Au centre culturel Una Volta à Bastia, l’année 2026 débute avec une belle exposition signée Sabatina Leccia. A mi-chemin entre le dessin, la peinture et la broderie, ses œuvres invitent à la contemplation.
Née à Paris en 1984, Sabatina Leccia vit et travaille à Montreuil. Issue de la diaspora, la Corse est chère à son cœur. « Mes deux parents, mes quatre grands-parents étaient et sont corses, originaires du Cap-Corse. Si je suis née à Paris, tous les étés, on revenait en Corse et donc j'ai un lien très fort avec l'île. Quand j'étais à Paris, elle continuait d'habiter mon imaginaire puisqu'on en parlait à la maison et je savais qu'on allait y revenir pendant les vacances. La Corse était vraiment un lieu, un moment, de liberté, d'abandon, de retour à la nature, à la beauté de la nature. Donc, c'était une vraie source d'enchantement et d'émerveillement quand j'étais enfant et même maintenant »
Entre ses parents et ses grands-parents, Sabatina côtoie l’art dès son enfance : « Mes parents et mes grands-parents étaient très en lien avec l'art. Mes grands-mères brodaient, avaient des activités en lien avec le textile et ça a forgé ma sensibilité artistique ».
Pourtant, enfant, Sabatina rêvait d’être archéologue. «J'ai fait des études d'histoire et d'archéologie et j'ai même fait quelques fouilles en Italie du Sud. Mais j'ai tout de suite senti que j'avais besoin de faire quelque chose de mes mains et d'exprimer aussi ma sensibilité artistique. Donc ensuite, j'ai fait un cursus qui s'appelait « Textiles Futurs» à Londres ».
De retour à Paris, elle travaille quelques temps dans la haute couture en tant que brodeuse. Après ce passage Sabatina se dirige alors vers le domaine de l'art et commence à réaliser des œuvres textiles. «Petit à petit, j'ai migré vers la photo, la vidéo, le dessin, mais toujours avec ce lien fort au textile ».
Ses sources d’inspiration sont la poésie, la musique, Léonard Cohen ou Bob Dylan, la nature et la Corse. « Je reviens toujours à la Corse notamment le Cap-Corse, Centuri, Morsiglia, des villages face à la mer, accrochés aux montagnes. Ces couleurs, ces couchers de soleil, cette mer, ce soleil, ces nuages m'ont ouvert vers un imaginaire, vers une envie de développer ça dans mon travail . J'ai passé beaucoup de temps à regarder les nuages, les roches, les lichens. Je trouvais ça très inspirant. J'ai vraiment un lien très fort à la matérialité, à la matière. Mais sans chercher à déceler des nuages, des minéraux, un fond marin ou une chaîne de montagnes, j’aime laisser au regard du spectateur la possibilité de rêver.»
Cette inspiration, on la retrouve au bout des aiguilles tenues par les mains de l’artiste. « Avec mon aiguille, je peux broder, perforer le papier, des polaroïds. Je suis venue progressivement au détissage des images, en les imprimant sur tissu. J'aime bien, avec quelque chose de très simple, en fait, comme une aiguille, arriver à une très grande diversité de rendus ».
Si d’aucune préfère chanter "la ouate", Sabatina travaille particulièrement le lin, l'organza, le papier. « J'ai même brodé des sacs plastiques. Dans cette expo je montre des polaroïds que j’ai perforés. En fait je n'aime pas me limiter à une matière et j’essaye d'explorer plusieurs variétés de matières, plusieurs techniques aussi».
Cette expo, qui sera visible jusqu’au 13 février avant de franchir le col de Vizzavona pour se poser à Ajaccio, à l'Espace Diamant, puis à Paris en avril se veut finalement très intimiste : « L’expo s'appelle Chercher le soleil ». Pour moi, chercher le soleil, c'est chercher sa lumière intérieure, son refuge intérieur. Et du coup j'évoque encore la Corse qui pour moi est un refuge intérieur. Quand je suis loin de l'île, elle m'habite. C'est un lieu où je me reconnecte à la nature et où je me sens bien. Je me suis aussi beaucoup inspirée du livre « Postérité du soleil » qui a été co-écrit par René Char et Camus. À la fin de sa vie, Camus était un peu dérouté par le chaos du monde. Et pour se reconnecter à la vie, avec René Char, ils ont pris place dans le Lubéron. Et puis, ça parle aussi de mes réminiscences d'enfance. C'est pour ça qu'il y a beaucoup de polaroïds avec mes enfants, avec des couleurs un peu altérées qui peuvent rappeler un souvenir. Dans cette expo j’explore une grande diversité de matières, de médiums, à la fois le polaroïd, la pellicule, le textile, la vidéo, pour donner forme à mes souvenirs sous différentes manières. C'est très intimiste c’est vrai, mais en même temps je pense que ça peut parler à tout le monde, parce qu'on a tous notre refuge intérieur, notre lumière intérieure à un lieu, à un endroit qui nous reconnecte à notre enfance ou à des souvenirs qui nous apaisent, et je pense qu'on en a besoin. ».
Artiste corse appréciée bien au-delà de la Corse et du continent et son travail fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger comme l’Angleterre ou l’Italie. En mars, La Galerie 12 à Paris va lui consacrer une exposition solo.
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« Sabatina Leccia - Chercher le soleil.
Mostra Arte Contemporanea
Du 8 janvier au 13 février 2026 au centre culturel Una Volta à Bastia
Entre ses parents et ses grands-parents, Sabatina côtoie l’art dès son enfance : « Mes parents et mes grands-parents étaient très en lien avec l'art. Mes grands-mères brodaient, avaient des activités en lien avec le textile et ça a forgé ma sensibilité artistique ».
Pourtant, enfant, Sabatina rêvait d’être archéologue. «J'ai fait des études d'histoire et d'archéologie et j'ai même fait quelques fouilles en Italie du Sud. Mais j'ai tout de suite senti que j'avais besoin de faire quelque chose de mes mains et d'exprimer aussi ma sensibilité artistique. Donc ensuite, j'ai fait un cursus qui s'appelait « Textiles Futurs» à Londres ».
De retour à Paris, elle travaille quelques temps dans la haute couture en tant que brodeuse. Après ce passage Sabatina se dirige alors vers le domaine de l'art et commence à réaliser des œuvres textiles. «Petit à petit, j'ai migré vers la photo, la vidéo, le dessin, mais toujours avec ce lien fort au textile ».
Ses sources d’inspiration sont la poésie, la musique, Léonard Cohen ou Bob Dylan, la nature et la Corse. « Je reviens toujours à la Corse notamment le Cap-Corse, Centuri, Morsiglia, des villages face à la mer, accrochés aux montagnes. Ces couleurs, ces couchers de soleil, cette mer, ce soleil, ces nuages m'ont ouvert vers un imaginaire, vers une envie de développer ça dans mon travail . J'ai passé beaucoup de temps à regarder les nuages, les roches, les lichens. Je trouvais ça très inspirant. J'ai vraiment un lien très fort à la matérialité, à la matière. Mais sans chercher à déceler des nuages, des minéraux, un fond marin ou une chaîne de montagnes, j’aime laisser au regard du spectateur la possibilité de rêver.»
Cette inspiration, on la retrouve au bout des aiguilles tenues par les mains de l’artiste. « Avec mon aiguille, je peux broder, perforer le papier, des polaroïds. Je suis venue progressivement au détissage des images, en les imprimant sur tissu. J'aime bien, avec quelque chose de très simple, en fait, comme une aiguille, arriver à une très grande diversité de rendus ».
Si d’aucune préfère chanter "la ouate", Sabatina travaille particulièrement le lin, l'organza, le papier. « J'ai même brodé des sacs plastiques. Dans cette expo je montre des polaroïds que j’ai perforés. En fait je n'aime pas me limiter à une matière et j’essaye d'explorer plusieurs variétés de matières, plusieurs techniques aussi».
Cette expo, qui sera visible jusqu’au 13 février avant de franchir le col de Vizzavona pour se poser à Ajaccio, à l'Espace Diamant, puis à Paris en avril se veut finalement très intimiste : « L’expo s'appelle Chercher le soleil ». Pour moi, chercher le soleil, c'est chercher sa lumière intérieure, son refuge intérieur. Et du coup j'évoque encore la Corse qui pour moi est un refuge intérieur. Quand je suis loin de l'île, elle m'habite. C'est un lieu où je me reconnecte à la nature et où je me sens bien. Je me suis aussi beaucoup inspirée du livre « Postérité du soleil » qui a été co-écrit par René Char et Camus. À la fin de sa vie, Camus était un peu dérouté par le chaos du monde. Et pour se reconnecter à la vie, avec René Char, ils ont pris place dans le Lubéron. Et puis, ça parle aussi de mes réminiscences d'enfance. C'est pour ça qu'il y a beaucoup de polaroïds avec mes enfants, avec des couleurs un peu altérées qui peuvent rappeler un souvenir. Dans cette expo j’explore une grande diversité de matières, de médiums, à la fois le polaroïd, la pellicule, le textile, la vidéo, pour donner forme à mes souvenirs sous différentes manières. C'est très intimiste c’est vrai, mais en même temps je pense que ça peut parler à tout le monde, parce qu'on a tous notre refuge intérieur, notre lumière intérieure à un lieu, à un endroit qui nous reconnecte à notre enfance ou à des souvenirs qui nous apaisent, et je pense qu'on en a besoin. ».
Artiste corse appréciée bien au-delà de la Corse et du continent et son travail fait l’objet de nombreuses expositions en France et à l’étranger comme l’Angleterre ou l’Italie. En mars, La Galerie 12 à Paris va lui consacrer une exposition solo.
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« Sabatina Leccia - Chercher le soleil.
Mostra Arte Contemporanea
Du 8 janvier au 13 février 2026 au centre culturel Una Volta à Bastia
A mi-chemin entre le dessin, la peinture et la broderie, les œuvres de Sabatina Leccia invitent à la contemplation.
