Ajaccio - Jean-Paul Carrolaggi explique le boycott de l’élection du maire

Written on 03/29/2026
Patrice Paquier Lorenzi

Arrivée en deuxième position aux municipales d’Ajaccio, la liste nationaliste Aiacciu Vivu conduite par Jean-Paul Carrolaggi a choisi de ne pas siéger lors de l’installation du nouveau conseil municipal. Une décision politique forte et assumée, dans un climat post-électoral toujours tendu face à la majorité du maire Stéphane Sbraggia.

(photos Paule Santoni)

C’est une image forte qui a marqué l’installation du nouveau conseil municipal d’Ajaccio : l’absence des dix élus nationalistes issus de la liste Aiacciu Vivu. Arrivée en deuxième position au second tour des élections municipales avec 9 689 voix, soit près de 41 % des suffrages exprimés, la formation conduite par Jean-Paul Carrolaggi a fait le choix de ne pas participer à cette séance protocolaire consacrée à l’élection du maire et de ses adjoints.
 
Une décision loin d’être anodine, et qui s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu. Dans un communiqué publié le jour même, les membres d’Aiacciu Vivu évoquent un « climat délétère » ayant marqué la campagne électorale et se prolongeant au-delà du scrutin. Ils dénoncent également les conditions dans lesquelles s’est déroulée cette séquence politique, estimant ne pas avoir leur place dans une séance « où aucune expression de l’opposition n’est permise ».


Pour Jean-Paul Carrolaggi, cette absence relève d’un choix de cohérence politique. Le leader nationaliste souligne notamment l’impossibilité pour son groupe de s’exprimer lors de l’installation officielle : « On n’allait pas venir uniquement pour congratuler le maire. On nous a expliqué que nous n’aurions pas la possibilité de nous exprimer durant cette séance », explique-t-il, évoquant également la volonté d’éviter toute tension supplémentaire dans un contexte déjà conflictuel. Le chef de file nationaliste évoque également climat toujours très tendu : « Selon Stéphane Sbraggia, nous serions la cause de ce mauvais climat durant la campagne. Pour notre part, nous n’insultons personne par le biais de faux comptes sur les réseaux sociaux, contrairement à la majorité actuelle ».


Joint par téléphone, le Cabinet du Maire d'Ajaccio répond, de son côté, « ne pas avoir reçu de demande de prise de parole, de la part de Mr Carrolaggi, lors de l'installation du conseil municipal ».
 
« On continue de dire que c’est un système dont on ne veut plus »
Quant à la plainte évoquée dans le communiqué - qui émanerait, selon nos informations, de Jacques Simongiovanni et porterait sur des propos tenus par le Dr Carrolaggi lors du débat de l’entre-deux-tours - la tête de liste d’Aiacciu Vivu indique ne pas en avoir été officiellement destinataire à ce stade.
 
Au-delà de ce boycott ponctuel, Aiacciu Vivu insiste sur le caractère symbolique de sa démarche. Il ne s’agit pas, selon ses représentants, de contester le résultat des urnes, mais de marquer une position politique claire face à ce qu’ils considèrent comme un système qu’ils rejettent. Le communiqué souligne d’ailleurs qu’une majorité d’électeurs - 54 % - ne s’est pas prononcée en faveur de la liste du maire sortant, traduisant selon eux une attente de changement au sein de la population ajaccienne : « On continue de dire que c’est un système dont on ne veut plus, preuve en est le nombre de procurations dans certains bureaux, et qui, comme par hasard, ont donné des résultats très favorables au maire ».

Malgré cette absence remarquée, les élus nationalistes assurent qu’ils exerceront pleinement leur mandat dans les semaines à venir. Ils annoncent ainsi leur participation au prochain conseil municipal, avec la volonté affichée de défendre « sans relâche les intérêts des Ajacciens » et d’incarner une opposition « exigeante et déterminée ». Dans la cité impériale où la campagne a été particulièrement virulente, cet épisode illustre la persistance de fortes tensions entre majorité et opposition, au lendemain d’un scrutin disputé.