Logement social en Corse : Core in Fronte attaque frontalement Erilia, Action Logement et l’État

Written on 11/30/2025
La rédaction

Core in Fronte s'est longuement attardé, samedi à Porto-Vecchio sur le logement social en Corse, qu’il juge à la fois sous-dimensionné, déséquilibré et détourné de sa mission première et s'est attardé sur le cas de Porto-Vecchio, symbole de la crise selon le mouvement.

Core in Fronte juge le logement social en Corse à la fois sous-dimensionné, déséquilibré et détourné de sa mission première.
Avec seulement 10 % de logements sociaux, la région  affiche le taux le plus bas de France. Chaque année, 6 500  demandes sont enregistrées, alors que l’offre reste quatre fois inférieure aux besoins. Dans le même temps, près d’un Corse sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, dans un contexte de vie chère et de pression foncière extrême.


Erilia et Action Logement dans le viseur
Core in Fronte désigne deux acteurs comme centraux dans le dysfonctionnement du système : Erilia, principal bailleur social en Corse, qui gère 42 % du parc. et Action Logement, accusé de favoriser l’arrivée de salariés venus du continent via des logements réservés.
Le mouvement y voit un outil de transformation démographique et dénonce une politique du logement qui servirait une logique de peuplement et de rentabilité, au détriment des équilibres sociaux, culturels et environnementaux de l’île.


Les bailleurs corses asphyxiés
Les Offices publics de l’habitat corses sont décrits comme étranglés financièrement. La Réduction de Loyer de Solidarité (RLS), mise en place en 2018, oblige les bailleurs à absorber une baisse des APL sans compensation suffisante de l’État. À cela s’ajoutent le coût du foncier parmi les plus élevés de France, des normes énergétiques coûteuses et des difficultés de financement bancaire.


Porto-Vecchio, symbole de la crise
À Porto-Vecchio, la situation est qualifiée d’explosive.
Les résidences secondaires représentent 55,7 % des logements, contre seulement 40,3 % de résidences principales. Le plan municipal « Accasà » est accusé de renforcer la bétonisation et de s’appuyer prioritairement sur des opérateurs extérieurs. Dans une ville où le chômage atteint 11 %, de nombreux habitants disent ne plus pouvoir se loger ni construire.


Les propositions de Core in Fronte
Le mouvement avance un projet de rupture fondé sur un statut de résident de 10 ans pour l’accession à la propriété, une gestion intégrale du parc social par la Collectivité de Corse, une priorité d’accès au logement pour les Corses, l’encadrement des loyers, l’interdiction des nouvelles résidences secondaires, et un inventaire du patrimoine public mobilisable pour le logement.
Pour Core in Fronte, le logement doit redevenir un bien commun, au service du peuple corse, et non un levier de spéculation ou de pression sociale. Le mouvement appelle à une reprise en main politique complète du parc social, dans un contexte où la question du foncier reste l’un des principaux facteurs de tension sur l’île