L'Armée de terre est à Porto-Vecchio pour recruter : "Sans diplôme, on peut finir général"

Written on 02/09/2026
Julien Castelli

Ce lundi, l’Armée de terre, en lien avec la Mission locale Sud Corse, a investi la cour du lycée de Porto-Vecchio, pour faire découvrir aux lycéens toute la diversité des métiers qui pourraient leur être proposés s’ils décident de s’engager.

Durant trois heures, les lycéens ont pu échanger avec différents corps d'armées sur les différents débouchés.

L’Armée de terre recrute ! Et directement dans les établissements scolaires. Ce lundi, de 10 à 14 heures, l’Armée de terre avait sorti l’artillerie lourde dans la cour du lycée Jean-Paul de Rocca-Serra, y déployant onze entités différentes venues de toute la France, tels que le 2e régiment de dragons, ou celui des hussards parachutistes. Si le gros des effectifs était issu de l’Armée de terre, il y avait aussi une unité de la Marine ainsi que le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie. 

Les lycéens pouvaient ainsi passer d’un stand à l’autre, et constater qu’entrer dans l’armée, ça ne se limite pas à enfiler un casque et un treillis. Si tant est qu’une carrière militaire attire, la vocation professionnelle est potentiellement double, avec quantité de métiers que l’on pourrait embrasser dans le civil : météorologue, géographe, topographe, professions médicales, transport maritime et aérien, métiers de l’informatique et des télécommunications, aviation légère, spécialité de pompiers et secouriste…

Sens de l'entraide ou du leadership 

« Je ne veux pas faire ça plus tard, admet Serena, une lycéenne porto-vecchiaise de 17 ans, qui se voit plutôt travailler dans le commerce. Mais j’aime bien m’intéresser à tout, et je trouve ça éducatif cette manière de nous informer sur les différents métiers que l’on pourrait faire dans l’armée. » L’idée étant qu’à travers des échanges, des temps d’information et des ateliers, les participants puissent mieux comprendre les parcours possibles, les formations accessibles et les opportunités professionnelles offertes. « On n’arrivait pas à toucher les lycéens d’ici, alors on est venus », explique la responsable du recrutement pour l’Armée de terre, l’adjudant-chef Sabrina Desanti, qui recherche en priorité de nouvelles recrues dans les domaines de la logistique, de la cyberdéfense et des systèmes d’information et de communication. « Sans diplôme, on peut finir général, assure-t-elle. L’armée est la seule entreprise qui ne regarde pas que vos résultats scolaires, mais aussi votre sens de l’entraide, vos capacités de leadership ou vos aptitudes sportives. »

L'Armée de terre est à Porto-Vecchio pour recruter : "Sans diplôme, on peut finir général"

A droite, l'adjudant-chef Sabrina Desanti, ce lundi au lycée de Porto-Vecchio.

Originaire de Sollacaro, dans le Taravo, l’adjudant-chef Desanti sait que de jeunes corses peuvent renoncer à une carrière militaire par refus de quitter l’île. « Il ne faut pas voir le Continent comme la jungle. Moi j’ai fait vingt ans sur le Continent, mais ensuite il y a une perspective de retour au pays. Et puis il y a 45 jours de vacances par an, ce qui permet de rentrer assez souvent. »

"L'armée française est une armée de paix"

Entrer dans l’armée n’a rien d’anodin pour un jeune aujourd’hui, en ces temps d’instabilité géopolitique mondiale. Le 18 novembre dernier, le général Mandon, chef d’état major des armées, avait jeté un trouble au congrès des maire de France, déclarant ceci : « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants (…), alors on est en risque. » L’adjudant-chef Desanti revient sur cette déclaration qui avait suscité la polémique : « Le message qu’il a voulu passer, c’est qu’une guerre, si on n’a pas la population derrière nous, on ne peut pas la gagner. La réalité, c’est qu’on est dans le cadre d’une alliance avec une guerre qui est aux portes de l’Europe. Mais l’armée française est une armée de paix. »

« Mes parents sont un peu craintifs », reconnaît Rayane, 17 ans, désireux de s’engager. « L’armée, c’est une vocation et le reste, ce sont les risques du métier, pense, déterminé, ce lycéen porto-vecchiais. Moi, je n’ai jamais été dans le confort, je veux protéger et aider mon pays. » Mais il ne savait précisément pas comment le faire, « jusqu’à ce que l’armée vienne à moi » ce lundi matin dans son lycée. Un bon quart d’heure de discussions avec des membres du Régiment de hussards parachutistes, une unité de cavalerie blindée, l’ont convaincu : « C’est ça que je veux faire. »
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Après le lycée Jean-Paul de Rocca Serra, l'Armée de terre se rendra au collège Léon-Boujot de Porto-Vecchio ce mardi 10 février, puis à Ajaccio à l'occasion du Forum des métiers du lycée Laetitia le mercredi 11 février.