Vandalisme au col de Teghime : élus et citoyens unis pour défendre la mémoire de la résistance

Written on 04/01/2026
Léana Serve

Après la dégradation de plaques commémoratives sur le site historique du col de Teghime, près de Bastia, une centaine de personnes se sont rassemblées ce mercredi pour dénoncer ces actes et réaffirmer leur attachement à la mémoire des combattants ayant contribué à la libération de la Corse.

(Photos Gérard Baldocchi)


Quelques jours après la découverte de dégradations perpétrées sur les plaques informatives et commémoratives de la bataille du col de Teghime, une centaine de personnes, dont les maires et les élus du Grand Site de France Conca d’Oru, vignoble de Patrimonio - Golfe de Saint-Florent, des membres du Syndicat Mixte du Grand Site et des représentants départementaux de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre se sont rassemblés ce mercredi en fin d’après-midi sur le site du col de Teghime.
 

Pour rappel, des actes de vandalisme avaient été découverts il y a quelques jours dans cet endroit situé au-dessus de Bastia et qui rappelle les combats qui ont abouti à la libération de la ville et de la Corse. Des tables de lecture installées sur une ancienne casemate allemande avaient été brisées, tandis que la plaque dédiée à Ernest Bonacoscia, un jeune résistant âgé d’à peine 14 ans en 1943 qui avait joué un rôle décisif en guidant les goumiers marocains à travers la montagne, facilitant leur progression, avait été détériorée.
 

Ce mercredi, les personnes présentes se sont rassemblées pour « montrer que les élus, les autorités et la population d'une manière plus générale sont consternés et condamnent fermement ces actes inqualifiables qui ont porté atteinte non seulement à un patrimoine historique et matériel, mais aussi et surtout à la mémoire collective ». « Ils ont manqué de respect à ceux qui précisément se sont battus et ont beaucoup laissé leur vie pour que nous soyons aujourd'hui libres, et c'est sans doute de cette liberté que certains ont abusé pour se permettre des actes inqualifiables », a indiqué Antoine Orsini, directeur du Syndicat Mixte du Grand Site.
 

Face à ces actes, le Grand Site de France et le maire de Barbaggio, commune sur laquelle se trouvent les plaques informatives, ont annoncé avoir déposé plainte. « Les gendarmes me disaient qu’un gosse de 15 ans n’avait pas la force de casser cette dalle », indique le maire de la commune, Étienne Marchetti. « D'après eux, il faut que ce soient des adultes, parce que ce sont des dalles vraiment épaisses, et vous ne les cassez pas en tapant doucement dessus avec un marteau. S’il s’agit d’adultes, on peut se poser plusieurs questions : est-ce que ce sont des idiots, du fascisme, du racisme ? On peut vraiment commencer à se poser des questions sur la motivation profonde. »
 

Également présent, Mohammed Moutaoukel, consul général du Maroc, a tenu à « démontrer mon soutien à cette occasion ». « Ce sont des actes qu'on ne peut que condamner avec les termes les plus forts, ce n’est pas admissible, ça touche profondément à la mémoire collective des Français, des Corses et des Marocains. Ce soutien, c'est un message à tous ceux qui ont perpétré cet acte vraiment inacceptable à l'égard de cette mémoire, à l'égard de ces martyrs qui ont donné de leur sang pour la libération de la Corse. »

Antoine Orsini précise également que « nous aurons à cœur dans les meilleurs délais de réhabiliter le site et ce faisant de restaurer l'honneur bafoué des goumiers et des combattants corses qui ont été malmenés par ces actes criminels ». « On peut s'interroger sur les motivations de ces actes, est-ce que c'est du crétinisme, est-ce que c'est du révisionnisme, en tout cas c'est une méconnaissance ou une ignorance même de la mémoire collective et un manque de respect, donc cela touche non seulement à l'éducation mais même à la conscience humaine et c'est en cela que c'est un mal assez profond et c'est en cela que les choses sont graves et émouvantes. Bien évidemment, ce n'est pas nous à notre seul niveau qui pouvons agir là-dessus mais il ne faut surtout pas laisser passer de tels actes car les passer sous silence serait d'une certaine manière les banaliser et nous ne pouvons pas laisser banaliser de tels actes criminels. »