Il y avait foule, dimanche soir, à la salle de spectacle de Calvi-Balagne. À quelques jours du premier tour des élections municipales, la liste conduite par Ange Santini a réuni entre 700 et 800 personnes pour un meeting aux allures de démonstration de force. Dans une salle comble, prolongée par un chapiteau extérieur, la majorité sortante a voulu afficher son unité, son expérience et son ambition pour un nouveau mandat.
Animée par Didier Bicchieray, la soirée a été rythmée par les interventions successives de nombreux colistiers, chacun venant défendre un pan du bilan municipal ou du programme proposé aux Calvais. Dans l’assistance figuraient notamment le député de la circonscription, François-Xavier Ceccoli, salué à plusieurs reprises au cours de la soirée, ainsi que plusieurs élus et soutiens du territoire.
Dès les premières prises de parole, le ton a été donné, celui d’une équipe qui entend revendiquer son bilan et opposer à ses adversaires “le sérieux, l’expérience et la connaissance des dossiers”. Plusieurs colistiers ont insisté sur la méthode de travail de la liste, présentée comme collective, structurée et ancrée dans le réel. “C’est une équipe expérimentée, compétente, au bilan solide, qui peut être fière du travail accompli”, a ainsi souligné Vanina Patriarche, mettant en avant un programme “chiffré, détaillé, ambitieux et responsable”, tout en rappelant qu’au terme de la mandature, “Calvi a réduit son endettement de 3 millions d’euros tout en investissant 24 millions d’euros”.
La plupart des prises de parole ont également fait écho au meeting organisé la veille par la liste concurrente de Jérôme Sévéon. Au-delà de la présentation du programme, plusieurs colistiers ont ainsi répondu point par point aux critiques formulées à l’encontre de la majorité sortante, défendant la gestion municipale et mettant en doute la faisabilité de certaines propositions avancées par leurs opposants.
Même tonalité chez Emmanuelle Ramond, qui a défendu une gestion municipale fondée sur la concertation et le pragmatisme. “Gérer une ville, ce n’est pas une mince affaire. Cela ne s’improvise pas”, a-t-elle insisté, affirmant que le travail mené au sein de la majorité reposait sur le débat et le vote, loin, selon elle, des caricatures avancées par l’opposition. “Le travail accompli est un travail d’équipe”, a-t-elle martelé.
Au fil de la soirée, les colistiers ont décliné les thématiques phares du mandat écoulé et des années à venir. Attractivité économique, commerce, culture, sport, jeunesse, social, patrimoine, tourisme, port, logement ou encore santé. Anthony Albertini a notamment défendu la volonté de “mieux vivre à Calvi toute l’année”, évoquant les aménagements de la place Christophe-Colomb, du marché des pêcheurs, du boulevard Wilson ou encore les projets autour de la citadelle et de la Pinède. Jessica Bianconi a, elle aussi, insisté sur la nécessité de relier les différents lieux de vie de la commune, “de la citadelle à la Pinède”, à travers une ambition urbaine fondée sur la continuité et l’attractivité.
Sur le registre sportif et événementiel, Patrick Mattei a mis en avant les retombées du Tour de Corse historique et les grands rendez-vous organisés à Calvi ces dernières années. Il a rappelé que la ville avait accueilli en 2025 le départ et l’arrivée du Tour de Corse historique, générant selon lui “6 à 7 millions d’euros de retombées directes sur l’économie calvaise et sa microrégion”, tout en évoquant également la rénovation du terrain de motocross et l’attention portée à la jeunesse.
La jeunesse, justement, a occupé une place importante dans les interventions de Sandra Vautier, qui a défendu le travail réalisé dans le domaine de l’enfance et de l’éducation. La directrice d’école a rappelé les investissements engagés, chiffrant à 15 millions d’euros les efforts consacrés au pôle enfance-jeunesse, ainsi que les nombreuses actions menées en matière d’animations, de sorties pédagogiques, d’activités culturelles et de restauration scolaire. Elle a également annoncé que “la maison des jeunes verra le jour courant juin 2026” et que la prochaine mandature devra porter la rénovation des écoles.
Autre axe fort du meeting, le social. Hélène Astolfi a insisté sur la transversalité du travail mené pendant le mandat, défendant l’action du centre social, de la médiathèque et du CCAS. Revenant sur les critiques adressées par l’opposition, elle a assumé les dispositifs mis en place, notamment en direction des aînés, et projeté déjà plusieurs chantiers pour le prochain mandat, parmi lesquels l’accessibilité des bâtiments communaux, l’aménagement du parking de la médiathèque ou encore l’agrandissement des équipements du centre social.
Le tourisme, le logement et le développement économique ont également été largement abordés. Titi Ceccaldi a défendu un “tourisme responsable” et rappelé le poids de cette activité dans l’économie locale, tout en insistant sur l’enjeu du logement à l’année. Il a souligné les mesures déjà engagées pour réguler les meublés de tourisme et annoncé une nouvelle phase de travail en faveur de la location longue durée. De son côté, Laurent Guerini a mis en avant la gestion du port de plaisance, qu’il a décrite comme “exemplaire”, à la fois transparente, efficace et durable.
Le meeting a aussi donné lieu à de nombreuses ripostes contre la liste adverse, accusée tour à tour d’improvisation, de contradictions et d’annonces irréalistes. Plusieurs intervenants ont contesté le chiffrage des propositions concurrentes, dénonçant des projets jugés hors compétence communale ou difficilement finançables. Stéphane Serra, ancien opposant à Ange Santini, revendiquant un “choix libre et responsable” en rejoignant le candidat sur sa liste, a opposé “le parti de l’action” à “celui de l’incantation”, tandis que d’autres colistiers ont défendu la cohérence d’une équipe présentée comme diverse mais soudée.
Dans un discours combatif, Ange Santini a longuement défendu le bilan de ses trente années à la tête de la commune, refusant catégoriquement l’idée selon laquelle “rien n’aurait été fait”. Il a énuméré de nombreuses réalisations. Requalification de rues et de places, aménagements portuaires, équipements sportifs et culturels, structures pour l’enfance et la jeunesse, cabinets médicaux, modernisation de l’éclairage public, opérations de logement ou encore investissements dans la citadelle. “On ne peut pas jeter avec mépris 30 ans de travail”, a-t-il lancé, estimant que les attaques de l’opposition relevaient d’une forme de “malhonnêteté intellectuelle”.
Le maire sortant a également insisté sur la nécessité de rester dans le champ du réalisable, rappelant les contraintes financières pesant sur les collectivités et affirmant que son équipe, elle, “chiffre, sait, propose et n’improvise pas”. Il a revendiqué un programme de 28 millions d’euros pour la prochaine mandature, qu’il a qualifié d’“ambitieux, concret et finançable”, en promettant de poursuivre l’action engagée dans les domaines de la santé, du logement, de l’éducation, du cadre de vie, de la culture et de l’économie.
Dans une conclusion très politique, Ange Santini a enfin appelé ses soutiens à transformer l’élan du meeting en victoire dans les urnes. Insistant sur “l’unité” de son équipe face à ce qu’il a décrit comme une stratégie adverse de division, il a exhorté les Calvais à lui renouveler leur confiance dès le premier tour.
