Municipales. À Belvédère-Campomoro, Jean-Pierre Tolini se présente face au maire sortant

Written on 03/05/2026
Manon Perelli

Premier adjoint de Don Georges Simeoni depuis 2021, Jean-Pierre Tolini est lui aussi candidat aux élections municipales à Belvédère-Campomoro. À la tête de la liste « Ensemble, préparons l’avenir – Insemi, priparemu l’avvene », il entend proposer une autre vision pour la commune.

Vous avez été le premier adjoint de Don Georges Simeoni durant la mandature écoulée. Pourquoi avoir choisi aujourd’hui de briguer la mairie de Belvédère Campomoro ?
Je suis toujours premier adjoint, je n’ai pas voulu démissionner pour rester toujours en relation avec la mairie. Mais je suis en désaccord avec le maire actuel, car son bilan comporte de nombreux manquements sur lesquels j’ai donné l’alerte en tant que premier adjoint, sans avoir été entendu.
 
Comment avez-vous constitué votre liste « Ensemble, préparons l'avenir – Insemi, priparemu l’avvenu » 
Cela a été compliqué car il faut désormais respecter la parité, et que, dans une petite commune comme la nôtre, trouver des personnes prêtes à s'investir, ce n'est pas simple, surtout au niveau des femmes, parce que jusqu’à présent, malheureusement, elles n’étaient pas vraiment invitées à cela. Mais nous avons réussi à faire une équipe avec des gens du village compétents, qui sont complémentaires les uns avec les autres, et de bonne volonté. Cette liste est cohérente, elle tient la route. Ses membres sont issus autant de Belvédère que de Campomoro et Portigliolo, et ils connaissent tous bien le village et ses alentours. 
 
Quel bilan tirez-vous des six dernières années ?
Si le bilan du maire apparait flatteur, comment expliquer que les deux tiers de l'équipe municipale en place – tout en ayant accompli un travail remarquable - abandonnent le navire ? C’est vrai que nous avons tous voté pas mal de choses, mais dans l'intérêt général. Mon vote en tant que premier adjoint a toujours été guidé par l'intérêt général. Je ne suis pas rentré au conseil municipal pour être contre le maire, mais pour faire un travail d'adjoint. Mais il s'est avéré que par la suite, cela a été compliqué.
 
Quels sont ces nombreux manquements que vous évoquez ?
Il y a eu pas mal de choses qui n'ont pas été réalisées lors de la mandature, même s’il est vrai qu’elle a été un peu tronquée. Par exemple, les enfouissements des lignes électriques du village de Belvédère n'ont pas été faits, parce que le dossier a été mis un peu de côté et n'a pas été sorti au moment où il aurait dû l'être. Par ailleurs, on ne nous a pas vraiment écoutés sur la qualité des travaux qu'on voulait faire. En matière d’urbanisme, pendant 5 ans, le maire a toujours refusé catégoriquement la planification du PLU, même si aujourd’hui il dit qu’il va le faire. 
 
Quelles seront vos priorités concrètes en début de mandat, si vous êtes élu ? 
En matière d’urbanisme, je m’engage à faire une carte communale pour commencer, et ensuite pourquoi pas un PLU lorsque le Padduc sera révisé. Aujourd’hui, nous sommes toujours au RNU, et nous ne pouvons plus construire quoi que ce soit sur notre commune, à part quelques extensions ou rénovations. Une autre de mes priorités sera l’eau potable. Actuellement, nous avons un château d’eau qui est très vétuste, qui alimente de plus des communes avoisinantes, et dont l’eau n’est pas de très grande qualité. Mais ceci n’est pas de la faute de la mairie, puisque c'est l'intercommunalité qui doit, avec nous, faire l'effort de faire un château d'eau beaucoup plus adapté. Ensuite, nous souhaitons réaliser l’enfouissement des fils électriques de Belvédère. Il faut absolument que cela se fasse, car nous sommes actuellement un des seuls villages de Corse à avoir les fils en aérien. Nous voulons également réinstaurer la gratuité des parkings. Il faut absolument que les parkings soient gratuits pour que nos administrés puissent profiter de la plage comme les autres et pouvoir se garer sans avoir à payer. Il faut aussi travailler sur la baisse des impôts locaux, puisque lors de ce mandat, il y a eu 40% d’augmentation de la taxe sur les résidences secondaires. Pour moi c’est trop important. Nous avons les moyens de restituer un petit peu d’argent à nos administrés d'une manière ou d'une autre. La commune n'est pas une entreprise.
 
Mais comment concilier cette diminution de la fiscalité et le maintien de la capacité d'investissement de la commune ?
Ce n'est pas compliqué. Déjà, par exemple, le maire sortant veut refaire la mairie, avec des travaux à hauteur de plus d'un million d'euros. Cela fait un débours pour les administrés de plus de 200 000 euros. Nous, nous voulons simplement faire une rénovation qui va coûter 200 000 euros de travaux et cela ne fera que 20 000 euros d'investissement communal. Je préfère mettre de l’argent dans des choses que nous sommes obligés de faire, comme la ZMEL, plutôt que de refaire une mairie qui va coûter beaucoup d'argent pour pas grand-chose. Chacun a ses idées, mais je pense qu'il y a des choses beaucoup plus importantes comme la rénovation du ponton afin de le mettre aux normes. Embellir et de végétaliser toute la commune, c’est très bien, mais il n’y a pas que cela. 
 
Vous venez de parler de la rénovation du ponton et de la création d'une zone de mouillage. Quelle est votre vision du développement maritime et touristique de la commune ?
Comme je suis vice-président du PETR et conseiller communautaire, je porte un projet de navettes maritimes. Nous avons dans l'idée de créer un turn-over avec deux unités, qui font la navette entre trois ports : Propriano, Campomoro et Porto-Pollo. Cela permettrait de transporter des passagers été comme hiver, et pourquoi pas de faire du fret. C’est un gros projet pour lequel il faudra piocher dans les budgets de la mobilité de la Collectivité de Corse. Pour notre part, nous ne voulons pas de marina, nous voulons rester un petit village, mais avec des infrastructures qui tiennent la route, pour que les gens puissent venir. En fait, ces navettes maritimes vont empêcher un flux colossal de véhicules qui viendraient sur la commune, alors que nous n'avons pas les parkings pour les accueillir. Cela évitera aussi pas mal de circulation sur les routes.
 
Dans un autre registre, vous dénoncez un traitement inégal des différentes zones de la commune entre Belvédère, Campomoro et Portigliolo. En quoi consiste, selon vous, ce déséquilibre ?
Le déséquilibre est ancestral. Il y a trois villages sur la commune, et c'est vrai que le village phare, c'est Campomoro, on ne peut pas le nier. Mais pour autant, on ne peut pas tout mettre sur Campomoro et mettre très peu ou rien du tout sur Belvédère et Portigliolo. Pour moi, il n'y a pas de juste milieu dans cette politique qui me désole au quotidien. Lorsqu'arrive une subvention quelconque pour la commune, c’est pour l’entièreté de la commune, non pas pour un seul village. Or, la priorité c'est toujours Campomoro, nous le constatons depuis des décennies. J'aimerais que cela change.
 
Vous insistez aussi sur la transparence et la concertation avec les habitants. Que comptez-vous mettre en place pour renforcer le lien entre la municipalité et les administrés ?
Nous voulons associer nos administrés au dialogue. Nous allons faire un comité villageois, de façon à pouvoir faire des réunions publiques pour que les gens puissent faire part de leurs doléances, et dire vraiment ce dont ils ont besoin. 
 
Enfin, quelle est votre ambition pour Belvédère Campomo à l'horizon des six prochaines années ? Pourquoi les électeurs devraient voter pour votre liste ?
S'ils votent pour nous, c’est parce qu'ils auront jugé que nous avons une équipe sérieuse, avec des gens qui sont là à l'année. Pour ma part, je suis à la retraite et je pourrai être présent à la mairie tous les jours. J'aurai aussi une équipe d'adjoints présents tous les jours, si cela s'avère nécessaire. La commune a par ailleurs besoin d'être représentée au niveau de l’intercommunalité, qui est un outil majeur pour les communes. Pour ma part, je siège depuis 5 ans à l'intercommunalité et j’y ai des appuis qu'on pourrait qualifier de très appréciables. Il faudrait que nous ayons une fonction beaucoup plus élaborée, afin d’avoir un poste à très haut niveau dans l'intercommunalité. Et je pense que je pourrais légitimement prétendre à ce poste parce que j’ai acquis pas mal de connaissances ces 5 dernières années. Je voudrais que Belvédère-Campomoro soit grande dans l’intercommunalité. C’est d'une importance capitale pour moi car une commune ne peut pas avancer si elle reste recroquevillée dans son coin.