros.
Pour les financer, une souscription a été lancé en avril 2025 avec la Fondation du patrimoine. « À ce jour, 109 dons pour un montant de 46 862€ ont été enregistrés », dévoile la CdC en rappelant avoir également reçu une dotation de 250 000 € en février dernier, attribuée dans le cadre des trophées impact de la Fondation du Patrimoine.
29 sites corses déjà aidés dans leur restauration par le Loto du Patrimoine
Une somme qui sera donc abondée grâce au soutien financier du Loto du patrimoine, le couvent d’Orezza ayant été sélectionné parmi les 18 projets emblématiques retenus cette année à l’échelle nationale. Un coup d’accélérateur décisif pour préserver et valoriser cet édifice exceptionnel du patrimoine insulaire, et lui redonner toute sa place dans l’histoire et le paysage culturel de la Corse.
« En Corse, depuis la première édition en 2018, la Mission patrimoine a aidé 29 sites pour leurs travaux de restauration, dont 8 projets emblématiques du patrimoine régional et 21 sites départementaux. Aujourd’hui, plus de 30% sont d’ores et déjà sauvés ou sur le point de l’être : 11 chantiers sont terminés et 18 sont en cours », rappelle la Fondation du patrimoine.
