À Ajaccio, une masterclass pour apprendre aux lycéens à décrypter l’information

Written on 03/24/2026
Jeanne Soury

À l’occasion de la Semaine de la presse et des médias, près d’une centaine de lycéens ajacciens ont participé à une masterclass dédiée à l’information. Entre intervention de professionnels et réflexions sur leurs propres pratiques, ils apprennent à décrypter un monde médiatique toujours plus complexe.

(Photos : Paule Santoni)

Dans un monde saturé d’informations, apprendre à trier, analyser et comprendre l’actualité est devenu un enjeu majeur. C’est tout l’objectif de la masterclass “Presse & Médias” organisée au Palais Fesch, à Ajaccio, dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias dans l’École.
Portée par l’Académie de Corse, en partenariat avec l’association Racines de Ciel, cette rencontre a réuni près d’une centaine de lycéens de la spécialité HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques) autour d’un objectif commun : mieux comprendre la fabrique de l’information et ses enjeux contemporains.
Former des citoyens éclairés
 
Invité pour l’occasion, le journaliste Stéphane Usciati est venu partager son expérience du métier, détaillant les coulisses de la production de l’information : méthodes de travail, exigence de rigueur et respect de la déontologie.
Pour le recteur de Corse, Rémy-François Paolini, cette initiative s’inscrit dans une démarche éducative essentielle : « Cette masterclass permet de faire rencontrer nos élèves avec les partenaires de l’académie en matière de presse et d’information. »

Au-delà de cette rencontre, l’événement s’inscrit dans une dynamique plus large. « C’est une semaine intense où, dans près de 80 établissements et pour quelque 8 000 élèves, on travaille cette matière de la presse et de l’information », souligne-t-il. Une initiative qui s’inscrit également dans le projet académique Scola 2030, centré sur l’esprit critique et la maîtrise des outils numériques.
Dans ce contexte de multiplication des sources, l’enjeu est clair : développer l’esprit critique des jeunes. « Nous sommes dans un monde saturé d’informations, nos jeunes sont submergés, notamment avec leur portable », observe le recteur. Face à ce flux constant, il insiste sur la nécessité de former « des jeunes actifs, qui s’interrogent et questionnent la manière dont l’information est fabriquée », afin d’en faire des « citoyens éclairés ».
Une génération entre réseaux sociaux et médias traditionnels
 
Du côté des élèves, cette prise de conscience est bien réelle. En terminale au lycée Laetitia Bonaparte, Lesia-Maria Bernadini décrit une relation active à l’information : « Avec les spécialités que j’ai, je suis obligée de m’informer, mais dans tous les cas, c’est une passion. » Elle alterne entre livres, revues et réseaux sociaux, tout en nuançant : « Il n’y a pas seulement de la désinformation. »
Même constat pour Stella-Maria Renucci, qui insiste sur la nécessité de croiser les sources. « C’est bien d’avoir différentes sources pour avoir une information la plus objective possible », explique-t-elle, tout en appelant à la vigilance face aux contenus diffusés en ligne. Journal télévisé, presse écrite et plateformes numériques composent ainsi un écosystème d’information hybride, caractéristique de sa génération.
Pour Paulu-Michele Bianchi, également en terminale, s’informer est avant tout une question d’ouverture. « C’est important de savoir ce qui nous entoure et même au-delà », explique-t-il. Comme beaucoup de jeunes, il suit l’actualité via les comptes officiels de médias sur les réseaux sociaux, sans pour autant délaisser la télévision.

Entre enracinement et futurs informateurs
Au-delà de l’apprentissage des médias, cette masterclass révèle aussi une génération en construction, qui apprend à comprendre le monde tout en cherchant sa place.
Parmi ces lycéens, certains se projettent déjà dans des métiers où l’information occupe une place centrale. D’autres, comme Paulu-Michele, avancent encore entre plusieurs horizons. Passionné par l’actualité, il envisage aussi bien de se tourner vers le journalisme que de reprendre l’exploitation agricole familiale.
Un équilibre entre enracinement et ouverture, à l’image de nombreux jeunes aujourd’hui. Le temps des choix viendra plus tard. D’ici là, tous partagent un point commun : apprendre à s’informer, à décrypter et à questionner le monde qui les entoure.