Un procès pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste est requis contre Franck Elong Abé pour l'agression mortelle du militant corse Yvan Colonna, dans la prison où il purgeait une peine à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, a indiqué le Parquet national antiterroriste à l'AFP. Les réquisitions ont été rendues le 20 février, près de quatre ans après la mort du berger de Cargèse.
Quatre ans après la mort du militant indépendantiste corse Yvan Colonna, assassin du préfet Claude Erignac, le parquet requiert un procès contre le détenu radicalisé soupçonné de l'avoir mortellement agressé à la prison d'Arles (Bouches-du-Rhône), où il purgeait sa peine à perpétuité.
Ces réquisitions de mise en accusation de Franck Elong Abé, 39 ans, devant la cour d'assises spécialement composée ont été rendues le 20 février, a précisé le parquet national antiterroriste à l'AFP.
Le 2 mars 2022, M. Elong Abé, détenu radicalisé, condamné notamment dans un dossier terroriste, avait violemment agressé le militant corse dans la salle de sport de la prison d'Arles.
M. Colonna y purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. Il est décédé des suites de ses blessures deux semaines plus tard, le 21 mars, à l'hôpital marseillais où il avait été transféré.
Au moment des faits, Franck Elong Abé était classé détenu particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015 en raison de sa "grande dangerosité", de son "instabilité" et de "la persistance de son comportement violent", selon des documents d'enquête.
Il purgeait alors plusieurs peines, dont une de neuf ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste, et était libérable en décembre 2023.
"Défaut de surveillance"
Lors de ses premiers interrogatoires, il avait expliqué s'en être pris à Yvan Colonna parce qu'il aurait blasphémé contre le prophète Mahomet. Il avait affirmé avoir "agi seul", "pour le compte d'aucun groupe".
En mars 2024, M. Elong Abé avait évoqué dans un courrier au juge d’instruction "un acte commandité" par des personnes qu’il considérait comme des agents de l’État, des allégations démenties par le ministère de l’Intérieur.
Ces allégations sont à "prendre avec la plus grande prudence" eu égard à "l’état psychiatrique de Franck Elong Abé, dont les experts ont conclu qu’il avait eu une altération du discernement, et à l’incohérence d’une partie de son écrit", avait indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
Une commission d'enquête parlementaire sur les conditions de cette agression mortelle a pointé, dans un rapport publié en mai 2023, de "graves défaillances" dans l'appréciation de la dangerosité de M. Abé, une "rigueur" excessive du traitement carcéral infligé à Yvan Colonna et des "dysfonctionnements" d'ordre général dans l'établissement pénitentiaire.
Une enquête préliminaire avait été ouverte en 2023 après le signalement de Jean-Félix Acquaviva et Laurent Marcangeli, président et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire, mettant en cause l'administration pénitentiaire dans l'agression mortelle de Colonna. Mais elle a été classée sans suite par le parquet de Tarascon en octobre 2025.
En février de la même année, l'État avait été condamné par le tribunal administratif de Marseille à payer 75.000 euros aux héritiers de Colonna pour des "manquements fautifs de l'administration pénitentiaire". Le tribunal avait retenu "le défaut de surveillance des détenus et le défaut d'inscription du codétenu, auteur de l'agression, en quartier d'évaluation de la radicalisation".
Dans les semaines qui avaient suivi la mort de Colonna, de nombreuses manifestations avaient été organisées partout en Corse notamment par les lycéens et étudiants, faisant l'objet de nombreux débordements.
Ces réquisitions de mise en accusation de Franck Elong Abé, 39 ans, devant la cour d'assises spécialement composée ont été rendues le 20 février, a précisé le parquet national antiterroriste à l'AFP.
Le 2 mars 2022, M. Elong Abé, détenu radicalisé, condamné notamment dans un dossier terroriste, avait violemment agressé le militant corse dans la salle de sport de la prison d'Arles.
M. Colonna y purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Erignac en 1998. Il est décédé des suites de ses blessures deux semaines plus tard, le 21 mars, à l'hôpital marseillais où il avait été transféré.
Au moment des faits, Franck Elong Abé était classé détenu particulièrement signalé (DPS) depuis novembre 2015 en raison de sa "grande dangerosité", de son "instabilité" et de "la persistance de son comportement violent", selon des documents d'enquête.
Il purgeait alors plusieurs peines, dont une de neuf ans d'emprisonnement pour association de malfaiteurs terroriste, et était libérable en décembre 2023.
"Défaut de surveillance"
Lors de ses premiers interrogatoires, il avait expliqué s'en être pris à Yvan Colonna parce qu'il aurait blasphémé contre le prophète Mahomet. Il avait affirmé avoir "agi seul", "pour le compte d'aucun groupe".
En mars 2024, M. Elong Abé avait évoqué dans un courrier au juge d’instruction "un acte commandité" par des personnes qu’il considérait comme des agents de l’État, des allégations démenties par le ministère de l’Intérieur.
Ces allégations sont à "prendre avec la plus grande prudence" eu égard à "l’état psychiatrique de Franck Elong Abé, dont les experts ont conclu qu’il avait eu une altération du discernement, et à l’incohérence d’une partie de son écrit", avait indiqué à l’AFP une source proche du dossier.
Une commission d'enquête parlementaire sur les conditions de cette agression mortelle a pointé, dans un rapport publié en mai 2023, de "graves défaillances" dans l'appréciation de la dangerosité de M. Abé, une "rigueur" excessive du traitement carcéral infligé à Yvan Colonna et des "dysfonctionnements" d'ordre général dans l'établissement pénitentiaire.
Une enquête préliminaire avait été ouverte en 2023 après le signalement de Jean-Félix Acquaviva et Laurent Marcangeli, président et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire, mettant en cause l'administration pénitentiaire dans l'agression mortelle de Colonna. Mais elle a été classée sans suite par le parquet de Tarascon en octobre 2025.
En février de la même année, l'État avait été condamné par le tribunal administratif de Marseille à payer 75.000 euros aux héritiers de Colonna pour des "manquements fautifs de l'administration pénitentiaire". Le tribunal avait retenu "le défaut de surveillance des détenus et le défaut d'inscription du codétenu, auteur de l'agression, en quartier d'évaluation de la radicalisation".
Dans les semaines qui avaient suivi la mort de Colonna, de nombreuses manifestations avaient été organisées partout en Corse notamment par les lycéens et étudiants, faisant l'objet de nombreux débordements.
