En Corse, un couple de Lyonnais relève des défis mêlant ramassage de déchets et aide aux agriculteurs

Written on 03/28/2026
Léana Serve

Hugo et Nono, un couple originaire de Lyon, sillonnent actuellement la Corse pour relever une série de défis mêlant ramassage de déchets, actions solidaires et mise en valeur des agriculteurs. Une initiative qu’ils partagent au quotidien sur les réseaux sociaux pour sensibiliser autrement à l’environnement et au respect des territoires.

Photo : Facebook / Hugoetnonovoyage

Ramasser des déchets, aider des agriculteurs ou multiplier les actions solidaires : c’est le pari que se sont lancé Hugo et Nono, un couple originaire de Lyon. Actuellement en Corse, ils sillonnent l’île pour relever une série de défis, qu’ils partagent au quotidien avec leurs plus de 160 000 abonnés sur les réseaux sociaux. À l’origine de leur démarche, un constat simple, celui d’un manque de contenus utiles en ligne. « Tout le monde est sur les réseaux, mais il n’y a pas souvent de vidéos utiles pour les jeunes », explique Hugo. « On s’est dit qu’on pourrait partager nos actions et montrer aux gens que quand on consomme quelque chose et qu’on jette ensuite ses déchets par terre, c'est un manque de respect total. »
 

Après un « Tour de France de ramassage de déchets de 5 000 kilomètres » l’année dernière dans les grandes villes de France, ils ont décidé de poursuivre l’expérience « en faisant le tour des îles françaises ». « On va partir à La Réunion, en Martinique, en Guadeloupe… Le but, c'est de créer des défis partout dans le monde pour aider un maximum de gens qui ont besoin d'aide, ramasser les déchets et mettre en avant les producteurs. »

En Corse, leur projet prend la forme d’un véritable jeu grandeur nature. L’île a été découpée en plusieurs zones, dans lesquelles ils doivent relever, chaque semaine, une série de missions. « On a deux missions déchets, où on ramasse le maximum de détritus dans la journée. On doit ensuite aider un agriculteur, le mettre en avant, montrer ce qu'il fait. On a aussi une mission pour aider une association : par exemple, on est allé dans un magasin pour récupérer des sacs de croquettes et les donner à une structure associative. La dernière mission, c’est de faire sourire quelqu’un, par exemple en offrant des cafés, des croissants ou des fleurs. »
 

Le tout est rythmé par des interactions avec leur communauté. « Ils peuvent décider de ce qu’on fait ou ce qu’on ne fait pas, ou nous mettre des malus si on n’arrive pas à réaliser les missions à temps. La particularité, c’est que si on n’a pas fini l’une des missions, on ne peut pas quitter la zone. Mais pour l’instant, ça se passe plutôt bien. On arrive à débloquer chaque zone. » Après avoir parcouru le sud de l’île, d’Ajaccio à Porto-Vecchio en passant par Bonifacio, le duo est actuellement à Vico et poursuit son aventure vers le nord de l’île.
 

À travers leurs actions, Hugo et Nono souhaitent sensibiliser à la protection de l’environnement, mais aussi valoriser le travail des agriculteurs et des artisans. « Ce sont des gens qui travaillent toute l'année seuls », souligne Hugo. « Il n’y a pas longtemps, on a eu le problème avec les agriculteurs, ils ont essayé de se défendre. On en a parlé quelques jours mais maintenant, plus personne n'en parle. Avec nos vidéos, on continue à montrer aux jeunes qu'il y a plein de métiers intéressants et que c’est grâce à eux qu'on arrive à garder l'artisanat en France. Et si on peut ramener du monde dans les boutiques ou dans les exploitations pour que les gens continuent à redécouvrir l'artisanat, c'est encore mieux. »

Pour le duo, cette démarche s’inscrit dans une vision plus globale, où environnement, agriculture et mode de vie sont étroitement liés. « Si on pollue la terre avec le plastique qu’on jette par la fenêtre, si on vient poser un frigo ou une machine à laver dans le maquis ou sur la plage, ça pourrit tout. Et la terre et la mer, c’est là d’où viennent les produits qu’on consomme ensuite. Tout est lié, c’est pour ça qu’on met en avant la protection des territoires, de l'artisanat et le fait de garder le respect, le sourire à l'entraide qui se perd petit à petit en France. Et en tout cas, en Corse, on a croisé pas mal de gens qui sont sur la même longueur d'onde et qui veulent garder ce respect, ces traditions, et une île propre. »