Plus d’un an après le dépôt du brevet et la mise sur le marché de sa chevrotine anti-ricochets, l’ancien expert en balistique Aurèle Mannarini s’attelle à un nouveau projet : un rapport destiné au ministère de l’Écologie, visant à évaluer l’efficacité létale de cette munition sur le sanglier. Des tests sont actuellement en cours sur le terrain et en laboratoire.
Plus d’un an après le dépôt d’un brevet et la commercialisation d’une chevrotine de chasse anti-ricochets, Aurèle Mannarini, ancien expert en balistique et concepteur de cette munition, s’est lancé dans la rédaction d’un rapport destiné au ministère de l’Écologie. Actuellement en préparation, le rapport, attendu l’année prochaine, vise à évaluer plus précisément les effets de cette munition en situation de chasse. « Le rapport va consister à montrer que cette chevrotine anti-ricochets a aussi la capacité de provoquer un effet létal supérieur aux chevrotines normales sur le sanglier lors des périodes de chasse », explique l’expert.
Déjà commercialisée « dans la majorité des armuriers en Corse », la chevrotine anti-ricochets fait désormais l’objet d’une nouvelle phase d’évaluation, centrée sur son efficacité sur le gibier. Pour mesurer plus précisément l’effet létal de la chevrotine sur le sanglier, en comparant ses résultats à ceux des chevrotines traditionnelles, des essais sont actuellement en cours, à la fois sur le terrain et en laboratoire. Plusieurs chasseurs ont reçu des cartouches afin de tester la munition en conditions réelles de chasse. « J’ai distribué des cartouches aux associations de chasse comme A Muvra de Sainte-Lucie de Porto Vecchio, la Borivolaise de Sotta et U Levru de Quenza. »
En parallèle, des tests sont menés par le Banc d'épreuve des armes de Saint-Étienne, un organisme officiel chargé de contrôler et d’évaluer les munitions et armes à feu, notamment à l’aide de gel balistique, une substance qui reproduit les propriétés de la chair humaine et des tissus animaux afin d’observer l’effet du projectile à l’impact. « Ça va permettre d’avoir un document, ou en tout cas un test supplémentaire par rapport aux tests qui sont faits actuellement par les chasseurs », précise l’ancien expert en balistique.
Selon Aurèle Mannarini, l’efficacité létale de cette chevrotine anti-ricochets ne devrait pas être difficile à démontrer. Il avance que « contrairement à la chevrotine normale, celle-ci permet aux sangliers de mourir plus rapidement quelque part ». « Les expériences que nous avons déjà faites montrent que le sanglier reste sur place : il ne fait pas 500 mètres ou un kilomètre après avoir été touché. Ainsi, la bête ne souffre pas, et le chasseur ne perd pas non plus l'animal », souligne-t-il. Les différents éléments doivent désormais être compilés et analysés afin d’alimenter le rapport destiné au ministère de l’Écologie, ce dernier ayant par ailleurs autorisé l'emploi de chevrotines pour le tir du sanglier en battues collectives dans certaines régions jusqu’en 2027, après un arrêté pris l’année dernière.
L’origine de la chevrotine anti-ricochets
L’année dernière, Aurèle Mannarini, ancien expert en balistique, expliquait l’origine de sa chevrotine anti-ricochets : face à la multiplication des accidents mortels causés par les ricochets de chevrotines - responsables de 90 % des incidents - il avait décidé de concevoir une munition plus sûre. « J’ai décidé de chercher un moyen de limiter et supprimer l’effet létal des ricochets des chevrotines actuelles », indiquait-il à Corse Net Infos. Concrètement, elle permet de « limiter les ricochets et leur dangerosité en éclatant selon des dizaines d’éclats sur le sol et d’augmenter la létalité sur le sanglier par rapport aux chevrotines normales, en éclatant à l’intérieur de l’animal ».
À titre de comparaison, une chevrotine classique « en calibre 12, 9 graines, peut atteindre la distance de 800 m selon un angle favorable et tuer à 300 m après un ricochet ». « On connaît malheureusement des cas », soulignait l’expert en balistique. Avec la chevrotine anti‑ricochets, l’effet recherché est inverse : le projectile se fragmente à l’impact, réduisant les risques à longue distance tout en provoquant un effet létal plus rapide sur le gibier.
