Depuis la fin de l’arrêté encadrant la pêche du denti le 10 mars dernier, les pêcheurs de loisir en Corse s’interrogent sur la réglementation actuellement en vigueur et sur les conditions de la consultation publique qui a précédé le futur arrêté.
Dans un courrier adressé au préfet, la Fédération corse des pêches récréatives fait état de plusieurs interrogations et dénonce des dysfonctionnements lors de la consultation publique. Elle estime que les conditions d’accès n’ont pas permis à l’ensemble des usagers de s’exprimer.
« Le lien permettant d’accéder à la consultation du projet d’arrêté ne fonctionnait pas, et l’adresse mail mise à disposition pour transmettre nos avis était erronée », explique Jean-Jacques Riutort, président de la Fédération. « On nous a indiqué que nous pouvions répondre par courrier, mais pour beaucoup, cela ne remplace pas un envoi par mail. »
La Fédération pointe également ce qu’elle considère comme une erreur dans le document soumis à consultation. « La mesure principale concerne la limitation des prises pour les pêcheurs récréatifs : un poisson par jour et par bateau. Or, en pratique, si deux personnes sont à bord, chacune peut capturer un denti. Le projet d’arrêté ne précise pas cela. Ce n’est pas anodin », souligne le président, qui évoque « plusieurs imprécisions susceptibles d’induire le public en erreur ».
Elle conteste par ailleurs la présentation des échanges avec la Direction de la mer et du littoral de Corse (DMLC). « Lors de la réunion préparatoire, il avait été convenu de maintenir les quotas et les tailles minimales, d’étendre la période de restriction jusqu’à fin avril et de plafonner à une tonne les captures accidentelles pour les professionnels », rappelle la Fédération, qui estime que le document « laisse entendre à tort » qu’elle aurait validé le projet.
« Nous ne sommes pas d’accord sur les dates retenues », insiste Jean-Jacques Riutort. « La période proposée correspond au début de la reproduction, alors que nous demandions une fermeture en mai, au moment du pic. Notre position est avant tout écologique, contrairement à ce qui est parfois avancé. »
Pour la Fédération, ces dysfonctionnements ne relèvent pas du hasard. « Tout semble fait pour limiter la participation du public, alors même que cette consultation est une procédure classique. Ailleurs, sur des dossiers nationaux comme celui du maquereau, des milliers de contributions ont été recueillies, même défavorables. Pourquoi empêcher cette expression en Corse ? »
Elle demande en conséquence que la consultation soit relancée. « Une prolongation de dix jours a bien été décidée, mais sans corriger les problèmes d’accès. Le lien vers le projet n’a été ajouté que le dernier jour, sans possibilité effective de déposer un avis. Nous demandons simplement une consultation conforme aux règles. »
Contactée, la Direction de la mer et du littoral de Corse n’a pas pu être jointe à l’heure où nous écrivons ces lignes.
