Après le dossier des carburants, Frédéric Poletti veut structurer une nouvelle démarche citoyenne

Written on 01/14/2026
Léana Serve

À Bastia, Frédéric Poletti et deux autres membres du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse ont organisé une réunion publique samedi. L’objectif était de revenir sur les sanctions prononcées par l’Autorité de la concurrence dans le dossier des carburants et évoquer d’autres sujets de mobilisation citoyenne, tels que le coût de l’électricité, l’accès au logement ou encore le pouvoir d’achat.

« La politique ne se réduit pas au champ électoral », résume Frédéric Poletti, porte-parole du collectif Agissons contre la cherté des carburants en Corse. Samedi à Bastia, il a organisé, aux côtés de Jean-Marc Andreani et Madeleine Ferrandi, une réunion publique citoyenne. L’objectif : revenir sur les sanctions inédites prononcées par l’Autorité de la concurrence à l’encontre de plusieurs opérateurs du marché des carburants et « montrer que lorsque les citoyens s'emparent d’un problème lié à leur quotidien, on arrive à obtenir des résultats ». « On s'est attelé à une problématique particulière mais maintenant, on se dit que si on veut se saisir d'autres problèmes du quotidien, il faut qu'on arrive à se structurer. »
 

À travers cette première réunion, Frédéric Poletti entendait « montrer que l'exercice de la démocratie ne se situe pas uniquement au moment du vote, mais également entre deux scrutins ». « Il faut que le citoyen prenne pleinement conscience qu'il fait partie de l'espace politique et qu'il se réapproprie la politique, en travaillant notamment sur les problèmes qui asphyxient le quotidien d'un territoire donné. » Parmi les sujets abordés samedi : le prix des carburants, le coût de l’électricité, l’accès au logement ou encore le pouvoir d’achat. « Le but de cette démarche est de réussir à se structurer de manière à pouvoir travailler sur un certain nombre de problématiques avec des personnes d'horizons divers et variés. »
 

D’autres réunions prévues
 

Au-delà des dossiers abordés, Frédéric Poletti a évoqué la manière dont le collectif entend interagir avec le pouvoir politique. Selon lui, « aucune idéologie de gauche ou de droite ne peut prétendre avoir le monopole de l'analyse et du pragmatisme ». « Aujourd’hui, l'objectif est de se structurer, d’aborder un certain nombre de problèmes et d’être en mesure d'être des forces de proposition. Bien évidemment, au cours de l'existence du collectif Agissons contre la cherté des carburants, on a eu des rencontres heureuses, par exemple avec le député Paul-André Colombani qui a porté nos travaux au sein de l'hémicycle, mais quand le levier politique fait défaut, il ne faut pas hésiter à aller le chercher, quitte à se présenter. »
 

De quoi envisager une implication lors des prochaines élections municipales ? « Ce n’est pas l’objectif », affirme Frédéric Poletti. « Pour moi, une candidature est la conséquence d'un travail, et pas l'inverse. Maintenant, les dépôts de listes sont en février, donc on verra d’ici là. » Après la première réunion, il prévoit désormais de « poser déjà les bases de ce qui a été vu samedi ». « Notre volonté, c'est de travailler sur des problématiques qui concernent toute la Corse. Nous allons commencer à voir ce qui peut être fait, à sélectionner les problèmes sur lesquels on va commencer à travailler. Mais notre ambition est de pouvoir organiser et multiplier ce type de réunion à Ajaccio, en Balagne, dans l’Extrême-Sud. »

Pour Frédéric Poletti, ces initiatives s’inscrivent dans une vision plus large de la démocratie. « Aujourd'hui, on a l'impression qu'il y a d'un côté les citoyens et de l'autre les élus, et que ce sont deux sortes de sociétés qui coexistent. Mais le citoyen peut, en réinvestissant l'espace politique, mettre en œuvre des solutions qui ont été proposées, se saisir d'un levier ou se présenter à une élection pour se saisir du levier politique. Aujourd’hui, nous sommes dans une démarche citoyenne, mais le citoyen doit pleinement réinvestir le champ politique. Ce que nous voulons, c'est dire qu'on ne doit plus se retirer : on doit pleinement être là, même entre deux votes. Et il faut bien considérer que les élus ne sont pas une caste à part qui se reproduisent entre eux. »