U Poghju di Venacu : Les œuvres en macramé de Julia Perfettini

Written on 01/18/2026
Gilda Emmanuelli et Mario Grazi

Ils sont nombreux ces Corses du Continent à faire un retour en force vers leurs racines. Ainsi après 20 ans dans le métier du jardinage, une formation de théâtre, à Paris où elle est née, Julia Perfettini a rejoint son village de Poghju di Venacu avec son époux et son fils. C’est là qu’elle y crée des pièces en macramé de toute beauté !

Grazi Ritratti

Notre parisienne d’adoption y a vécu et travaillé durant vingt ans, après une formation en jardinerie, sans avoir tracé un trait sur ses racines insulaires et son berceau familial de Poghju di Venacu qu’elle retrouvait pour les vacances chaque année. « Je savais qu'un jour je m'y installerai », sourit-elle. Habile de ses mains et comme le théâtre offre un tremplin pour se renouveler, Julia Perfettini a opéré une reconversion dans la création manuelle, afin de laisser libre court à son imagination créatrice. C'est à ce moment qu'elle prend la décision de rentrer au village avec sa famille, davantage propice au calme, à la sérénité, à la création. « C’est ici que je me sens bien, que je me suis toujours ressourcée, dans ce cadre moins stressant et si familier, où le temps est plus lisible et facilite la création ».

Créatrice dans l’âme, et comme il n’y a pas de hasard, juste des rendez-vous, Julia Perfettini s’est alors orientée vers le macramé, un art multiséculaire né au XIIIe siècle chez les tisserands arabes qui créaient des pièces de fils en utilisant d’ingénieux nœuds spécifiques.  « Admirative de cet art oriental ancien, je voulais créer une pièce pour décorer les murs de ma maison et ayant été confrontée à un événement très douloureux dans ma vie, cette reconversion autant professionnelle que créative et artisanale, s’avéra aussi une thérapie », confie-t-elle.

Le macramé, art du tressage et du nouage de fils ajourés rappelant une dentelle, repose sur la réalisation de nœuds ornementaux. Julia s’y consacre avec passion et minutie, pratiquant cet art du nœud que l’on désigne aussi, dans une acception contemporaine, sous le nom de « maedup », une technique dont les motifs portent également une forte charge symbolique dans la Chine ancienne.
 
Si certains travaille le crochet, Julia, pour réaliser ses créations, utilise ses mains et comme matériaux de base du fil de coton, de laine ou de lin de différentes épaisseurs adaptés à la réalisation de ses décorations d’intérieur suspendues. Elle obtient ainsi des pièces décoratives originales et uniques. Elle utilise également pour ces pièces, ces accroche-rêves, un peu de tissage, « mais également réalisé avec (s)es mains», sans jamais utiliser ni crochet ni machine. Retenons la charge symbolique de ces pièces décoratives de macramé, faites de dentelle, de jours et de nœuds, ces nœuds propices à déjouer l’adversité et défaire symboliquement tous nœuds gordiens.

Les œuvres ont des formes organiques, comme le cercle. Elle utilise des textures différentes « pour donner du relief à (s)es pièces ». Elles sont parfois encadrées, mais la plupart du temps accrochées à des supports en bois flotté. Ses créations ne s’arrêtent pas uniquement à ces accroche-rêves, très en vogue, puisque l’artiste propose aussi des créations pour des cache-pots ainsi que des luminaires. « Je pars sur un pied de lampe que je récupère, ou un pied que je confectionne avec du bois et je crée l’abat-jour. Ces pièces, comme les autres d’ailleurs, répondent beaucoup à la demande des clients. Je m’adapte au niveau des formes et des couleurs à ce que les gens souhaitent pour décorer leur maison. Il y a donc des contraintes, mais j’aime bien, c’est une autre manière de travailler. Dans ces conditions je me dois de réaliser une pièce en symbiose avec le lieu qui va accueillir ma création, et avec la demande du client ».

Si Julia Perfettini utilise principalement les couleurs naturelles et les tons neutres, argileux, sableux ou terreux, elle confie avoir parfois des commandes de pièces en couleurs «  Dans ces conditions j’utilise de la teinture végétale comme l’avocat, l’oignon, etc. Ici, il y a des tas de teintures possibles avec nos plantes et je commence à y travailler. Je peux également travailler avec des textiles de récupération comme des tee-shirt ou des pullover », détaille-t-elle.

Julia Perfettini utilise également de la laine de brebis qu’elle récupère auprès d’une fabrique de laine dans le Cap Corse. Un des ses prochains projets sera d'ailleurs de réaliser des oeuvres avec cette laine vierge. « C’est une matière première très difficile à utiliser. Il faut connaître toutes les techniques de lavage et de filage avant de pouvoir l’utiliser. Je n’ai pas le savoir-faire mais j’espère l’acquérir », glisse-t-elle. 

L’artiste « Pughjulana » est présente dans des boutiques de créateurs tant sur le Continent qu’en Corse où elle vend ses œuvres. Elle les propose également à la vente, aux particuliers comme aux professionnels de la décoration sur les réseaux sociaux et plus particulièrement sur Instagram. Son site internet est en cours de fabrication.

Savoir + : 
Pour joindre Julia Perfettini on peut lui téléphoner au 06.83.45.67.21, ou aller sur sa page Instagram : @hindia.macrame.